2017 est notre année…

 

Beaucoup de moments ont marqué l’actualité féministe en 2016

Les Polonaises se sont battues avec succès pour le maintien du droit à l’avortement, les Islandaises, les Anglaises et les Françaises ont revendiqué haut et fort le droit à l’égalité salariale, les résistantes kurdes se battent contre l’Etat Islamique, les Sud-Coréennes se sont battues contre les commentaires sexistes… la liste est longue. Comment l’année 2016 nous permet-elle de présager une année 2017 cruciale pour les droits des femmes ?

LA REPRESENTATION DES FEMMES

Bonne nouvelle, nous allons dans la bonne direction. Ashley Graham est notre nouvelle Kate Moss. Et Deddeh Howard notre nouvelle Karlie Kloss. La première est une mannequin « grande taille » (la mention « grande taille » est toute relative puisqu’elle fait du 44, contre 42 pour la majorité des françaises) (« représentative » conviendrait davantage).

En 2016, elle est la première mannequin « représentative » à faire la couverture du Sports Illustrated Swimsuit Issue. La seconde est une mannequin, qui, lasse de ne voir que des blanches être représentées dans les publicités, a créé le projet Black Mirror parce qu’ « il est temps de voir davantage de diversité et des mannequins de toutes les origines ». Deddeh Howard recrée des publicités en se mettant à la place des mannequins blanches. Le résultat ? Un projet positif qui nous force à nous interroger sur le manque flagrant de diversité dans l’industrie de la publicité.

Autre avancée : Maria Grazia Chiuri devient la première directrice artistique de Dior. Il était temps certes mais sa nomination permet d’appuyer un argument féministe récurrent : oui, plus de femmes aux commandes changent leurs conditions. Quelques semaines après sa prise de poste, Maria Grazia Chiuri lance sa première collection et une mannequin arbore fièrement un T-Shirt « We should all be feminists », titre d’une allocution de l’auteure nigériane Chimamanda Ngozi Adichie.

Le projet « Black Mirror » de Deddeh Howard.

LE FEMINISME N’EXISTE PLUS. VIVE LES FEMINISMES.

Le féminisme devrait aider les femmes, dans leurs propres cultures, à vivre pleinement leurs libertés. Cela implique d’accepter l’existence d’un féminisme blanc, à savoir un courant du militantisme qui exclue, de par leurs revendications spécifiques, les femmes racisées ou non-hétérosexuelles (montrer ses tétons sur Instagram pourrait être un exemple).

Nous avons pu en voir un aspect lors de la polémique estivale autour du burkini. Au nom d’un soudain « féminisme républicain », trente maires (on vous laisse deviner leur genre) ont décidé de se poser en fervents défenseurs des libertés fondamentales des femmes en interdisant le burkini. Vous vous en doutez, elles sont toutes passées au bikini (créé, pour la petite histoire, par Louis Réard avec le slogan bien connu « plus petit que le maillot de bain le plus petit au monde »). LOL. Mais non bien sûr.

La France n’a pas tardé à faire l’objet d’une risée internationale. « La France a trouvé la dernière menace à la sécurité : le burkini » a titré le New York Times. Et si cette polémique nous apprenait à écouter les intéressées ? Aheda Zanetti, la créatrice du burkini écrit dans une tribune publiée sur le Guardian que son objectif premier était de libérer les femmes. « C’était la première fois que je nageais en public et c’était absolument magnifique. Je me souviens de ce sentiment parfaitement. Je me sentais libre, je me sentais pleine de pouvoirs. Je me suis dirigée vers cette piscine avec mes épaules en arrière ». Cela n’a pas l’air si anti-féministe que cela.

Etre féministe, c’est également affirmer qu’il existe des féminismes. Camille Froidevaux Metterie, Professeur de sciences politiques, affirme qu’ « il n’y a pas une bonne façon d’être femme aujourd’hui ». Nous ajouterons que chaque femme vit sa condition différemment selon son milieu social, sa religion, son origine… Vive les féminismes.

LES DROITS DES FEMMES SONT EN DANGER ?

A nous de montrer que nous ne sommes pas une minorité. L’égalité entre les femmes et les hommes n’a jamais été aussi proche. Pourtant, une intuition nous fait dire que les droits des femmes n’ont jamais été aussi fragiles. L’avortement, par exemple, fait encore l’objet de débats. En France. Que faire ? Comme Elaine de Seinfeld : boycotter les restaurants qui affichent des opinions contraires aux droits des femmes à disposer de leur corps ? (voir ou revoir Elaine lancer un mouvement de masse dans un restaurant où Poppie, le propriétaire, se dit ouvertement anti-choix. Ca vaut le détour). Redoubler d’arguments contre les anti-choix ? Tout est permis !

Les droits des femmes ne seront plus en danger le jour où ceux-ci ne seront plus déterminés par une majorité absolue d’hommes. Et pour cause, l’Assemblée Nationale est constituée à 75% d’hommes. La représentation politique est cruciale et en cela, 2017 sera une année déterminante. Comment ? En montrant que nous sommes une majorité sociale, nous représentons 52% de la population française et que nous sommes une majorité politique, nous représentons 53% des électeurs. Nous avons le pouvoir de faire changer les choses. Utilisons le.

LA GLORIEUSE DE LA SEMAINE

Des infos qui nous font déculpabiliser.

Des femmes qui nous inspirent.

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