Un déjeuner avec Chimamanda Ngozi Adichie

 

Lunch avec le Financial Times : Chimamanda Ngozi Adichie

Notre traduction en français d’un long format publié en anglais sur le Financial Times dans la série « Lunch ».

À Lagos, autour d’un plat de riz wolof, la romancière nigériane évoque le racisme, le sexisme, ses héroïnes coriaces et l’optimisme que lui inspire son pays natal, et nous fait la primeur d’une nouvelle surprenante.

Je suis enthousiaste et nerveux à l’idée de rencontrer Chimamanda Ngozi Adichie. Enthousiaste, car elle compte parmi les meilleurs écrivains au monde : L’Autre moitié du soleil, son roman sur la guerre du Biafra au Nigeria, demeure l’une des fictions les plus captivantes de ces dix dernières années. Nerveux, parce que Mme Adichie (en tous cas celle qui ressort des pages d’Americanah, son roman suivant, qui relate l’expérience d’une Africaine vivant aux États-Unis) possède une colère contrôlée mais incisive.

Ifemelu, l’héroïne du livre, dont on soupçonne qu’il s’agit d’un alter ego de l’auteure, maîtrise l’art des petites phrases assassines sur les questions de race et de genre. Plus inquiétant pour moi, ces balourds d’hommes blancs libéraux en prennent particulièrement pour leur grade dans les romans de Mme Adichie. Dans L’Autre moitié du soleil, Richard, un Anglais, adopte le Biafra, apprend la langue igbo et reste alors que s’intensifient les horreurs de la guerre. Mme Adichie le récompense en le rendant sexuellement impuissant.

C’est à tout cela que je pense, attablé au Yellow Chilli Restaurant & Bar, un spacieux bâtiment de deux étages, peint en jaune canari, situé à Ikeja, un quartier moins chaotique de Lagos, frénétique et survoltée. Les serveurs déambulent dans leur élégant gilet jaune, semblables à des choristes de la Motown. L’air est moite, en dépit des efforts du climatiseur de la taille d’un réfrigérateur. L’un des serveurs tue des mouches à l’aide d’un instrument en forme de raquette, qui émet un grésillement électrique à chaque fois qu’elle anéantit un insecte bourdonnant.

Ce déjeuner, qui a mis des mois à être organisé, notamment en raison de la difficulté à obtenir un visa pour le Nigeria, a été fixé à l’heure tardive de deux heures et demie de l’après-midi. Tenant compte de la circulation à Lagos, je suis parti en avance et je suis arrivé à deux heures, depuis quoi j’occupe une table au deuxième étage. Depuis une heure, j’étudie le menu peu familier : soupe à l’ogbono, obe dindin, potage de patate douce. À trois heures et demie, je me demande si Mme Adichie va venir. À quatre heures, je suis sûr qu’elle ne viendra pas.

Enfin, elle apparaît, l’air légèrement penaud, et se glisse sur la banquette en face de moi. « Vous allez peut-être apprécier cette interview », dis-je, avant de recevoir un regard sceptique. A-t-elle déjà lu la rubrique Lunch avec le Financial Times ? Oui, dit-elle en s’adoucissant. Elle a même lu celle que j’ai écrite il y a quelques semaines, avec la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, la première femme à être élue chef d’État en Afrique. « J’ai eu l’impression de lire une nouvelle », me dit-elle. « Je vous ai aussi trouvé un peu injuste. Une partie de moi se demande, s’il s’était agi d’un homme, si vous seriez autant… – Si je me serais montré aussi dur, propose-je. – Je suis sûre que oui. Vous vous seriez probablement montré aussi dur. Non, je ne veux pas dire vous en particulier », dit-elle en se rétractant de manière charmante. « Et ce n’est pas seulement vous ».

Elle se tourne vers le serveur, lui sourit brièvement. Son comportement a quelque chose d’espiègle et de provocateur. « Oui, M. Chima », dit-elle en lisant son nom sur le badge épinglé à son col. « Vous avez du Chapman ? » Le serveur hoche la tête avec enthousiasme et Mme Adichie explique que le Chapman est un cocktail sans alcool populaire au Nigeria. Je demande s’ils ont du vin blanc. « Oui, nous avons du Drostdy-Hof », me répond le serveur dans un grand sourire, sans que j’en sache plus que ça.

Pendant qu’il va chercher nos boissons, je demande à Mme Adichie s’il est approprié de décrire sa tenue. Certains de nos lecteurs ont objecté qu’on décrit rarement les vêtements des hommes. « Pour beaucoup de choses comme ça, tout est dans la manière dont c’est fait, n’est-ce pas ? Ma mère m’a élevée à faire attention à mon apparence, alors ça ne me dérange pas ». Elle s’arrête. « Par exemple, je porte des chaussures rouges et vous êtes obligé de le remarquer », déclare-t-elle. Je regarde sous la table, où je suis ébloui par des souliers tout droit sortis du Magicien d’Oz.

Apparaissent nos boissons. Le Drostdy-Hof s’avère un chardonnay astringent d’Afrique du Sud. La couleur de son Chapman est assortie à ses chaussures. « C’est vraiment très sucré, très sirupeux. J’aurais bien pris un verre de vin, mais je suis heureuse de vous annoncer que j’allaite ».

« En fait, j’ai l’impression que nous vivons à une époque où les femmes doivent faire une performance de leur grossesse. Nous n’attendons pas des pères qu’ils fassent une performance de leur paternité. »

Il me faut un instant pour saisir ce qu’elle me dit. Mme Achichie, 38 ans, est connue pour protéger sa vie privée. Je ne savais absolument pas qu’elle a eu un bébé. Ai-je la primeur d’un scoop mondial ? Je lui demande. « C’est la première fois que j’en parle publiquement. J’ai une adorable petite fille, j’ai donc l’impression de ne pas avoir dormi depuis… mais c’est aussi vraiment adorable et étrange ». Sa voix possède un timbre merveilleusement riche. Lorsqu’elle dit « adorable », doux et rond comme pêche, on a l’impression de recevoir un cadeau.

« Certains de mes amis ne savent probablement pas que j’étais enceinte ou que j’ai eu un bébé. En fait, j’ai l’impression que nous vivons à une époque où les femmes doivent faire une performance de leur grossesse. Nous n’attendons pas des pères qu’ils fassent une performance de leur paternité. Je me suis cachée. Je voulais que cela soit aussi personnel que possible ».

« Dans ce pays qui est le mien et que j’aime », poursuit-elle, en butant sur le mot « aime », « les gens pensent que vous n’êtes pas complète si vous n’êtes pas mariée ». Son mari, dont l’existence est également quelque peu confidentielle, est un docteur nigérian qui travaille aux États-Unis, où Mme Adichie réside lorsqu’elle n’est pas à Lagos. Puis-je demander le nom du bébé ? « Non, je ne le dirai pas », dit-elle avec un sourire désarmant.

« [Ifemelu] représente presque un acte de défi, parce que je m’aperçois que je remets en question l’idée du personnage sympathique, en particulier du personnage féminin sympathique »

Nous abordons le sujet de la nourriture. Je lui dis que j’ai pensé commander le riz wolof, même si je ne suis pas sûr de quoi il s’agit, parce que les personnages de ses romans en ont souvent très envie. Elle se rappelle une phrase de ma plus récente interview, où je parlais de viande sombre tapie sous les légumes verts. « J’espérais qu’aujourd’hui vous commanderiez un plat où quelque chose est tapi sous autre chose », dit-elle avant d’éclater de rire à l’idée de torturer un pauvre Anglais.

Elle parcourt le menu : egusi, oha, otong, afia efere. « Pour être honnête, je n’aime aucun de ces plats », dit-elle enfin. « Pourquoi ne prenez-vous pas le riz wolof et le curry de chèvre ? » Une lueur dans le regard, elle ajoute : « De la viande de chèvre : avec un peu de chance, ce goût fort ne vous plaira pas ».

Puis elle avoue avoir prévenu le restaurant à l’avance de ses exigences alimentaires particulières. « Je les ai appelés pour m’assurer que je pourrais manger mes légumes vapeurs ».

La nourriture occupe une place de choix dans ses écrits. « C’est sans doute la meilleure façon d’indiquer l’époque, l’endroit, la classe, la culture. C’est un détail vivant, qui s’anime sur la page ». Dans Americanah, elle décrit la cuisine nigériane comme « en nage et épicée ».

Les personnages nigérians qui ont passé trop de temps aux États-Unis, comme elle-même, développent des goûts dégénérés. Elle admet assouvir en cachette son envie de smoothies dans un établissement « bougie » (bourgeois) de Lagos.

Ces derniers temps, cependant, elle s’aventure rarement dehors. « Je deviens un peu une recluse. J’aime la solitude. J’aime le silence », dit-elle en remuant son Chapman avec sa paille. Je lui demande si elle travaille sur un nouveau livre, sachant qu’il s’agit d’un sujet tabou. « C’est une très mauvaise question. C’est une question qui vous met dans un état de panique », dit-elle, indiquant clairement que le sujet est clos.

Ses trois assiettes arrivent : des cercles blancs de patate douce à l’eau, un ragoût de poulet et un « légume uhu » semblable à du chou frisé, pas exactement ce qu’elle avait commandé, mais elle ne proteste pas. J’y goûte après y avoir été invité. C’est croquant, salé et délicieux. Mon riz wolof est orange vif et fort épicé. Il est accompagné d’un bol de curry épais jaune foncé, dans lequel trois morceaux de viande de chèvre sont en partie submergés, tels des hippopotames dans une rivière.

Ses héroïnes présentent, dis-je, un côté coriace, en particulier la redoutable Ifemelu, dont les réprimandes n’épargnent aucun travers. « J’ai dû passer beaucoup de temps à convaincre les gens qu’il ne s’agit pas de moi, mais d’une certaine façon il s’agit de moi », dit Mme Adichie en avalant une bouchée de poulet. « Elle représente presque un acte de défi, parce que je m’aperçois que je remets en question l’idée du personnage sympathique, en particulier du personnage féminin sympathique ».

Ifemelu est brillante, franche et tourmentée. « Je l’aimais bien. Je ne l’ai pas toujours bien aimée. Elle peut se montrer douce ou susceptible. Je voulais qu’elle soit l’un et l’autre, parce que je pense précisément qu’il est nécessaire que davantage de femmes soient l’un et l’autre, sans que cela ne pose un problème ». Trop souvent, les personnages féminins forts sont jugés, dit-elle, en faisant référence à un thème qu’elle a approfondi dans sa conférence TED de 2013, qui a rencontré un succès phénoménal. « Avant la sortie du livre, certains des éditeurs ont dit “peut-être qu’on devrait la rendre plus sympathique”. Et j’ai pensé “Grand dieu, non” ».

chimamanda-ngozi-adichie

À l’instar d’Ifemelu, Mme Adichie dit « apprécier un bon débat ». Je décide de la prendre au mot. Pourquoi, par exemple, Ifemelu semble-t-elle croire que seuls les Noirs, pas les Asiatiques ni les Latinos, ni même les Noirs à la peau plus claire, comprennent ce qu’est la véritable discrimination ? Elle me corrige : « Je ne pense pas que c’est ce qu’elle pense. Mais je pense qu’elle pense que les autres ne savent pas ce que c’est que d’être victime de discrimination en raison de sa peau noire ».

« Il n’existe pas de ligue unissant les opprimés », ajoute-t-elle. « Même au sein des communautés afro-américaines, il y a des différences, et les Afro-Américains à la peau plus claire ont un certain type de privilège. C’est un privilège vicié, parce qu’il est généré par un système raciste, mais quand même. Et cela a clairement des antécédents dans l’esclavage. L’esclave dit de maison avait la peau plus claire que l’esclave des champs », dit-elle.

Americanah a provoqué de fortes réactions aux États-Unis, positives comme négatives. Les critiques ont aussi bien accusé l’auteure d’être excessivement obsédée par la question de la race que de dénigrer l’expérience des Afro-Américains. « Je ne veux pas avoir l’air bien-pensant, mais la “gauche-gauche” américaine ne laisse pas de place aux questions », dit-elle.

Qu’en est-il des préjugés parmi les Africains, par exemple des Nigérians envers les Ghanéens ? « Vous êtes au courant », dit-elle en explosant de rire. « Au Nigeria, nous sommes habités d’un sentiment bizarre et non justifié de supériorité. Les Nigérians sont les Américains de l’Afrique ».

Je commande un autre verre et lui demande si je peux partager sa bouteille d’eau. « J’aime bien boire à la bouteille, du moment que ça ne vous dérange pas que j’en ai bu un peu. J’ai une bonne hygiène en général », dit-elle pour me taquiner.

« Je préfère qu’on ne parle pas [de l’Afrique] plutôt qu’on en parle de manière condescendante. Cela découle d’un sentiment de supériorité ; une ignorance qui refuse de se reconnaître. » Chimamanda Ngozi Adichie

Selon elle, les rivalités inter-ethniques qui ont affecté l’Afrique à la suite de son indépendance sont différentes du racisme, dont elle fait remonter les origines à l’esclavage transatlantique. « Comment peut-on justifier de traiter les gens comme… comme des singes ? En déclarant qu’ils ne sont pas tout à fait comme nous. Dans les livres, on trouve des propriétaires de plantations dans le sud qui avaient des enfants de femmes noires. Une partie de moi pense, c’est obligé, cette chose en nous qui justement nous rend humain, elle va forcément s’imposer ? Mais non. Ils ont juste vendu leurs enfants ».

Elle dit avoir appris ce que c’est que la race seulement en Amérique. « En grandissant au Nigeria, je ne pensais jamais à mon apparence. Je savais que j’étais Igbo et j’ai grandi dans une région Igbo ».

L’Autre moitié du soleil raconte l’histoire de la lutte des Igbos pour un Biafra indépendant à la fin des années 1960. Après deux ans de contestation, l’armée nigériane les a forcés à se soumettre à force de bombardement et de famine. « Je suis tellement touchée par la génération de mon père. J’adore mon père. Je suis une vraie fille à papa. C’est un homme tellement adorable », dit-elle, en s’attardant à nouveau sur le mot « adorable ». Pendant la guerre, il « a perdu quelque chose, un genre d’innocence », dit-elle en piquant ses légumes ugu de sa fourchette. « Je pense qu’ils croyaient vraiment en quelque chose de grand et de superbe, et la guerre les en a tout simplement vidés ».

Dans l’une des scènes les plus difficiles du roman, le héro, un domestique du nom d’Ugwu, se voit contraint par l’armée de violer une femme. « Ça a été très difficile à écrire parce que je l’aime », dit-elle en fixant le fond de son verre. « C’est ça l’effet de la guerre, elle déshumanise les gens. J’ai lu certaines choses que des gens ont faites et qui m’ont horrifiée, mais je me souviens aussi m’être demandée : qu’est-ce que j’aurais fait ? ».

« Je savais qu’à ce moment je risquais que mes lecteurs… suspendent leur amour pour lui. Mais je pensais que c’était un risque qui valait la peine d’être pris, parce que j’espérais, je ne veux pas dire que j’espérais qu’ils le pardonneraient, parce que ça serait un peu trop simple, mais qu’ils verraient vraiment ce dont il s’agit ».

« Je préfère qu’on ne parle pas [de l’Afrique] plutôt qu’on en parle de manière condescendante. Cela découle d’un sentiment de supériorité ; une ignorance qui refuse de se reconnaître. »

Elle me demande si je trouve le riz bon. Oui, très, réponds-je. C’est un plat réconfortant. Le curry est également savoureux, même si, en dépit de la fierté de l’auteure pour le piquant de la cuisine nigériane, j’aurais préféré qu’il soit plus relevé.

Cela fait plus de deux heures que nous parlons et je réalise que je n’arriverai jamais à l’heure à un dîner prévu à sept heures et demie. En outre, notre conversation se déroule très bien. Je commande un troisième verre de vin.

Nous abordons brièvement la politique américaine et son admiration continue pour Barack Obama, dont, selon elle, le mandat a été saboté par les Républicains. « Je l’adore ». Bernie Sanders est comme « votre oncle sympathique et ébouriffé », mais ne fait pas un candidat réaliste. Elle voterait pour Hillary Clinton.

Je me pose des questions sur le Nigeria. En raison de son énorme population, de son esprit d’entreprise et de ses vastes réserves de pétrole, il représente l’espoir perpétuel de l’Afrique, mais aussi sa déception perpétuelle. La situation est meilleure qu’elle ne l’était, dit-elle, rappelant l’époque où simplement sortir de l’aéroport international, notoire pour sa corruption, était un test d’endurance. « Le Nigeria est bien trop jeune pour qu’on en attende le genre de choses que je voudrais idéalement pour ce pays, mais l’idée de tenir les gens responsables de leurs actions fait lentement son chemin ».

La technologie et une classe moyenne plus forte y contribuent. Aujourd’hui, dit-elle, si un policier réclame un bakchich, il suffit de sortir son portable et de menacer de publier sa photo sur internet. « Je ne sais pas si c’est un espoir délirant, je ne sais pas si c’est un espoir qui espère parce qu’il ne reste rien d’autre à faire qu’espérer. Mais j’espère toujours voir un jour un meilleur Nigeria.

Soudain, on entend un zap-zap-zap derrière nous. « Mon ami, qu’est-ce que tu fais ? ». Elle interroge le serveur qui donne à nouveau des coups de raquette en l’air. « Je joue avec les mouches », répond-il d’un air sérieux. « Combien de mouches y-a-t-il pour que tu joues comme ça ? », réplique-t-elle, sourcils froncés, faussement irritée.

Nous avons terminé de déjeuner, mais quelques clients arrivent déjà pour dîner. Je veux aborder un dernier thème : comment doit-on parler de l’Afrique ? Certains personnages d’Americanah sont ridiculisés parce que, en dépit de leur intérêt pour l’Afrique, ils font également preuve d’ignorance, en la considérant à travers un prisme de pitié et d’horreur.

« Je pense que je préfère qu’on ne parle pas de l’Afrique plutôt qu’on en parle de manière condescendante », dit-elle. « Cela découle d’un sentiment de supériorité ; cela découle d’une ignorance qui refuse de se reconnaître. Alors l’Afrique devient cette vague masse de guerres », même si le pays en question, et l’Afrique en compte 54, est en paix depuis des décennies.

Mais qu’en est-il du pauvre Richard ? Cet Anglais qui consacre sa vie à la cause du Biafra donne quelque peu l’impression d’être une chiffe molle. Mme Adichie sourit d’un air entendu. « Vous savez, je trouve ça très intéressant. Beaucoup, beaucoup d’Anglais blancs me posent des questions sur Richard. Vous voyez, c’est parce que les hommes blancs s’attendent toujours à être au centre », dit-elle en vidant son verre.

« Il est assez soumis et il est assez incertain, mais d’une manière que je trouve plutôt mignonne. Il apprend l’igbo, ses amis l’acceptent, cette femme intéressante l’aime. Est-ce que ça n’est pas suffisant ? ». Je reconnais qu’il s’agit là d’un excellent argument. Mais Mme Adichie n’en a pas encore fini avec moi. « L’Anglais », dit-elle dans un mélange de réprimande et de rire, « ne doit pas forcément être le super héro tout le temps ».

Traduction : Clémentine Choubrac

Des infos qui nous font déculpabiliser.

Des femmes qui nous inspirent.

TOUS LES MERCREDIS DANS VOTRE BOÎTE MAIL

Share This