Mettez-vous dans la peau de quelqu’un d’autre.

Pas besoin d’aller aussi loin que Jack London – qui passa trois mois à vivre comme un sans-abis dans les rues de Londres en 1902 (enfin, on ne vous empêchera pas de le faire). Cette immersion lui a permis de livrer un témoignage terrifiant, Le peuple de l’abîme, qui décrit à la perfection le quotidien des 500 000 londoniens qui vivaient dans la même situation.

L’intention est néanmoins la même. Imaginer vivre une situation différente de la sienne. Comprendre ce que ressent une autre personne et répondre avec une émotion appropriée. Pourquoi ? Car, comme le souligne Barack Obama, l’empathie marque le début de l’action. « Voir le monde à travers les yeux de ce•ll•es•ux qui sont différent•es de nous – l’enfant qui a faim, le travailleur de qui a été mis à pied, la famille qui a perdu tout ce qu’elle a construit quand la tempête est arrivée. . . . Quand vous pensez ainsi, lorsque vous choisissez d’élargir votre champ d’inquiétude et d’empathie avec le sort des autres, qu’il s’agisse d’amis proches ou d’étrangers éloignés, il devient plus difficile de ne pas agir, plus difficile de ne pas aider. » (Discours d’ouverture de l’Université Xavier, Nouvelle Orléans le 11 août 2006).

D’où vient l’empathie ?

Rapporté par Brainpickings, Rachel Corbett nous apprend que Wilhelm Wundt, médecin allemand et Theodor Lipps, philosophe ont « accidentellement » découvert l’empathie lorsqu’ils étudiaient l’impact de l’art sur les personnes. Ce sentiment avait peu de chose à voir avec l’oeuvre si ce n’est ce qu’elle suscitait comme émotion chez le spectateur (l’acteur de l’émotion). Corbett souligne que c’est l’empathie qui permet d’expliquer que les spectateurs « ressentent l’expérience de se perdre devant une oeuvre puissante ». Pour décrire l’empathie de Wundt et Lipps, Corbett utilise ces mots : il s’agit du « voyage merveilleux de la surface d’une chose à son cœur, où la perception conduit à une connexion émotionnelle. »

Je me suis réveillée dans la peau d’un homme blanc

L’empathie peut être source d’actions, source de sentiments profonds, mais elle peut surtout s’avérer être très drôle. Connaissez-vous Mindy Lahiri ? C’est un personnage fictif de la série américaine The Mindy Project, créé et réalisé par Mindy Kaling. Un des derniers épisodes commence ainsi : elle s’endort en espérant très fort se réveiller en homme blanc juste après avoir raté la première étape pour devenir chef de service. Son souhait se réalise et elle se réveille en Michael Lancaster. Elle découvre alors les joies du manspreading (comportement en règle général masculin qui consiste à écarter au maximum ses jambes jusqu’à atteindre une position des plus confortables sans se préoccuper des voisines) dans le métro, de ne pas avoir à se justifier d’être un père célibataire (et voir les interlocuteurs supposer que son ex femme doit être la seule à s’en occuper), … Elle (il) réalise qu’elle (IL) est privilégié(e) et utilise son nouveau pouvoir pour aider une gynécologue à obtenir le poste de cheffe de service (sans y arriver hein, c’est pas un homme qui va anéantir le patriarcat en une heure)…

Pour finir, un conseil pour se (re)mettre à l’empathie : lisez un livre, n’importe lequel. Ce n’est pas pour rien qu’on encourage les parents à lire à leurs enfants : une étude a montré que cela leur apprenait à comprendre les émotions : les leurs mais surtout celles des autres.

Des infos qui nous font déculpabiliser.

Des femmes qui nous inspirent.

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