Frites ou salade ?

Une lecture politique & chill de la notion de choix

  ​Rassurez-vous, on ne va pas vous parler régime !

Pouvons-nous faire de « bons » ou de « mauvais » choix ? Elizabeth Gilbert nous répond partiellement : « le problème est que nous ne pouvons pas tout choisir simultanément. Nous vivons donc avec le danger de devenir paralysés par l’indécision, terrifiés que tout choix soit le mauvais choix. » (Voir son ouvrage Commited).

Le danger est donc ne plus faire de choix.

Mais qu’entend-on par choix ? Le Larousse nous propose : une « action de choisir quelque chose, quelqu’un, de le prendre de préférence aux autres » mais également le « pouvoir, possibilité de choisir (surtout avec laisser, avoir, donner) ». Exemple : « Mon corps, mon choix » (ok, ça ce n’​était pas dans le dictionnaire).

A l’aune de cette définition, nous vous proposons cette semaine une lecture politique & chill de la notion de choix.

Cachez-moi cette autocensure !

Un candidat à la présidentielle a évoqué « l’autocensure »  pour justifier le fait que peu de femmes s’étaient manifestées pour être candidates pour son mouvement politique. L’autocensure correspond à la mise en place d’une censure par une personne avant même qu’elle soit appliquée par une tierce personne ou une organisation. L’autocensure serait donc la cause permettant de comprendre pourquoi les femmes sont si peu présentes aux législatives. En somme, l’intériorisation des stéréotypes déterminerait nos choix. Cette autocensure permet, entre autres, de rester conformes aux attentes qu’on a d’elles. Le problème n’est donc pas que les femmes s’autocensurent mais qu’il existe un conformisme mettant en avant le fait que les femmes ne peuvent pas être élues (rien n’est stipulé sur le rôle d’assistante parlementaire -nous en sommes les premières déçues -). Ce choix – ou cette absence de choix – tient donc à l’existence d’un dogme. Pour redonner un libre arbitre en la matière, nous suggérons donc de s’attaquer à ces stéréotypes.

 

Le pouvoir des femmes

Nalia Kabeer, une économiste anglaise,  définit le pouvoir comme la capacité de faire des choix (Gender equality and women’s empowerment: a critical analysis of the Third Millennium Development Goal. Gender and Development). Ne pas avoir de pouvoir, nous dit-elle, revient à se voir refuser la possibilité de faire des choix alors qu’accéder au pouvoir est le processus selon lequel ceux qui n’y avait pas accès accèdent à cette possibilité. Revenons en aux femmes. Faire émerger la puissance des femmes revient donc à augmenter leur capacité à faire des choix stratégiques. Le féminisme est finalement une question de choix.

 

En quoi le choix est-il éminemment féministe ?

Le choix politique est une évidence. Le choix féministe, moins. Le mouvement « pro-choix » est un mouvement socio-politique nord-américain qui met en avant que les femmes ont le droit fondamental de choisir d’avorter. En somme, elles peuvent choisir ce qu’elles souhaitent. Par extension, une partie du mouvement féministe s’inspire de cette problématique pour prôner le choix total des libertés individuelles. Pourquoi nous revendiquons-nous d’un féminisme « pro-choix » ? Comme nous le dit Wikipedia, « ce terme provient d’une justification des actes en fonction de leurs modalités d’exécution » : l’acte est choisi ou imposé.  Les femmes doivent pouvoir faire ce qu’elles souhaitent de leur corps sans qu’une organisation ou personne tierce n’ait à y redire. Logique non ?

LA GLORIEUSE DE LA SEMAINE

Des infos qui nous font déculpabiliser.

Des femmes qui nous inspirent.

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