Reprenons la rue ! Le harcèlement sexiste dans l’espace public

“T’es  belle, tu vas où comme ça ? Je te raccompagne ? Une fille seule ça ne devrait pas marcher comme ça, ici, la nuit. Hé mais je ne vais pas te manger, pars pas comme ça ! C’est un compliment ! De toute manière, t’es moche ! »

Ca vous rappelle quelque chose ? Oh que oui… Car toutes les femmes ont subi un jour le harcèlement sexiste dans l’espace public. Ce terme regroupe les compliments non sollicités, la filature, les insultes à caractères sexistes et / ou sexuelles.

En excellentes ninjas, elles sont toujours créatives pour créer des stratégies pour l’éviter. Ecouteurs vissés sur les oreilles (mais sans musique), pantalons extra larges, regard fasciné par le trottoir, déplacement en taxi une fois la nuit tombée (on est à deux doigts d’un complot maçonique fomenté par Uber et G7). Toutes ces mesures relèvent du bon sens pour faire face à une violence symbolique quotidienne. Ce qu’on ressent au quotidien ? “Mesdames, l’espace public ne vous appartient pas.”

Non, mais détendez-vous les Glorieuses, c’est que de la drague, ce n’est pas méchant. Un homme qui crie à une femme qu’elle a des jolies fesses, sait pertinemment que, même si elle est sourde, il va rentrer tout seul. Ces échanges ne sont pas perçus comme des compliments mais comme une humiliation, à chaque fois. Le plus inquiétant c’est qu’aucune réponse n’est possible. Répliquer ? Ce n’est qu’attiser son excitation. S’énerver ? Encore une féministe enragée. Et pour peu que sa jupe dévoile ses chevilles, ce sera de sa faute. L’agresseur (appelons un chat… un chat) peut faire ce qu’il veut, il en sortira toujours gagnant.

Bonne semaine à toutes et à tous,

Les Glorieuses

Ne jugeons pas les femmes à la longueur de leurs vêtements

100% des femmes ont vécu une expérience de harcèlement dans les transports. Et pourtant, cela n’a pas empêché les sénateurs de retirer le terme de “harcèlement sexiste” de la proposition de loi relative à la sûreté dans les transports. Grâce à des organisations féministes comme Paye ta Shnek (voir l’interview de sa fondatrice incroyable Anaïs, pour Les Glorieuses) cette mention a été remise dans l’article 14 de la loi. Pourquoi ? Pour faire comprendre que le quotidien des femmes dans l’espace public est différent.

Comment se battre contre le harcèlement de rue ?

Les femmes du monde entier choisissent différentes façons de lutter contre le harcèlement de rue. Un groupe à Mexico appelé « Las Hijas de Violencia » (les filles de la violence) font honte aux harceleurs en dégainant leurs fusils remplis confettis. A New-York, une campagne d’affichage publicitaire proclamait « Arrêtez de dire aux femmes de sourire ». En France, nous avons Paye Ta Schnek, organisation incontournable de la luttre contre le harcèlement de rue que nous interviewons cette semaine.

Vous voulez en savoir plus ? Anaïs a publié un livre recueillant les témoignages de 5399 femmes qui ont subi le harcèlement sexiste.

 

La Glorieuse de la semaine

Des infos qui nous font déculpabiliser.

Des femmes qui nous inspirent.

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