Vegan et funky c’est possible ?

Interview de Camille Azoulai fondatrice de Funky Veggie

Les Glorieuses : Tu n’en serais jamais arrivée là si …

J’avais demandé la permission ! Lancer ma boîte alors que j’avais cours tous les jours : ni mes amis, ni mes parents, ni l’administration ne m’auraient encouragée à sauter le pas. Alors que quand j’ai mis tout le monde devant le fait accompli, le projet déjà monté, tout le monde était ravi de me soutenir !

Les Glorieuses : A 15 ans, que souhaitais-tu faire dans la vie ?

Je voulais faire de l’art ou de la mode. J’étais fascinée par les filles dans les magazines. Et puis en grandissant, je me suis rendue compte que ce n’était que du vernis !

« Quand j’ai mis tout le monde devant le fait accompli, le projet déjà monté, tout le monde était ravi de me soutenir ! »

A quel moment as-tu su que tu voulais faire de Funky Veggie ton métier ?

Je n’ai jamais vraiment décidé de devenir entrepreneure, ça s’est fait naturellement. Au fil de mes études, j’avais quelques idées de concepts sympas que je notais dans un document word. Un jour j’ai pris un peu par hasard un cours d’entreprenariat, j’ai choisi le concept qui me tenait le plus à coeur, et je me suis lancée. Au départ c’était seulement pour un cours ; mais plus je travaillais sur le projet, plus j’aimais ça et plus les gens autour de moi étaient enthousiastes. Et voilà, ça a pris de plus en plus de place jusqu’à remplir l’essentiel de mes journées. Je suis « tombée » dedans comme ça !

En quoi le fait d’être une femme influence ton travail ?

Les gens sont en général plus étonnés de me voir comme une entrepreneuse, alors que mon associé a un profil qu’on rencontre plus souvent. Parfois on ne me prend pas tout de suite au sérieux, on pense que ma boîte n’est qu’un « hobby » et qu’en gros, je cuisine des trucs parce que ça me fait plaisir. La présence d’Adrien, mon associé, rassure ce genre de personnes.

Qui sont tes modèles féminins ?

Mon auteur préférée est Françoise Sagan, parce qu’elle a dédramatisé la sexualité féminine et parce qu’elle m’inspire une sorte de joie de vivre déferlante. J’adore l’élégance et la nonchalance avec laquelle elle écrit, et j’adore le fait qu’elle ait donné des lettres de noblesse à ce qui est parfois perçu comme superficiel : à l’oisiveté, aux fêtes, aux voitures, aux repas futiles entre amis… Elle a dit : « Mon passe-temps favori c’est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps. » C’était une femme libre, indépendante, qui a vécu à contre-courant et sans se soucier des autres, et je l’admire énormément pour cela.

Dans un autre registre, j’admire énormément Marie-France Cohen. Après avoir revendu la marque Bonpoint, elle a décidé de créer un concept store solidaire qui lui ressemble, Merci (tous les bénéfices sont reversés à un fonds humanitaire à Madagascar). Quand on rentre chez Merci, on a l’impression de rentrer dans une maison pleine de goût, d’amour et de générosité, où tout a une histoire. Et l’âme de l’endroit, c’est elle ! Sa devise : « Pour être bon, il faut être obsessionnel. »

« À mes yeux c’est pareil avec l’ambition : on a l’ambition que l’on pense mériter. »

Quels sont tes 3 conseils aux jeunes filles d’aujourd’hui ?

  • Ne réflechissez pas trop au futur, ne perdez pas trop de temps à établir des plans très étudiés : foncez, rien ne se passera comme prévu !
  • Faites ce qui vous passionne : et si c’est la cuisine ou la couture, même si ça fait pas très féministe en apparence, on s’en fiche.
  • Ne vous souciez pas des autres : il faut oublier ce qui peut nous handicapper ou nous complexer et faire comme si cela n’existait pas. Si ça n’existe pas pour vous, ça n’existera pas pour les autres.

En quoi te considères-tu comme féministe ?

Je pense qu’être féministe, c’est se donner le droit d’être au même niveau que les hommes. J’aime bien la phrase suivante que j’ai trouvée dans un film : « On accepte l’amour qu’on pense mériter ». À mes yeux c’est pareil avec l’ambition : on a l’ambition que l’on pense mériter. Et en tant que femme, on mérite d’avoir une ambition égale à celle des hommes !

Photo : Théo Depoix-Tuikalepa

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