Le plus grand incubateur du monde est dirigé par une femme

Interview de Roxanne Varza

Les Glorieuses : A 15 ans, que souhaitais-tu faire dans la vie ? A quel moment as-tu su que tu voulais évoluer dans l’écosystème des startups ? Y a-t-il eu un déclic ?

Roxanne Varza : A 15 ans, je pense que je n’avais pas trop d’idée de ce que je voulais faire à vrai dire. Depuis l’enfance je rêvais d’être championne de patinage artistique (lol) et ensuite j’avais adoré l’art, l’écriture. Mais il était encore un peu tôt pour moi de penser sérieusement à une carrière spécifique je pense.

Je suis tombée amoureuse de la France bien avant les startups. D’ailleurs, comme j’ai grandi à Palo Alto où tout le monde parlait de la tech tout le temps, je n’ai jamais été très intéressée par la tech ni les startups. Un de mes premiers jobs en sortant de l’université c’était de travailler pour Business France (ex Invest in France) à San Francisco. C’est là où j’ai découvert des startups. J’ai découvert surtout des entrepreneurs passionnés, intelligents, optimistes… J’ai craqué direct ! J’ai décidé que je voulais m’entourer de ces personnes et depuis… Voilà 🙂

« Quand on a un profil « atypique » ou rare, souvent les gens se rappellent de vous. »

En quoi le fait d’être une femme a-t-il influencé ta carrière ?

Mmm… à vrai dire je ne sais pas trop ! Mais je pense que le fait de faire partie d’une minorité, au moins dans l’univers tech, m’a probablement aidé. Quand on a un profil « atypique » ou rare, souvent les gens se rappellent de vous. Bien sûr, il y a aussi plein de sexisme, mais pour moi c’était plus anecdotique. Mais j’ai eu la chance de grandir et de développer ma carrière en occident. Je peux dire que les mêmes opportunités n’existent pas forcément pour les femmes partout. Par exemple en Iran, le pays d’origine de mes parents.

Qui sont tes modèles féminins ?

Ma grand mère surtout ! C’est une poétesse en Iran, elle a 86 ans (je crois! ) et une énergie et une passion incroyables. Elle est toujours passionnée de poésie, elle écrit moins mais si à 86 ans, si je suis comme elle, je serai très contente !

Christine Lagarde est aussi une femme qui m’a toujours impressionnée. J’imagine que le monde de la finance doit être comparable à celui de la tech, elle reste pour moi un modèle.

Mes autres modèles féminins, il y en a plein. J’ai eu la chance de découvrir plein de profils féminins grâce à mon réseau StartHer (ex Girls in Tech Paris). Il y a PLEIN de femmes dans l’entrepreneuriat en France qui ont fait des choses vraiment exceptionnelles. Par exemple, Mounia Rkha, qui est ma co-fondatrice dans StartHer. Elle a travaillé pour deux fonds d’investissement (elle gère actuellement le seed club chez ISAI) et elle a aussi monté une startup (un concurrent de Groupon) au Maroc. Et on a le même âge !

« Ces projets m’ont donné de la crédibilité mais surtout de la visibilité. J’avais une excuse pour rencontrer des personnes exceptionnelles, et développer mon réseau. »

Quels sont tes 3 conseils aux jeunes filles d’aujourd’hui ?

Je donne toujours les mêmes conseils à tout le monde – femme ou homme, en début de carrière ou expérimenté.

  • LANCEZ UN PROJET. Moi j’ai lancé un blog perso (Techbaguette), ensuite une association (Girls in Tech), ensuite une conférence (Failcon). Ces projets m’ont donné de la crédibilité mais surtout de la visibilité. J’avais une excuse pour rencontrer des personnes exceptionnelles, et développer mon réseau. Il ne faut pas forcément monter une startup, mais un projet peut vraiment avoir un impact sur votre carrière.
  • PARTEZ A L’ETRANGER. Pas forcément pour s’y installer, mais pour développer son réseau international, pour avoir un autre regard, etc. Il suffit de participer à une conférence ou organiser quelques rencontres quand on est à l’étranger. Un regard international permet vraiment de se différencier.
  • APPRENEZ A CODER. C’est l’anglais de demain. Pas forcément besoin de devenir développeur, mais au moins comprendre les bases sera utile dans n’importe quel métier.

En quoi te considères-tu comme féministe ?

Je suis pour la mixité, l’égalité, les droits des femmes. J’aime bien sentir que tout le monde est représenté de la même façon, qu’on a les mêmes chances.

La raison pour laquelle j’ai lancé StartHer (ex Girls in Tech Paris) c’était tout simplement parce que j’estimais que les femmes étaient peu visibles dans l’écosystème. Depuis, j’ai découvert plein de femmes – entrepreneurs, investisseurs, etc. – qui travaillent dans le milieu et aujourd’hui Paris est classé parmi les villes avec les plus de startups fondées par les femmes.

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