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Communiqué de presse, le 28 octobre 2020, pour diffusion immédiate

La newsletter Les Glorieuses publiée ce matin annonce avec le hashtag #4Novembre16h16, le lancement de sa campagne pour l’égalité salariale. En étant payées 15,5 % de moins que les hommes (Eurostat, 2020), le jour à partir duquel les femmes travaillent « gratuitement » tombe cette année le #4Novembre16h16. Les femmes perdent 39,2 jours ouvrés de travail rémunéré cette année, à l’identique des cinq années précédentes. Une situation qui risque d’empirer avec le Covid : pour éviter cela, Les Glorieuses lance une pétition pour appeler le Gouvernement a adopter un plan de relance économique féminite reposant sur cinq propositions (détaillées ci-après).

Pour Rebecca Amsellem, docteure en Economie et fondatrice des Glorieuses : « La crise sanitaire a sollicité la résilience des femmes, plus que jamais en première ligne. Pourtant, le plan de relance de 100 milliards d’euros présenté par le Gouvernement ne les mentionne pas une seule fois. Pour dessiner effectivement la « France de demain », en intégrant l’écologie, la cohésion et la compétitivité, la relance doit reposer sur une approche féministe et corriger les discriminations économiques envers les femmes. D’autant que les inégalités qu’elles subissent risquent d’empirer avec la crise du Covid ».

Les femmes sont actuellement les grandes perdantes du plan de relance économique.A travers les choix industriels notamment : le plan prévoit ainsi d’allouer 15 milliards d’euros au secteur aéronautique qui compte seulement 23 % de femmes (1). Il alloue aussi 7 milliards d’euros au secteur technologique où les femmes représentent seulement 20 % des effectifs, secteur qui accuse par ailleurs une baisse de 11 % des effectifs féminins entre 2013 et 2018 quand ces mêmes effectifs sont en hausse de 14 % dans l’ensemble des pays européens (2).

Pour Rebecca Amsellem : « L’égalité hommes-femmes est un choix moral et un choix économique. Elle peut devenir une réalité de notre vivant si nous accélerons la cadence  grâce à un plan économique adapté. Oui, l’égalité coûte de l’argent. De même que sauver l’industrie aéronautique. Et c’est un choix que le Gouvernement est en mesure de faire. »

Contact presse : Caroline Prak / 06 62 30 29 84

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Une pétition pour un plan de relance économique féministe.

Pour corriger les inégalités économiques structurelles dont les femmes sont aujourd’hui victimes en France, la newsletter Les Glorieuses s’engage avec le #4Novembre16h16 et fait cinq propositions pour un plan de relance économique féministe.

  1. Conditionner l’accès aux marchés publics, l’obtention des subventions publiques et celui des prêts garantis par l’Etat au respect de l’égalité salariale au sein de sa structure. Cette première mesure, qui ne coûte rien en termes de budget, permet de s’assurer que le budget alloué par l’Etat pour construire la France de demain ne va pas creuser les inégalités et peut même les endiguer rapidement. 
  2. Renforcer l’Index de l’égalité en créant un certificat d’égalité obligatoire des entreprises. Ce certificat pourra à terme être obligatoire pour accéder aux avantages cités dans la proposition précédente. En effet, selon Rachel Silvera, économiste, maîtresse de conférences université Paris-Nanterre et co-directrice du réseau de recherche MAGE (Marché du travail et Genre), “Actuellement, l’Index mis en place par le Gouvernement demande aux entreprises d’évaluer les inégalités entre les hommes et les femmes à partir de cinq critères, le tout noté sur 100. Si la note est inférieure à 75, l’entreprise doit mettre en place un plan d’action. Cet index présente des lacunes du fait de biais statistiques importants, de manipulations possibles et du fait que les entreprises se notent elles-mêmes : il n’est pas un outil efficace. Il est indispensable qu’un standard sur le respect de l’égalité salariale soit appliqué par un organisme extérieur formé à cet effet et non par un comité interne, qu’il repose de façon empirique sur la politique menée par l’entreprise, et qu’il y ait une obligation d’exécution si cette politique est insuffisante.” 
  3. Valoriser les salaires des métiers où les femmes sont les plus nombreuses comme les métiers du soin. 47,7 % de ces emplois sont occupés par des femmes (Observatoire des inégalités, 2012) mais des secteurs sont largement plus féminisés que d’autres. Ainsi, les aides à domiciles et aides ménagères et assistantes maternelles sont quasi toutes des femmes (97,7 %), de même que les secrétaires (97,6 %), les employées de maison (94,3 %), les enseignantes (65,7 %) ou encore les aides-soignantes, infirmières/sage-femmes (respectivement 90,4 % et 87,7 %). Nous demandons ainsi une revalorisation économique de l’ensemble des métiers à prédominance féminine. 
  4. Intégrer les femmes aux décisions liées au plan de relance. Dans ce cadre, un groupe de travail composé d’expertes sera chargé de déterminer l’ensemble des critères pour surveiller la juste répartition du plan de relance économique et les investissements nécessaires pour améliorer la vie des femmes dans la « France de demain ». 
  5. Soutenir un congé paternité équivalent au congé maternité. Le congé de 7 jours consécutifs obligatoires (oui, oui le week-end est compris) pour les pères aujourd’hui n’est pas suffisant pour résorber les inégalités. Selon l’association « Parents et Féministes », « 7 jours ne suffisent pas. Ceci doit être la première étape menant à l’alignement du congé paternité – ou deuxième parent – sur le congé maternité ».

Comment la date du #4Novembre16h16 a-t-elle été calculée ?

Pour calculer cette date, nous avons rapporté d’écart de salaire entre les femmes et les hommes en France (Eurostat 2020) au nombre de jours ouvrés en 2020, 253. Ainsi, nous avons pu obtenir la date du 4novembre à 16h16 et 48 secondes, moment où les femmes pourraient toutes s’arrêter de travailler en France du fait des inégalités de salaire.

Evolution des dates depuis 2016

Note aux rédactions :

(1) Enquête du Groupement des industries françaises, 2017.

(2) Etude du cabinet Global Contact, 2019.

La newsletter Les Glorieuses publiera le jeudi 29 octobre dans sa verticale économique une longue enquête exclusive. « Le rêve islandais » met en exergue les réponses apportées par l’île contre les inégalités salariales, avec le regard de chercheuses et de témoins. A lire dans #Economie, la newsletter économique / abonnement gratuit lesglorieuses.fr

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