« Une femme est la plus authentique quand elle ressemble le plus à ce qu’elle a elle-même rêvé d’être. »

Comment ne pas se rappeler de cette scène de Tout sur ma mère (Pedro Almodovar) ? Agrado, transexuelle et travailleuse du sexe, est alors sur scène et raconte sa vie.

 

« On m’appelle Agrado.

Parce que toute ma vie, j’ai cherché à rendre la vie plus agréable aux autres.

Certains d’entre vous me connaissent, je faisais le tapin sous les ponts ; et la raclée que m’a flanquée un client a fait de moi une femme décente.

Je suis très authentique ; regardez ce corps, que du sur mesure !

Les yeux en amande : 80.000 (pesetas).

Le nez : 200 ; foutu en l’air parce que, un an après, une autre raclée me l’a tordu.

Je sais bien que ça donne beaucoup de personnalité, mais si j’avais su, je n’y aurais pas touché.

Je continue…

Les seins : 2700 chacun ; mais ils sont super amortis.

Silicone : Les lèvres, le front, les pommettes, les hanches et les fesses.

Le litre coûte 100.000.

Faites le calcul, moi je m’y perds ! »

Ce monologue est une véritable ode à l’authenticité. Et à la liberté d’être ce qu’on a toujours rêvé d’être.

Car être authentique, si on se réfère à son étymologie, signifie celui ou celle qui se détermine par sa propre autorité. L’enjeu est de vivre selon ses propres règles et se conformer à propres idéaux.

Comment y arriver ?

Une seule solution.

Vieillir. Grandir. Le pouvoir de l’âge.

Car l’esprit humain est la seule exception à la loi universelle qu’est l’entropie. Il ne décrépie pas, il ne fait que grandir pour nous amener, comme nous l’apprend l’actrice Jane Fonda, à la totalité, à l’authenticité, à la sagesse.

L’âge est aujourd’hui un des nombreux pouvoirs des femmes. Car les femmes qui ont plus de 60 ans aujourd’hui, vivent, en moyenne, 34 ans de plus que leurs grands-parents. 34 ans. Le temps de (re)naître, de grandir, d’apprendre. Le temps de devenir quelqu’un. Et les femmes, dans leur troisième acte, ont tout à construire. Pour elles, mais aussi pour la nouvelle génération de femmes : « Les femmes commencent entières, n’est-ce pas? Nous les filles, nous commençons fougueuses. « Oui, et alors? ». Nous avons la capacité d’agir. Nous sommes les sujets de nos propres vies. Mais très souvent, beaucoup, sinon la plupart d’entre nous, quand nous atteignons la puberté, nous commençons à nous soucier à nous intégrer et à plaire. Nous devenons les sujets et objets de la vie des autres. Mais maintenant, dans notre troisième acte, il nous est peut-être possible de revenir là où nous avons commencé. Si nous pouvons le faire, ce ne sera pas seulement pour nous-mêmes. Les femmes âgées sont démographiquement les plus nombreuses dans le monde. Si nous pouvons revenir en arrière et nous redéfinir et devenir entières, cela créera un changement culturel dans le monde, et donnera un exemple aux jeunes générations afin qu’elles puissent ressaisir leur propre vie dans sa durée. »

Être authentique n’est pas une course à la conformité, et encore moins une course à la connaissance de soi-même. C’est accepter de prendre le temps de se connaître. Et de se respecter.

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