85% DES DÉPENSES SONT FAITES PAR LES FEMMES.

Les femmes seraient-elles donc d’incorrigibles dépensières à dilapider à tout va l’argent durement gagné par un conjoint exténué ? Pas tout à fait… Elles sont une grande majorité en France à avoir la charge de la quasi totalité du « bien-être » du foyer : les courses alimentaires, l’habillement, l’éducation, la santé des enfants, accessoirement la leur et celle du père, la maison, les loisirs. Elles s’occupent de tout ! Cet héritage d’une époque où les femmes ne travaillaient pas à la vie dure. Dès l’enfance, les filles sont éduquées pour maintenir le foyer.

Et si ces responsabilités, cette double journée éreintante qui incombe à la grande majorité des femmes en France était une force ? Si cette ligne récalcitrante de notre société patriarcale nous donnait un pouvoir que nous ne soupçonnons pas ?

La société française est composée à 52% de femmes. Ces femmes contrôlent 85% des budgets de leurs familles. Nous avons le pouvoir d’influer sur la façon dont les marques nous parlent et dont elles produisent. Comme le dit le collectif 52, nouvelle organisation féministe qui promeut l’entraide entre les femmes : « Nous sommes la force économique. »

ON GIRLCOTT !

On quoi ? Le girlcott est l’adaptation du commun « boycott » adapté aux actions spécifiques qui concernent les marques qui s’engagent pour les droits des femmes. Nous pouvons par exemple soutenir les entreprises qui pratiquent une politique active pour l’égalité femmes hommes en leur sein. Ou bien encore celles qui donnent à voir les diversités et les réalités des femmes qu’ils ciblent.

A l’inverse, on peut décider de ne plus acheter les produits des marques qui ne voient en leurs clientes qu’une série de stéréotypes : objets sexuels, princesse impuissante, femme d’affaire frustrée… La blogueuse Poulet Rotique a publié le mois dernier son palmarès des publicités sexistes de 2016. Pas si grave ? Si quand on sait que les enfants sont exposés et sensibles à des messages publicitaires à partir de 3 ans. D’autant plus qu’il y a une corrélation directe entre ces messages placardés sur nos murs et les comportements sexistes dans l’espace public, dont les harcèlements sexistes et sexuels.

90% DES EMPLOYÉS DES USINES H&M, ZARA, MANGO SONT DES FEMMES

Et forcément, ça fait réfléchir. Elles travaillent pour des salaires de misères et dans des conditions effroyables. L’ Asia Floor Wage Alliance (AFWA), une alliance internationale de syndicats et d’organisations de défense des droits au travail, mobilisés pour obtenir des entreprises de l’habillement le versement d’un salaire vital pour les ouvrier-e-s du secteur en Asie, a publié en 2016 un rapport qui explique notamment que « dans 11 usines cambodgiennes sur 12, des employées ont été témoins – ou ont directement subi – des fins de contrat pendant la grossesse. L’ensemble des 50 employés des usines indiennes interrogés ont également déclaré qu’il était fréquent que des femmes soient licenciées pendant leur grossesse ».

Le boycott radical n’est pas forcément la solution. Dans un dossier très intéressant consacré à la mode éthique, Causette interviewait Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Éthique sur l’étiquette : « Le boycott n’est pas une solution efficace . D’une part, pour qu’il soit ressenti par les multinationales, il faudrait qu’il soit réalisé par des dizaines de milliers de personnes. D’autre part, il provoque une double peine pour les ouvriers. Ce seront eux les premiers pénalisés par la baisse de la demande, avant que cela n’atteigne les actionnaires. »

Nous avons une responsabilité en tant que citoyennes à réduire nos consommations, à limiter les achats de pièces dont on se lassera vite ou qu’on ne mettra pas. La période des soldes peut être une occasion d’acheter plus responsable chez des créatrices et créateurs qui se battent au quotidien pour une mode responsable et éthique.

LES CRÉATEURS MONTENT AU CRÉNEAU

Elles et ils sont là les créateurs de mode et de joaillerie qui s’engagent au quotidien. Et voici notre sélection :

  • Le réseau Ethipop, fondé par Laura Brown, qui rassemble plus de 70 créateurs responsables dans tous les domaines : mode femme, homme, enfant, bijou, beauté.
  • Les Récupérables, une marque de revalorisation textile, fondée par Anaïs Dautais Warmel. Son ambition : créer des pièces uniques à partir de tissus destinés à la poubelle.
  • Notre chère Clémentine du Pontavice qui illustre la newsletter toutes les semaines 😉 et qui a fondé la marque de bijou HopHopHop qu’on adore.

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