Pour lire cette newsletter, on propose en fond sonore : Lianne La Havas – Au Cinéma

Hello les Glowies !

Vendredi soir je cherchais une excuse pour ne pas sortir. Grave la flemme. J’avais qu’une envie : aller au cinéma. J’appelle ma copine pour qu’elle m’aide à élaborer un prétexte, elle me coupe direct dans mon élan : « Tu n’as pas besoin de te justifier. ».

Ah oui c’est vrai! Je peux dire non. J’ai le droit de faire passer ma propre personne avant les autres. J’ai le droit de prendre soin de moi. En fait, c’est même un devoir. C’est ce que dit Audre Lorde dans l’épilogue de Burst Of Lights (1988) : « prendre soin de soi n’est pas de l’égocentrisme, c’est de l’auto-préservation, et c’est un acte de combat politique ».

L’indulgence envers soi-même nous apprend à l’être avec ceux qui nous entourent. C’est une question de respect. C’est politique.

Ok. Alors ce soir je prends soin de moi : je vais voir le documentaire Human Flow de l’artiste chinois Ai Weiwei. Il traite de toutes les formes de migrations dans le monde et s’interroge sur les concepts de frontière, de citoyenneté, d’humanité. Quand sommes-nous considérés comme des êtres humains, avec des droits? Peu souvent. L’artiste filme des familles déchirées par la guerre, par la pauvreté, poussées à fuir leurs maisons à cause de leurs convictions politiques, situations économiques, orientations sexuelles, leurs fois religieuses. Parfois toutes ces raisons simultanément. Des femmes et des hommes déshumanisés, invisibilisés. Bref, c’est pas un film devant lequel on se fend la poire. Et là, rebelotte, la culpabilité revient.

Je ressors du cinéma lessivée. J’ai une responsabilité face à ce que je vois. Je ne peux pas ignorer la réalité qui est retranscrite à l’écran. Mais comment me protéger face à la violence de ces images? Comment ne pas culpabiliser à l’idée qu’après ce film, je vais tranquillement rentrer au chaud chez moi? La cul-pa-bi-li-té ! Encore ! Comme quand quelques heures plus tôt je cherchais un prétexte pour ne pas sortir.

Je repense à Audre Lorde. Ce n’est pas de l’égocentrisme que de se protéger, c’est simplement du respect de soi-même. Et c’est une condition pour mieux venir en aide aux autres, après.

Je m’efforce donc  à prendre du temps pour moi et chérir ce que j’ai (​aka notamment un gâteau au chocolat qui m’attend en rentrant). Je réalise qu’apprendre à respecter ma propre personne avant les autres ne m’empêche pas de m’engager face à ce que j’ai vu ce soir au cinéma.

Elle est là ma responsabilité : je dois apprendre à m’aimer et à me respecter pour mieux faire place aux autres après. Leur donner une voix, à mon échelle et avec mes moyens, après avoir définit la mienne. C’est chose faite : je rentre d’abord dans mon bain puis je tweet sur le film que je viens de voir et je vous en parle aujourd’hui.

Crédits photo : Becca Tapert

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