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Les Glorieuses, la newsletter féministe à l’origine du mouvement pour l’égalité salariale fête ses cinq ans ce mois-ci. Fondée par l’activiste franco-canadienne Rebecca Amsellem, les cinq ans des “Glorieuses” sont marqués par des arrivées au sein de l’équipe et par une croissance portée par de nouveaux projets et partenariats, dont à l’international.

Ainsi, l’équipe s’agrandit avec les nominations de Caroline Prak et d’Anne-Dominique Correa :

  • Caroline Prak, en qualité de directrice des opérations / Caroline Prak est diplômée de l’Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines en économie internationale et en économie de l’environnement. Née au Cambodge, elle est arrivée en France enfant après l’obtention par ses parents de l’asile politique. Avant de rejoindre Les Glorieuses, Caroline a notamment travaillé en start-up, au ministère de l’Ecologie, et plus longuement en ONG écologiste – Les Amis de la Terre, et humanitaire – Oxfam, où elle a occupé des postes de responsable et de coordinatrice de la communication et des campagnes. 

Caroline Prak appuie Rebecca Amsellem dans l’équipe de direction avec pour missions principales de diriger les opérations courantes (administration, budget, publication des newsletters), de mettre en place les actions de développement, de superviser les partenariats dans le respect de la vision originelle du projet.

(c) Teresa Suarez / www.teresasuarezphoto.com

A l’occasion des 5 ans de la newsletter des Glorieuses et de l’arrivée de Caroline Prak, Rebecca Amsellem lui a posé quelques questions. 

Rebecca Amsellem : Etre féministe est une condition pré-requise pour travailler sur un projet comme Les Glorieuses – comment tu définirais ton féminisme ?

Caroline Prak : Je suis d’accord quand tu dis qu’il y a autant de femmes qu’il y a de féminismes, et dans ce sens, je dirais aujourd’hui que mon féminisme est totalement heureux et décomplexé. Il est aussi dé-corrélé d’une quelconque culture académique ou de lectures intellos du XIXe siècle, ce que j’assume entièrement (désolée Rebecca mais quand tu as cité Alexandra Kollontaï cet été, mille mercis mais aussi : WTF :-)). Mon féminisme repose sur mon expérience de terrain, de là où je me situe, en tant que femme asiatique à l’intersection du privilège et de la discrimination. A l’intersection d’identités projetées qui reposent soit sur la soumission, soit sur la domination, à un niveau de déséquilibre et d’instabilité que nous connaissons toutes, et qu’à titre personnel, j’ai dépassé. Dans ma tête, la révolution féministe a eu lieu, et c’est fantastique et libérateur. Nous sommes nombreuses à travailler activement pour que cette révolution ait lieu globalement dans la société, à un niveau politique, et que la norme androcentrée laisse place à un imaginaire non biaisé, non binaire, non polarisé. Dans cet imaginaire, tout est possible pour nous et pour tou·te·s si on se le dit très tôt, si on s’offre l’opportunité de se le dire et de se l’entendre dire très tôt. Mais tout est aussi possible très tard. C’est ça, pour moi, le féminisme : le chemin qui peut faire de cet imaginaire une réalité.

Qui est ton héroïne féministe (quelqu’un de bien vivant hein) ?

Ma maman, forcément. Bénéficier de son regard sur la société m’a donné dans l’absolu une grande confiance en moi et en mes capacités – c’est un cadeau inestimable. Ma mère est extrêmement moderne, elle représente pour moi la quintessence du cool ;-). Adolescente et étudiante engagée, elle participait souvent en étant la seule femme, à des réunions politiques dont ses semblables étaient généralement écartées. Elle portait des mini-jupes, ce qui au Cambodge dans les années 1960/1970, était particulièrement osé. Grâce à ma mère, et à mon père qui est aussi mon héros, les questions de politique, de pouvoir, d’économie, d’argent, sont naturelles et pas taboues pour moi. Ce n’est pas un hasard si je m’y suis investie à l’école, dans mes études, dans mes engagements puis dans mon parcours professionnel. Tout ne tourne pas autour de ça, la base étant sans doute de créer les conditions d’une vie qui vous offre le plus de choix possibles, et que votre valeur en tant que femme n’en dépende pas. C’est ce que je ressens grâce à ma mère. Cette générativité et cette bienveillance, je pense que nous pouvons nous l’offrir mutuellement entre femmes. J’ai bien sûr d’autres icônes féministes, qui sont plutôt des rock-stars ou des artistes libres et singulières : Fiona Apple ou Rihanna par exemple. Je suis également avec curiosité l’évolution musicale et politique de King Princess ou plus récemment, de BlackPink.

Tu as été nommée directrice des opérations pour suivre le développement de Gloria Media – Ce serait quoi LE truc dont tu serais fière pour Gloria Media dans trois ans ?

Nous formons actuellement une communauté de plus de 150 000 personnes. Sans hésiter, ma plus grande fierté dans trois ans, ce serait d’atteindre un million d’abonné·e·s sur l’ensemble des newsletters de Gloria Media. Une partie de cet objectif est atteignable de façon organique si la partie plus active de notre communauté nous recommande à trois personnes bien ciblées, et ainsi de suite. Mais nous devons poursuivre l’investissement dans nos contenus, dans nos partenariats, et mieux faire connaître le projet dans sa globalité. Car former une communauté d’un million de personnes, au delà du chiffre, c’est faire éclater un supposé entre-soi et signifier que les idées féministes, écologistes, antiracistes que nous défendons et qui traversent toute la société, occupent la place qu’elles méritent – portées par des personnes diverses, trans, queer, racisées, issues de différents milieux sociaux. C’est acter qu’un média féministe est un média généraliste légitime à occuper un espace toujours plus important. Les mentalités et le contexte évoluent à une rapidité telle que Les Glorieuses dans trois ans n’aura rien à voir avec Les Glorieuses aujourd’hui. Nous remettons sans cesse notre travail en question, allons vers davantage de radicalité, déployons tant d’énergie à créer du lien et à faire du Club un lieu de rencontres inédit. On dit aux femmes de taire leurs ambitions par superstition, par modestie, par peur de l’échec. Je ne vois pas pourquoi. Surtout quand le meilleur qui puisse nous arriver est de réussir, et ça, j’y crois. Cela, nous ne pouvons le faire qu’ensemble, dans l’alignement de nos valeurs, dans la joie et la bonne humeur. Je pense que c’est sympa comme invitation, avec du brownie cheesecake et de la ginger beer.

Last but not least – Tu es militante écolo et tu travailles pour une entreprise dont la fonction principale (pas la seule mais c’est quand même ce qu’on fait) est d’envoyer des emails. Ne nous le cachons pas, envoyer des emails n’est pas la meilleure manière de préserver l’environnement. Comment comptes-tu t’y prendre pour rendre l’envoi d’email éco-responsable ?

L’écologie, c’est le domaine où je multiplie les références intellos du XIXe siècle entre autres et je regrette qu’elle ait connu trop d’embranchements, de divisions – à dessein, pour que l’on se concentre à l’instant T sur qui scie la branche sur laquelle on est assis plutôt que sur l’instant T-1, sur qui tient la tronçonneuse et la dirige allègrement vers le tronc. C’est en train de changer. On réalise que le vrai problème, c’est notre système économique capitaliste et le patriarcat qui en est à l’origine. Renverser le patriarcat est un préalable à la lutte contre le réchauffement climatique, contre les inégalités, le sexisme, le racisme, contre toutes ces oppressions qui nous rendent malades. Il y a donc une vision écologiste derrière le mouvement des Glorieuses. Ceci étant dit, Les Glorieuses, en tant que média et en particulier en tant que start up, s’honore à se poser la question de son impact écologique. Nos appareils reconditionnés, le cloud alimenté par des énergies renouvelables, le design light du site et des newsletters, les bases de données à jour… ou pour toi et moi, se déplacer à vélo et être chez Enercoop, c’est chouette. Les Glorieuses, c’est aussi un laboratoire où on pense les innovations et usages électroniques du futur – nous planchons sur les emails dont le poids dans les boîtes représente une consommation et un gaspillage monstre, et j’espère qu’en 2021, nous pourrons faire des annonces ambitieuses sur ce volet et devenir le premier média qui produit des newsletters de qualité et les plus légères en carbone possibles.

  • Anne-Dominique Correa, en qualité de journaliste économique / rédactrice de la newsletter mensuelle #Economie, Anne-Dominique Correa est une journaliste d’origine belgo-équatorienne, diplômée de SciencesPo en Journalisme et politique économique internationale. Elle a vécu la plupart de sa vie en Equateur, avant d’arriver en France pour ses études, en 2014. Avant de rejoindre les Glorieuses, Anne-Dominique a travaillé pour l’AFP, ainsi que pour différents médias au Brésil, où elle a vécu un an. Elle écrit aussi pour le Monde Diplomatique sur des questions liées à l’Amérique latine.

#Economie est la nouvelle newsletter des Glorieuses et prend la suite de #5Novembre16h47 sur un rythme mensuel et sur un format davantage tourné vers l’enquête, avec une approche académique et internationale. La première édition sera publiée le jeudi 29 octobre 2020 en amont de la campagne des Glorieuses sur les inégalités salariales – et sera lancée en partenariat avec des médias français et étrangers. Outre la thématique des inégalités économiques entre hommes et femmes, #Economie traitera avec une approche féministe, de politiques économiques, d’injustices, de discriminations liées au genre ou à la race et de recherches et initiatives pour les éradiquer.

Pour Rebecca Amsellem, fondatrice des Glorieuses : “Il y a cinq ans, lorsque je décrivais la newsletter des Glorieuses, mes interlocuteurs entendaient “spam” + “soutien-gorge brûlé”. Aujourd’hui nous avons prouvé que nous pouvons construire un modèle économique soutenable autour d’un média fondé sur des newsletters. Et c’est dans ce cadre que je suis heureuse d’accueillir Caroline Prak pour poursuivre notre mission d’informer sur l’ensemble des mouvements politiques féministes. 

Aujourd’hui nous nous préparons à une nouvelle étape de Gloria Media avec un fort développement international. Nous accueillons également Anne-Dominique Correa qui sera l’enquêtrice et la journaliste de la verticale économie des Glorieuses.”

Gloria Media recrute actuellement en alternance sur douze mois un·e community manager / journaliste. Courant octobre, un poste de journaliste politique et de trois correspondant·e·s à l’international- Amérique du Nord, Asie/Pacifique, Afrique de l’Est seront ouverts dans le cadre du déploiement du département Impact de Gloria Media.

Enfin, outre le féminisme, l’économie, la politique, Gloria Media travaille sur le poids écologique de son activité en tant que jeune média numérique innovant. L’équipe ambitionne de travailler sur des outils revus et lancera un appel dans ce sens en 2021.


Contact presse : Caroline Prak, Les Glorieuses, 06 62 30 29 84  / Twitter : @carolineprak / Linked In : caroline.prak

Suivre Anne-Dominique Correa sur Twitter : @andoco / LinkedIn : Anne-Dominique.Correa

Crédit photo : Teresa Suarez / Instagram : @teresasuarezphoto / https://www.teresasuarezphoto.com/