INTERSECTIONNA-WHAT?

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  Hello les Glowies !

Samedi dernier, le 25 novembre, je défilais entre la place de la République et l’Opéra à Paris contre les violences faites aux femmes et puis j’ai rencontré Maya, activiste féministe noire, lesbienne et radicale. Elle me disait à quel point les manifestions étaient essentielles pour défendre les droits des femmes mais aussi que pour elle, c’était «être visible, surtout quand on est une féministe intersectionnelle ». Wait a minute, le féminisme « intersectionnel »?

Maya m’explique : 

L’intersectionnalité, un concept vulgarisé par l’avocate afro-féministe Kimberlé Crenshaw en 1991 aux Etats-Unis, c’est l’idée selon laquelle une personne peut subir différentes formes de discriminations en même temps. Comme à l’intersection d’un carrefour, c’est le croisement de différentes routes, différentes facettes d’une même identité.

Heeuu … Maya me ré-explique : elle n’est pas seulement discriminée par le fait d’être une femme mais aussi parce qu’elle est noire, et lesbienne. Elle n’est pas juste une femme, elle est une femme noire lesbienne.

Mais pourquoi c’est hyper important de promouvoir le féminisme intersectionnel, qui reconnait plusieurs discriminations dans une identité?

Là, Maya, entre sa banderole « Chatte en grève » et les tracts « De #MeToo à #WeTogether » qu’elle distribue à chaque passant, me raconte comment l’intersectionnalité est né.  Kimberlé Crenshaw défendait des femmes noires américaines qui avaient été licenciées de manière abusive par une entreprise. Le problème c’est qu’aux yeux de la loi ces femmes étaient soit considérées comme une minorité sexuelle – des femmes –  soit comme une minorité raciale – des noires. Mais jamais comme des femmes noires, ce qui est en fait une double discrimination et qui sont aussi les raisons pour lesquelles elles avaient été expulsées. En gros, elles n’étaient pas entièrement reconnues par le système. Un peu problématique quand nous sommes tous sensés pouvoir jouir des mêmes droits et d’une reconnaissance complète.

 

Maya, avant de repartir à la conquête de la rue me dit « je ne suis pas que femme, je suis une femme noire et lesbienne. Et pour exister, j’ai besoin que mon identité dans toute sa complexité soit reconnue par tous et par toutes ».

Là je pense tout de suite à ce dont on parlait la dernière fois chez Les Petites Glo’, de la nécessité de checker ses privilèges. Bah oui, on parle de défendre et faire place à touteS les femmes et de ne pas représenter qu’Emma Watson ou Simone de Beauvoir. Et puis c’est en regardant autour de moi, toutes ces femmes de couleurs, de formes, de styles différents qui se sont réunies ensemble dans la rue, que je comprends enfin Maya et Kimberlé Crenshaw : le féminisme intersectionnel c’est replacer les marges au centre, c’est que celles qui ont une voix fassent place à celles qui n’en ont pas ou peu, parce qu’elles existent.

Crédits photo : Les Glorieuses

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