Et si nous jouions à être des femmes ?

Petites, nous avons toutes…

… Enfilé – au moins une fois – les talons de nos mamans, essayé leur rouge à lèvres ou porté leur soutien-gorge pour créer un résultat qui aurait fait pâlir toute parisienne accro à la salade quinoa / edamamé. Nous avions envie d’être grande, d’être femme. Et si nous continuions à vouloir maîtriser avec brio le rôle de notre vie ?

Les exigences de ce rôle se reflètent également sur nos attentes.

Nous aurons tendance à chercher la perfection absolue chez les femmes et peut-être des qualités plus atteignables chez les hommes. Par exemple, nous attendions d’Hillary Clinton, au premier débat présidentiel américain, qu’elle soit parfaite. Nous attendions de Donald Trump qu’il soit aussi intelligent et cultivé qu’un élève de CE1. Et, paradoxalement, elle a gagné : elle ne s’est pas énervée lorsque Donald lui coupait la parole (57 fois en tout) avec des injonctions aussi profondes que « faux », lorsqu’il répétait qu’elle manquait d’endurance, ou qu’elle s’était trop préparée à ce débat. Au contraire, à chacune de ces attaques dont la bêtise n’avait encore jamais été égalée lors un débat présidentiel, elle s’est démarquée. « Je pense que Donald vient de me critiquer pour m’être préparée pour ce débat », a déclaré Hillary Clinton. « Et oui, je l’ai fait. Et vous savez pour quoi d’autre je me suis préparée ? Je me suis préparée pour être Présidente. Et je pense que c’est une bonne chose.  » Mic drop.

« Performing Womanhood » = jouer son rôle de femme.

Pour Jacki Willson, docteure en sociologie des arts, une femme qui veut réussir dans ce monde d’hommes ne devra jamais oublier de « jouer à être une femme » (« perform womanhood »). Elle doit connaître sa place et, à tout moment, être resplendissante. Elle cite l’exemple de Cherie Blair qui a été sauvagement critiquée pour être apparue en public le lendemain de la victoire de son mari, Tony Blair, non « apprêtée » (ci-dessous).

Surpasser ce rôle pour les femmes enceintes

Nous ne devons pas seulement jouer et réussir parfaitement le rôle de femme. Nous devons également surpasser ce rôle lorsque nous sommes enceintes. Chimamanda Ngozi Adichie, auteure nigériane, avoue ainsi : « Certains de mes amis ne savent probablement pas que j’étais enceinte ou que j’ai eu un bébé. En fait, j’ai l’impression que nous vivons à une époque où les femmes doivent faire une performance de leur grossesse. Nous n’attendons pas des pères qu’ils fassent une performance de leur paternité. Je me suis cachée. Je voulais que cela soit aussi personnel que possible ».

Lire notre traduction en français d’un long format publié en anglais sur le Financial Times dans la série « Lunch ».

Ce rôle se reflète dans l’idéal de la femme « moderne ».

Il faut à la fois être une mère parfaite, une femme romantique, avoir un intérieur magnifique et rougir au moindre compliment. Ce n’est pas tout. En plus de cela, il faut être une sportive hors pair, être forte, performante au lit et indépendante financièrement. Le résultat ne se fait pas attendre : cela donne une génération qui craque dans cette volonté d’atteindre la perfection. Les quelques exceptions françaises confirment la règle… Ségolène Royal, Ministre et mère de quatre enfants, Clara Gaymard, ancienne Présidente de General Electrics France, à la tête du Women’s Forum (entre autres), mariée et mère de neuf enfants.

Et si le modèle des superwomen était terminé ? Et si nous en construisions un nouveau ?
Notre article sur la fin du mythe de la perfection

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