La puissance des femmes

Gloire à celles qui

D’un mot, d’un son

Nous rappellent

La puissance des femmes.

 

Ce n’est pas une question de revendication. C’est une question de mots. « Le mal réside dans les mots que la tradition a voulus absolus » commence Goliarda Sapienza (L’art de la joie). Cela vaut aussi pour les idées, les valeurs, toutes ces choses qu’un groupe de personnes définit comme étant universelles. Sapenza continue : « Le mot amour mentait, exactement comme le mot mort. Beaucoup de mots mentaient, ils mentaient presque tous ».

Les mots sont à prendre comme les hommes, pas à la légère (clin d’oeil M. Fillon). Ils sont élastiques, leur définition varie selon que vous êtes vainqueurs ou perdants, concentrés ou dissipés, puissants ou doux. Susan Sontag prend l’exemple du mot « paix » : « Qu’entendons-nous, par exemple, par le mot «paix» ? Entendons-nous une absence de conflits ? On entend un oubli ? On parle de pardon ? Ou entendons-nous une grande lassitude, un épuisement, un épuisement de la rancune ? Il me semble que ce que la plupart des gens entendent par «paix» est la victoire. Leur victoire. C’est ce que signifie « paix » pour eux, tandis que pour les autres, la paix signifie la défaite … La paix devient un espace où les gens ne savent plus habiter. »

Un mot est l’interprétation d’une vision. Et pourtant, il a tellement de pouvoir. « Les mots justes, trouvés au bon moment, sont de l’action” affirmait Hannah Arendt. On ne peut pas trouver mieux.

 

Qui de mieux que Maya Angelou (1928-2014) pour célébrer la puissance des femmes ? Après avoir été cuisinière, danseuse et chanteuse, Maya Angelou joue avec les mots pour célébrer le mouvement américain pour les droits civiques des noirs et pour glorifier les femmes. Voici l’un de nos poèmes préférés (vous pouvez tous les retrouver ici).

 

Les jolies femmes se demandent où réside mon secret

J’suis loin d’être mignonne, ou de taille mannequin

Mais quand je le leur révèle

Elles pensent que je mens.

 

Je dis mon secret réside dans la portée de mes bras

La foulée de mes pas

L’ourlure de mes lèvres.

Je suis une femme

In-cro-ya-blement.

 

La femme phénoménale

C’est moi.

 

Je marche dans une chambre

Fraîche à souhait

Et pour un homme

Les consœurs se lèvent ou

Tombent à genoux

Mais eux, bourdonnent autour de moi

Une vraie ruche d’abeilles.

 

Je dis

C’est dans le feu de mon regard

Et l’éclat de mes dents

Le balancement de ma taille

Et la joie de mes pieds.

 

Je suis une femme

In-cro-ya-blement.

La femme phénoménale

C’est moi.

 

Mêmes les hommes se demandent

Ce qu’ils voient en moi

Ils essaient tant

Mais n’arrivent pas à palper

Mon mystère intérieur.

Quand je tente de l’éclaircir

Ils disent ne toujours pas voir

 

Je dis

C’est dans la cambrure de mon dos

Le soleil de mon sourire

Le tracée de mes seins

La grâce de mon style.

 

Je suis une femme

In-cro-ya-blement.

La femme phénoménale

C’est moi.

 

Vous comprenez à présent

Pourquoi ma tête ne s’abaisse pas

Je n’ai pas à crier ou à sauter

Ou à parler trop fort

Quand vous me voyez passer

C’est à vous remplir de fierté.

 

Je dis

C’est dans mes claquements de talons

L’ondulation de mes cheveux

La paume de ma main

La nécessité pour mes soins.

 

C’est que je suis une femme

In-cro-ya-blement.

La femme phénoménale

C’est moi.

 

(traduction du Collectif James Baldwin)

 

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