L’amitié ? Un miracle !

« Abandonnez le mythe culturel selon lequel toutes les amitiés féminines doivent être toxiques, mauvaises ou compétitives. Ce mythe est comme des talons et des sacs à main – joli mais conçu pour éblouir les femmes ». Roxane Gay, écrivaine et Professeure américaine, nous livre une tribune saisissante sur l’importance des amitiés entre les femmes sur Jezebel. Elle ajoute ce qu’on pense tout bas : « Cela ne veut pas dire que les femmes ne peuvent pas être des garces ou toxiques ou compétitives parfois, mais ces valeurs ne définissent pas les caractéristiques de l’amitié féminine, d’autant plus lorsque vous vieillissez ».

Nous avions publié une newsletter pour venir à bout des fantasmes entre les amitiés entre femmes. Entre la bataille de polochons, le crêpage de chignons, les commérages et les indispensables pestes, les préjugés sur l’absence d’entraide entre les femmes ne sont pas en reste. Nous avions appelé à plus de sororité entre les femmes : Femmes de toute origine, de toute sexualité, de toute conviction, nous sommes des soeurs. Nous sommes là pour nous entraider. Peu importe si nous n’avons pas le même visage, la même religion, le même mode de vie. Si nous nous tournons le dos, si nous ne nous ne soutenons pas chaque jour, personne ne sera là pour le faire (lire la newsletter).

L’amitié entre deux êtres va au delà de ce soutient mutuel. “Mais il est un amour personnel et humain qui est pur et qui enferme un pressentiment et un reflet de l’amour divin. C’est l’amitié, à condition qu’on emploie ce mot rigoureusement en son sens propre.” La philosophe Simone Weil (1909-1943) définit les implications de l’amitié (Simone Weil, Amitié, Rivages Poches, 2016). La philosophe ajoute que l’amitié, pour être respectée, doit être considérée comme une exception : “l’amitié est le miracle par lequel un être humain accepte de regarder à distance et sans s’approcher l’être même qui lui est nécessaire comme une nourriture.” Et “quand un être humain est attaché à un autre par un lien d’affection enfermant à un degré quelconque la nécessité, il est impossible qu’il souhaite la conservation de l’autonomie à la fois en lui-même et dans l’autre. Impossible en vertu du mécanisme de la nature. Mais possible par l’intervention miraculeuse du surnaturel. Ce miracle, c’est l’amitié. « L’amitié est une égalité faite d’harmonie », disaient les pythagoriciens. Il y a harmonie parce qu’il y a unité surnaturelle entre deux contraires qui sont la nécessité et la liberté, (…) Il y a égalité parce qu’on désire la conservation de la faculté de libre consentement en soi-même et chez l’autre. Quand quelqu’un désire se subordonner un être humain ou accepte de se subordonner à lui, il n’y a pas trace d’amitié. Aini, amitié ne signifie pas dépendance : “la préférence personnelle à l’égard d’un être humain déterminé peut être de deux natures. Ou l’on cherche en l’autre un certain bien, ou on a besoin de lui. D’une manière générale, tous les attachements possibles se répartissent entre ces deux espèces. (…) Une amitié est souillée dès que la nécessité l’emporte, fût-ce pour un instant, sur le désir de conserver chez l’un et chez l’autre la faculté de libre consentement”.

Et souvenez-vous de ce qui est important… (via @mayada_off sur Instagram)

La newsletter qui vous inspire

Share This

La newsletter qui vous inspire

Vous êtes inscrit•e. Bienvenue chez les Glorieuses et à mercredi prochain !