Liberté, je chante ton nom

« J’aimerais tant savoir ce que cela fait d’être libre. ». Les cordes de Nina Simone se lancent sur les notes de piano à Montreux, en Suisse. Nous sommes en 1976. Elle démarre l’hymne du mouvement pour la reconnaissance des droits civiques des noir·e·s aux États-Unis écrit par Billy Taylor. I wish I knew how it would feel to be free. Sa voix porte, elle nous engage. « J’aimerais tant pouvoir dire toutes les choses que je devrais dire. Les crier, les dire clairement. Pour que tout le monde entende. »

Nina Simone nous parle liberté. Elle nous dit qu’être libre, selon elle, implique de ne pas avoir peur. Ne pas avoir peur de changer sa vision du monde. « Il s’agit de quelque chose qu’il faut ressentir, comme une nouvelle manière de voir quelque chose ». Nina Simone sous-entend la nécessité d’apporter un nouveau regard pour se libérer d’un joug parfois invisible : « J’aimerais partager tout l’amour que j’ai dans mon cœur / enlever tous les barreaux qui nous séparent / J’aimerais que tu saches ce que cela signifie d’être moi / Puis, tu verrais et tu comprendrais / que chaque homme doit être libre ». La clé de la liberté ? La subjectivité.

Sa vision de la liberté peut également se rapprocher de la transcendance : « J’aimerais tant être comme un oiseau dans le ciel. Ce serait si doux de se rendre compte que je peux voler ». L’individu n’est rien, s’il ne fait partie d’un tout. Nina Simone a choisi son combat : les droits civiques des noir·e·s américains. Elle a dédié sa vie, sa voix à un combat plus large que son incommensurable talent. Car elle associe sa liberté à la libération des siens.

Trois ans auparavant, dans une conversation avec Bill Moyers, Maya Angelou – qui fut directrice de l’organisation de Martin Luther King avant d’être poète – définit ce qu’est la quête personnelle du sentiment de liberté. « Vous êtes libre qu’après avoir réalisé que vous n’appartenez nulle part – vous êtes à votre place partout – ou aucun endroit. Le prix est élevé. La récompense est superbe ». Selon la poète, la quête de liberté est un combat personnel, quotidien : « Lutter pour être libre, c’est comme lutter pour être un poète ou un bon chrétien, ou un bon juif, ou un bon musulman ou un bon bouddhiste. Vous y travaillez toute la journée et atteignez un certain niveau de réussite à la tombée de la nuit, allez dormir et vous vous réveillez le lendemain avec un travail à accomplir. Vous recommencez ». Être libre est une manière de vivre. Mais Maya Angelou rappelle que la liberté implique de facto la tolérance et l’acceptation du différence : « Être libre c’est être capable d’accepter les gens pour ce qu’ils ou elles sont ». Chacune a un rôle à jouer. Accepter la différence est un premier pas.

Pour aller plus loin :

Écouter Nina Simone, I wish I knew how it would feel to be free

Lire Maya Angelou, Tant que je serai noire.

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