Quoi qu’en dise Aristote, l’imagination n’est pas la fonction la plus faible de l’esprit. Non Aristote, l’imagination n’est pas un simple messager entre la sensation et la raison !

Mary Wollstonecraft (1759-1797), première philosophe féministe, écrivait à son amant, Gilbert Imlay : “tu n’as pas suffisamment de respect pour l’imagination”. Et d’ajouter : “L’impulsion des sens, des passions (…) et la raison rassemblent les hommes ; mais l’imagination est le véritable feu, volé du paradis pour animer cette froide créature d’argile, (…), rendant les hommes sociaux en ouvrant leurs cœurs”.

L’imagination s’entend comme la faculté de se représenter des images, des dialogues, des idées et comme la capacité à créer des expériences que nous n’avons pas forcément vécues. C’est ce qui nous permet de nous évader lorsque nous en avons besoin. C’est ce qui nous permet de rire quand on nous lance : “mais ce n’est pas possible, cela n’a jamais été fait !”. C’est ce qui rend l’oisiveté si indispensable.

 

L’imagination, nous rappelle Mary Wollstonecraft, est ce qui caractérise les êtres intelligents : “ces émotions, plus ou moins fortes, me semblent être la caractéristique distinctive du génie, le fondement du goût, et de ce goût exquis pour les beautés de la nature, que le troupeau commun des mangeurs, des buveurs et des enfants, ne connaissent pas … Je considère ces esprits comme les plus forts et les plus originaux, dont l’imagination agit comme un stimulant pour leurs sens. »

 

Mais ne confondons pas imagination avec gagne-gain, prévient Ursula K. Le Guin (romancière américaine née en 1929). Dans un monde qui met expériences et créativité sur un piédestal, n’en faisons pas un outil au même titre que la dernière version Word. “L’imagination n’est pas un moyen de gagner de l’argent. Elle n’a pas sa place dans le vocabulaire du profit. Ce n’est pas une arme, même si toutes les armes en découlent, et leur utilisation, ou leur non-utilisation, en dépend, comme pour tous les outils et leurs utilisations. L’imagination est un outil essentiel de l’esprit, une façon fondamentale de penser, un moyen indispensable de devenir et d’être humain.”

 

Un conseil ? Cultivons cette précieuse denrée. Ursula K. Le Guin suggère ainsi d’accompagner les enfants dans l’apprentissage de cet exercice : « les enfants ont dès le départ une imagination, de la même manière qu’elles et ils ont un corps, un intellect, une capacité de langage: des choses essentielles à leur humanité, des choses dont elles et ils ont besoin d’apprendre à utiliser, à bien utiliser. Un tel enseignement, formation et pratique devraient commencer dans la petite enfance et se prolonger tout au long de la vie. Les jeunes êtres humains ont besoin d’exercices d’imagination car elles et ils ont besoin d’exercice dans toutes les compétences basiques de la vie, physiques et mentales : pour la croissance, pour la santé, pour la compétence, pour la joie. Ce besoin se poursuit tant que l’esprit est en vie. » Nous ajouterons que ces exercices nous sont utiles toute notre vie.

Alors, Chères Glorieuses, rêvons, fantasmons, imaginons : la saison est ouverte !

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