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Cette semaine, on écoute (et on regarde) She’s a lady – Lion Babe, une ôde aux singularités.

  Hello les Glowies !

Samedi soir, j’ai mis du rouge à lèvres, mon préféré, le framboise pétant. Ca n’a pas loupé, le relou de la soirée s’approche de moi et dit « ca te va bien mais c’est pas très féministe de se maquiller. ». J’inspire profondément et dis :

Il y a la peau nue et les traits naturels d’Alicia Keys, qui pose désormais sans maquillage,

Il y a les mots de Sara Forestier répondant à Léa Salamé : « je n’aime pas que l’on me force à faire quelque chose, j’écoute mes désirs, je donne ma sensualité à qui je veux »,

Il y a aussi Kylie Jenner, 20 ans, que je suis sur Instagram avec 99,9 millions de personnes, qui a fait de l’artificiel, du maquillage, le fondement de son propre empire. Son pouvoir, il est là : dans l’affirmation de sa personnalité, de sa beauté – botoxée, retouchée, excessive – mais fatale,

Il y a Adèle Labo, qui ne se rase pas et qui a lancé #LesPrincessesOntDesPoils,

Il y a aussi la transgenre Avery Jackson, qui a fait la une du National Geographic en 2017, et qui du haut de ses 9 ans en impose carrément : sa beauté c’est sa singularité. Comme Alicia Keys, Sara Forestier, Kylie Jenner et Adèle Labo, elle est ce qu’elle veut.

Toutes ces femmes sont puissantes parce qu’elles sont singulières, diverses et ne se plient à aucune norme de la beauté.

Je m’arrête là, il est perdu le coco. Je me dis que nous vivons dans une ère où il n’y a plus d’icône de la femme parfaite mais des femmes parfaitement inclassables, singulières. On a longtemps cru que l’apogée de la libération des femmes s’accompagnait d’une libération sexuelle consentie et une objectification voulue et revendiquée. On a longtemps cru que nos icônes de la pop culture, de Beyoncé à Nicki Minaj, en passant par Kim Kardashian et Nabila, renversent radicalement les relations de pouvoir en n’étant plus soumises au regard de l’homme mais conscientes de leurs pouvoirs de sensualité. On a cru que l’empowerment résidait là, dans une injonction consentie à être toujours sexy. Peut-être. Mais c’est avant tout parce qu’elles le font pour elles. L’empowerment, mon pouvoir, réside dans mon choix assumé de me conformer ou pas aux constructions sociales autour des femmes et de la beauté. La manière dont je me présente ne me définit en aucun cas. Ce qui me décrit, c’est ma singularité et c’est mon choix de porter ce soir du rouge à lèvres et mon teint naturel demain. Et ce relou en face de moi, qui a cru pouvoir me faire culpabiliser 3 secondes parce que je ne reflète pas l’image de « la » féministe qu’il a en tête… il est resté coincé au siècle dernier. Comme toutes ces femmes, je refuse de rentrer dans des cases.

J’avoue ne pas lui avoir répondu cela (j’ai réfléchi à tout le lendemain, mais c’est plus claquant de le dire comme ca). Je lui ai lancé 6 syllabes qui voulaient résumer tout ce que je viens de penser, et avec à mes cotés Alicia Keys, Sara Forestier, Kylie Jenner, Beyoncé, Nicki Minaj, Kim Kardashian, Nabila, Avery Jackson : « MAIS REVEILLE TOI MON PAUVRE ». (Puis j’ai ajouté « abonne toi aux Petites Glo’, tu es en featuring cette semaine. »).

Crédits photo : The National Geographic (2017) ; Alicia Keys pour NME (2016)

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