Madame Parfaite n’a jamais existé

“ Etre parfaite jour après jour, année après année, est devenue comme porter toujours un sac à dos rempli de briques sur mon dos. Oh, comment j’avais secrètement envie de poser mon fardeau.” Anna Quindlen, journaliste et auteure américaine, dit tout haut ce que nous pensons tout bas.

Comment en sommes-nous arrivées à rechercher constamment la perfection ? Et surtout, pourquoi cette recherche est-elle un fardeau plus qu’autre chose ?

Rien de bien n’émane de la perfection. Car elle nécessite l’imitation. « […] Cela exige […] que vous lisez le zeitgeist de n’importe où et de n’importe quand, et que vous endossiez les masques nécessaires pour être le ou la meilleur·e selon ce que le zeitgeist dicte ou exige. Ces exigences changent de forme, bien sûr, mais lorsque vous êtes intelligent·e, vous pouvez les lire et faire l’imitation requise. Mais rien d’important, ni significatif, ni beau, ni intéressant, ni grand n’émane d’une imitation. Ce qui est vraiment difficile, et vraiment incroyable, est de renoncer à être parfait·e et de commencer à devenir soi-même. »

Quand on pense perfection, on pense beauté. Et tous les stéréotypes qui vont avec. Blanchité, minceur, … Et ce mythe nous rend non seulement constamment insatisfaite (qui peut affirmer être arrivée à la perfection ?) mais surtout victime d’un système dont nous ne connaissons pas les règles. En d’autres termes, “le mythe de la beauté a été institutionnalisé durant les deux dernières décennies comme lien direct entre les femmes et la vie publique. Il lie l’énergie des femmes à la machine du pouvoir tout en altérant la machine le moins possible pour que ce soit elles qui s’adaptent ; en même temps, il affaiblit l’énergie des femmes jusqu’à son point d’origine. (Naomi Wolf, The Beauty Myth). Comment en sommes-nous arrivées là ? Car les femmes ont été – génération après génération – effacées de l’Histoire. Et sans modèle, nous n’avons que le système en place auquel nous référer. Noami Wolf précise ainsi que “les femmes de la classe moyenne ont été séquestrées du monde, isolées les unes des autres, et leur héritage submergé au cours de chaque génération, elles sont [donc]  plus dépendantes des hommes des modèles culturelles et c’est plus probable qu’elles soient plus influencées par eux.” En somme, “les femmes sont seulement des beautés dans la culture masculine, afin que la culture reste masculine”.

Pour sortir des canons de beauté et, de manière générale, de l’idée de perfection, nous devons nous référer à d’autres modèles ou en créer de nouveaux. Mais comment apprend-on à se déconstruire pour se construire ?

On se reconstruit…

“Mettez de côté les messages que cette culture envoie, à travers sa publicité, son divertissement, son mépris et sa désapprobation, sur la façon dont vous devriez vous comporter.” (Anna Quindlen)

Souvenez-vous d’un temps …

« Pensez à la première ou deuxième année d’école élémentaire, lorsque vous étiez encore trop audacieu·x·se dans votre tête, lorsque vous étiez trop jeunes, trop informes, trop fantastiques pour comprendre que vous deviez être à la hauteur des attentes de celles et ceux qui vous entoure. » Pensez à ce que l’écrivain Catherine Drinker Bowen a écrit une fois, il y a plus d’un demi-siècle : « Beaucoup d’hommes qui savaient qui ils étaient à dix ans, l’oublient complètement entre dix et trente ans ». Beaucoup de femmes aussi.” (Anna Quindlen)

On est bienveillant·e·s…

Accepter l’imperfection chez soi passe par la bienveillance pour celles et ceux qui nous entourent. Nous ne sommes pas parfait·e·s. Les autres non plus.

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