Mais en porter ne fait pas de mal non plus.

« L’apparence n’a rien à voir avec la morale » annonce Chimamanda Ngozi Adichie dans son manifeste pour une éducation féministe « Chère Ijeawele, ». Au contraire. Porter du maquillage ou une jupe courte n’est pas immoral ou outrancier : c’est une question de goût. L’apparence est uniquement une question de goût et d’attirance.

Cela ne veut pas dire que nous devons prendre l’apparence à la légère. Chimamanda Ngozi Adichie n’hésite pas à affirmer que l’eyeliner a son importance dans un entretien pour le New York Times. Considérer le maquillage comme une question frivole est un moyen supplémentaire d’infantiliser les attributs féminins. Parce qu’on ne considère pas le sport comme une question frivole, n’est-ce-pas ? Notre culture occidentale fait des préoccupations féminines des préoccupations futiles tout en érigeant le physique des femmes sur un piédestal.

Cela fait directement écho au Beauty Myth (Le mythe de la beauté) de Naomi Wolf, ouvrage emblématique de la troisième vague du féminisme. L’auteure et activiste énonce tout haut ce qu’on pense toutes tout bas : il existe des standards de beauté auxquels les femmes se sentent obligées de se conformer. Cela paraît surréaliste de devoir se conformer à des critères de beauté définis par les influences de marques sur les médias de masse. Mais ce n’est pas tout ! Cela devient hallucinant quand on voit que cette pression amène les femmes à avoir une préoccupation maladive de leur apparence.

No make up no cry

D’un autre côté, le maquillage n’est pas un instrument politique : porter du rouge à lèvres n’a jamais changé le monde. La chanteuse américaine Alicia Keys avait, par exemple, un rapport complexe au maquillage. Dans sa tribune pour Lenny Letter – newsletter américaine sur le féminisme qu’on vous recommande chaudement – Alicia Keys déclare qu’elle ne portera plus jamais de maquillage. Le choc. Dans une industrie qui glorifie la beauté de ses stars, elle fait figure d’ovni. Elle justifie ce choix par ce malaise à vouloir se conformer à une soi disant perfection établie selon des critères obscures (et c’est là que sa chanson When a Girl Can’t Be Herself prend tout son sens) :

« In the morning from the minute that I wake up  / What if I don’t want to put on all that makeup  / Who says I must conceal what I’m made of  / Maybe all this Maybelline is covering my self-esteem » /

« Quand je me réveille le matin / Et si je n’avais pas envie de me maquiller / Qui prétend que je devrais cacher qui je suis / Peut-être que tout ce que Gemey Maybelline cache, c’est ma confiance en moi » (Traduction de Florence Fortuné)

Un mouvement est créé : le #NoMakeUp. Et pas une minute, Alicia Keys ne regrette son choix : « je ne me suis jamais sentie aussi forte, puissante, libre et belle. » Amen, girl.

 

Acceptons la singularité 

Maquillage, pas maquillage : en somme c’est une question de singularité. Faisons en sorte que le particulier soit beau, que la différence soit saluée et que la diversité devienne la norme. Est-ce-que nous avons vraiment envie de nous conformer à cette femme parfaite aux cheveux raides, à la peau blanche et légèrement rosée qui rentre dans un jean slim comme je rentre dans un Burger King (sans complexe ni regret) ? Je ne crois pas.

Et pour finir en beauté, cette douce phrase de Chimamanda Ngozi Adichie : « La perfection n’existe pas. La singularité est magnifique. »

LA GLORIEUSE DE LA SEMAINE

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