Prendre soin de soi est un acte politique.

Merci, Audre Lorde, de nous le rappeler. Dans l’épilogue de Burst of Lights (1988), l’activiste afro-américaine, Lorde  nous incite à développer le self-care : « prendre soin de soi n’est pas de l’égocentrisme, c’est de l’auto-préservation, et c’est un acte de combat politique”. Et notamment pour les femmes racisées. Celles qui sont invisibilisées. Celles qui sont constamment rappelées qu’elles ne valent rien. Ou moins que les autres. Prendre soin de soi est ainsi un acte de rebellion dans un système qui ne reconnaît pas l’importance et la puissance des femmes. De TOUTES les femmes.

Le self-care – ou le fait de prendre soin de cela – est une activité (ou une inactivité) qui vous fait sentir mieux, dans votre corps ou dans votre esprit (The Guardian). Cela peut être tout et n’importe quoi : écouter de la musique, prendre un jus au soleil, annuler un rendez-vous qui nous fait mal au ventre… Prendre soin de soi ne signifie pas ne pas prendre soin des autres. Mais se respecter soi-même pour respecter les autres.

Prendre soin de soi est ce qui différencie les mouvements politiques féministes d’aujourd’hui. Cette nouvelle vague met sur un piédestal le combat de chacune pour l’auto-indulgence, le respect de soi-même : de ses forces et de ses faiblesses. Prendre soin de soi est l’outil, l’arme qui nous permettra d’atteindre de nos buts : ce n’est pas nous qui le disons mais bien Angela Davis. Le self-care lui a été appris par la nouvelle génération d’activistes. Elle ajoute que c’est probablement ce qui permettra aux mouvements politiques d’atteindre leur but. Rien que cela.

Dessin de Clémentine du Pontavice. 

Si Audre Lorde a popularisé cette pratique, prendre de soin de soi était un acte politique dès la Grèce Antique. Michel Foucault souligne, dans Histoire de la sexualité III, “ le souci de soi, pour Epictète [philosphe grec stoïque], est un privilège-devoir, un don-obligation qui nous assure la liberté en nous astreignant à nous prendre nous-même comme objet de toute notre application”. Et de poursuivre, “on touche là l’un des points les plus importants de cette activité consacrée à soi-même : elle constitue, non pas un exercice de la solitude, mais une véritable pratique sociale. (…) Le souci de soi — ou le soin que l’on prend du souci que les autres doivent avoir d’eux-mêmes — apparaît alors comme une intensification des relations sociales.“

Cette semaine, on fait quelque chose qui nous fait du bien : on décline une proposition qui ne nous convient pas, on s’offre un moment à soi ou à mille… On se respecte. De la même manière que nous respectons les autres.

L’ILLUSTRATION DE LA SEMAINE

Maeril, 23 ans, est illustratrice et vidéaste. Elle est également une activiste féministe intersectionnelle. On la suit sur Instagram 👉 @itsmaeril

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