Faire de sa vie un combat

Des femmes se réveillent avec ce sentiment joyeux que ce jour encore, elles se battront pour mener à bien les causes qui leur sont chères. Elles ne se trouvent ni exceptionnelles – comme le raconte pour sa part Angela Davis dans son autobiographie – ni louables. Emma Watson déclara ainsi dans une interview au magazine américain Esquire, à propos de son engagement pour HeForShe – le programme de l’ONU dédié à l’égalité entre les femmes et les hommes – « je pense juste que je fais ce que je suis censée faire ». Pour notre part, ce sentiment se reflète dans notre volonté de déculpabiliser les femmes et de détricoter les archétypes dans lesquels les femmes ont été confinées.

Dans notre Panthéon, nous rendons hommage aux femmes émancipatrices de leurs peuples : elles ont usé de la parole, du courage et parfois davantage pour faire valoir leurs droits. Les Amazones bien sûr mais également Aung San Suu Kyi, Benazir Bhutto, Malala Yousafzai, Rosa Parks…

LA LECTURE DE LA SEMAINE

Aujourd’hui, nous rendons hommage aux engagements d’Angela Davis. Elle s’est non seulement battue pour les femmes noires mais également pour la paix au Vietnam, pour l’antiracisme, et pour l’abolition de la peine de mort aux Etats-Unis. Contrairement à ce qu’elle affirme dans son autobiographie, Angela Davis est exceptionnelle. A La tête du parti communiste aux Etats-Unis dans les années 60, proche du mouvement Black Panthers, elle n’hésite pas à faire un parallèle entre la situation des femmes et celle des peuples opprimés. Elle met également en lumière que si le féminisme est un mouvement qui doit inclure toutes les femmes, certains enjeux sont spécifiques à certains groupes de femmes. Ainsi, dans les années 60, Angela Davis montre que les femmes blanches sont confrontées aux risques des avortements clandestins tandis que les femmes noires sont victimes de stérilisations forcées.

Lire son autobiographie.

LES QUATRE FOIS où Angela Davis m’a sauvé par KIYEMIS ESSIYE

Kiyémis Essiyé est une afroféministe de 24 ans. Elle est l’auteure du blog influent Les bavardages de Kiyémis. Elle partage avec nous l’influence d’Angela Davis sur son militantisme et ses réflexions.

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La première fois, j’avais 18 ans. Je ne connaissais aucune figure qui se revendiquait à la fois féministe et antiraciste. Ma mère m’a conseillé le livre, “Femmes, Classe et Race” d’Angela Davis avec un avertissement « tu vas être en colère”. Elle avait raison. Grâce à ce livre, la manière dont je réfléchis les oppressions devient plus claire mais dans un même élan, cette colère face à des injustices aussi criantes et historiquement construites sont ravivées.

La deuxième fois, c’est un peu plus tard, à l’université vers 22 ans. J’en ai appris davantage sur son parcours, sur ses différents voyages en Allemagne et en France. J’ai voulu en savoir plus sur l’intersectionnalité (bonjour Kimberlé Crenshaw, bonjour bell hooks, bonjour Patricia Hill Collins). La manière dont elle a à la fois combattu pour les droits civiques mais aussi pour le féminisme au sein même des mouvements antiracistes m’a impressionnée et m’a parlé. Elle était en contradiction avec des mouvements qui étaient centrés autour de leaders et de figures masculines, et je pense qu’en tant que femme Noire, j’avais aussi besoin qu’on parle de cette ambivalence des luttes.

La troisième fois, c’est quand j’ai vu les affiches du film Free Angela dans les métros et vu l’invisibilité des femmes Noires en France, ça m’a donné un coup de peps.

La quatrième fois, c’est quand j’ai su qu’elle était en France et que je l’ai loupée. A ce moment, j’ai été frustrée parce que je savais quel impact elle avait eu dans le Black Feminism et dans mon parcours et c’est toujours important de rencontrer ces figures marquantes. Ca a aussi réveillé mon désir de découvrir quelles militantes noires françaises elle avait pu inspirer dans le passé et aujourd’hui. Angela Davis a été une porte d’entrée vers le Black Feminism. Maintenant, à 24 ans, je découvre les soeurs Nardal, Suzanne Césaire, Lydia Dooh-Bunya, Awa Thiam, et je comprends qu’il existe beaucoup de références françaises et francophones, beaucoup de modèles plus proches géographiquement de moi dont je peux m’inspirer.

GLORIO LE MASCULIN QUI VOUS RESSEMBLE

LA GLORIEUSE DE LA SEMAINE

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