Quel est l’outil le plus robuste, le plus puissant, le plus funeste de la société patriarcale ?

Ce n’est pas la « force ».

Ce n’est pas non plus l’argent.

Et encore moins le pouvoir.

Ce qui conforte les femmes dans leur position est leur voix intérieure. Une voix qui s’est façonnée, année après année, à coup de remarques, d’avis, de demandes et de « conseils ». « N’écarte pas les jambes », « tiens toi droite », « tes cheveux seraient mieux lisses, non ? », « ohh, qu’elle est jolieee », … Si les paroles s’envolent, les mots restent.

 

Bonne nouvelle.

 

Ce qui nous tient dans une position dominée est également ce qui va nous libérer. Cette voix qui, chaque matin, nous dira « Rêve. Rien ne peut diminuer la lumière qui brille de l’intérieur » (merci Maya Angelou) et non plus « ouh là t’as besoin de vacances ma grande ».

Ecouter cette voix intérieure est libératoire car cela valorise notre intuition. C’est la conteuse et psychanalyste américaine Clarissa Pinkola Estés qui nous le préconise : « Ecoutez votre intuition, votre voix intérieure ; posez des questions, soyez curieuse, regardez ce que vous voyez, et agissez en connaissance de cause. Notre âme a reçu ces dons intuitifs à la naissance. » (Femmes qui courent avec les loups, Histoires Et Mythes De L’Archétype De La Femme Sauvage).

Et ne pas écouter son instinct, c’est se soumettre à ce qu’on attend de nous. Et on ne peut pas dire que cela ait fonctionné pour les femmes jusqu’à présent, n’est-ce-pas ? « Lorsqu’une femme n’écoute plus les instincts qui lui disent de dire « oui » ou « non », lorsqu’elle abandonne son intuition, sa perspicacité et autres traits sauvages, elle se retrouve dans des situations qui lui promettent de l’or et ne produisent que du chagrin. Elle va renoncer à son art pour un mariage d’argent ou bien elle va abandonner le rêve de sa vie. »

Pinkola Estés choisit un exemple parmi d’autres. Mais elle souligne un point fondamental qu’on retrouve chez beaucoup de femmes. Elles sont sensibles. « La plupart des femmes sont sensibles, comme le sable est sensible à la vague, comme les arbres sont sensibles à la qualité de l’air, comme un loup entend un autre animal pénétrer sur son territoire à plus d’un kilomètre à la ronde. Elles ont le don extraordinaire de voir, d’entendre, de sentir, recevoir, transmettre des idées, des images, des sentiments à la vitesse de l’éclair, de deviner la moindre variation de caractère chez une autre personne, de lire sur les visages et sur les corps – on appelle cela l’intuition – et souvent, à partir de minuscules indices, elles savent ce que les gens ont en tête. Pour pouvoir exercer ces dons sauvages, elles restent ouvertes à tout. »

Chères Glorieuses, et si nous essayions d’écouter notre voix intérieure ? Celle qui nous dit de créer, de donner, de transmettre et celle aussi qui nous dit de rester au lit, de prendre du recul. Car cette voix est notre meilleur atout pour faire de notre vie exactement ce qu’on en attend.

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