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Les Glorieuses est une newsletter hebdomadaire féministe qui souffle cette semaine ses 4 bougies Si vous voulez connaître la genèse de la newsletter féministe, Rebecca Amsellem le raconte
dans le livre « Les Glorieuses, Chroniques d’une féministe« . *** A l’aube de mes 31 ans, je suis arrivée à la conclusion que j’excelle en deux choses. Tout d’abord, je sais mettre la quantité d’ail parfaitement appropriée dans mes recettes – certain·e·s trouveront peut-être que c’est « beaucoup trop, ouh là, tu n’aurais pas confondu ‘gousse d’ail’ et ‘tête d’ail’ ? » mais je vous assure que c’est la quantité parfaite. Puis, j’ose affirmer que je sais parfaitement performer la culture de l’excellence, à mon grand damn. La culture de l’excellence, ce sont les bouchées les plus équilibrées de Barbra Streisand dans le film Leçons de séduction. L’actrice tourne systématiquement son assiette dans le sens des aiguilles d’une montre, puis charge sa fourchette de chaque élément qui s’y trouve pour créer la bouchée la plus harmonieuse qui soit. Jusqu’à la fin du plat. La culture de l’excellence, c’est ce sentiment qui nous fait croire qu’on pourrait toujours en faire davantage, qu’on pourrait être encore plus exigeant·e envers nous-même, en allant toujours un peu plus loin. C’est ce qui m’a poussé sans doute, le lendemain d’une soutenance de thèse qui m’avait coûté mon poids de forme, à regarder les conditions d’entrée à l’Ecole Nationale d’Administration. Aller toujours plus loin, être toujours meilleure. La culture de l’excellence est celle de l’ « overchievement » – adopter un comportement qui consiste à se surpasser en permanence et n’être jamais satisfait·e de ce qu’on accomplit. Elle diffère du perfectionnisme en ce sens que celui-ci consiste à développer un comportement pour atteindre une perfection qui, selon son sujet, existerait. La culture de l’excellence n’a pas pour objectif d’être parfait·e mais de mettre tout en œuvre pour être et devenir la meilleure version de soi-même. En somme, la culture de l’excellence est le syndrome de la bonne élève qui a grandi. Là où la bonne élève voulait parfaitement suivre les règles, celle qui a grandi se retrouve dans une société où les principales règles qui régissent les rapports humains ne sont ni transmises ni écrites. S’en suit alors une stratégie du « tout azimut ». Être excellente partout, à s’en épuiser. Ca ne vient pas de nulle part. Loin de moi l’idée de rejeter la faute sur les parents, mais une des raisons peut être l’éducation des « Parents Tigres ». Concept théorisé par l’universitaire américaine Amy Chua dans son autobiographie Battle Hymn of the Tiger Mother, il fait référence au mode d’éducation strict des parents venant d’Asie de l’est, du sud et du sud-est. Grace Ly, autrice du roman Jeune fille modèle, le mentionne au micro du podcast La Poudre. L’écrivaine parle de sa mère, « elle nous a poussé vers l’excellence, elle nous a inscrit à foultitude d’activités périscolaires toujours en précisant bien que ce n’était pas un métier, que c’était juste pour le ‘fun’ ». Je pense que ce concept s’applique à beaucoup de parents immigrés, qui, comme la mère de Grace Ly, font partie d’une génération sacrifiée. « Elle est résignée à être une génération sacrifiée et elle vit tout par procuration à travers ses enfants. » De mon côté, c’étaient des cours de patinage artistique, couture, sculpture, danse classique puis danse contemporaine, dessin, céramique, anglais, conte (il ne peut pas s’inventer celui-là…) et piano, évidemment. J’en oublie sûrement. C’étaient des remarques aussi qui ne partiront jamais vraiment de mon esprit, « fais ce que tu veux mais sois la meilleure ». Nous pouvons aller plus loin dans la réflexion et imaginer que ce sont des parents qui ont voulu préparer leurs filles à un monde où elles devront toujours en faire davantage pour compenser le manque de privilèges. Cette culture de l’excellence a ses effets positifs, maîtriser la quantité d’ail dans une recette de tchatchouka en est une. Mais elle épuise quand on l’applique à tous les aspects de sa vie. Cela me fait penser à cet excellent article de Teen Vogue paru à l’aube de l’été 2019, qui répertoriait les meilleurs conseils de thérapeutes, fondés sur l’expérience de 50 personnes différentes. « Si vous voulez un 10, vous devez travailler comme un 10. C’est bien si vous le faites dans une situation donnée, mais vous voulez être un 10 dans tous les domaines, la réalité est telle que vous ne pouvez pas le faire. Demandez-vous à quel point vous êtes disposé·e à donner et à quel point est-ce que c’est sain pour vous de donner autant. » Si vous avez pour ambition d’être excellente dans une discipline – savoir mettre la quantité d’ail parfaite dans une recette par exemple – soyez-le. Ne vous limitez pas dans la recherche de cette excellence. Lisez dix biographies d’Anthony Bourdain, quinze de Nora Ephron, vingt de Julia Child, testez 100 recettes avec des quantités d’ail différentes, goûter toutes les sortes d’ail au monde s’il le faut. Mais cantonnez-vous à une discipline. Et appliquez cette même discipline à ne pas donner autant de votre personne dans tout ce que vous entreprenez. Vous n’en serez que plus excellent·e. ![]() 1/ « Pour s’en sortir, à mes yeux, il faut comprendre ce que l’expérience de la vie veut nous faire entendre, et puis rechercher nos forces intérieures, cette estime de soi », Nathalie Vincent, animatrice TV et actrice. Pendant tout octobre Rose, découvrez les témoignages de femmes ayant été touchées de près ou de loin par le cancer du sein (information partenaire ). 3/ L’ouverture de la PMA pour toutes les femmes a été approuvée par l’Assemblée Nationale. Cependant, les députés en refusent l’accès aux personnes trans. 4/ Avortement : Comment le Brexit rend la vie impossible aux femmes qui avortent. 5/ Le record du monde de la nageuse Sarah Thomas est passé totalement inaperçu. 6/ L’Etat d’Oaxaca devient le second état mexicain à dépénaliser l’avortement. 7/ « Perdre Twitter, c’est perdre son travail » : les travailleuses du sexe s’inquiètent d’une vague de censure. 8/ Recalée par Nike après être tombée enceinte, Allyson Felix vient de dépasser Usain Bolt en remportant une 12ème médaille d’Or. 9/ Contraception : En France, plus de 28 000 avortements ont lieu chez des filles de moins de 18 ans. 10/ C’est le temple du jazz à Paris. Depuis 32 ans, le New Morning accueille les plus grands artistes internationaux. Derrière cette réussite, une femme : Eglal Farhi ![]() Ce soir, mercredi 2 octobre, Les Glorieuses lilloises sont invitées à passer la soirée avec la grande Géraldine Dormoy, autrice du blog café mode et du livre « Un cancer, pas si grave » – échanges, cocktail et surprises de 19h à 22h30 à la boutique Rougegorge, rue Neuve, à Lille. Invitation réservée aux 5 premières qui se manifestent ! Les Glorieuses recrutent deux stagiaires. Vous souhaitez développer vos compétences au sein d’un média résolument féministe ? Ce stage est peut-être fait pour vous. La Résidence Créatis, où nous avons glorieusement débarqué à la rentrée. Vous n’avez rien de prévu le 8 octobre ? Nous serons à la seconde édition du festival « Médias en Seine », qui est entièrement dédié aux nouveaux médias (comme nous !). Au programme : une journée de débats autour de l’innovation éditoriale. Pour vous inscrire et potentiellement venir nous rencontrer, foncez par ici. Du mardi 24 septembre au 07 octobre, c’est au 59 Rue Rivoli que se tient le festival « Sortir de l’hétérosexualité », organisé par Des Sexes Et Des « Femmes ». Conférences, ateliers et expos : la programmation est top. UN MESSAGE DE NOTRE PARTENAIRE : ROUGEGORGE S’ENGAGE TOUTES CONCERNÉES. Le cancer du sein touche plus de 50 000 nouvelles personnes par an. Une femme sur huit sera concernée au cours de sa vie. De près ou de loin, nous connaissons toutes une sœur, une mère, une collègue, une amie qui fait face à cette maladie. NOTRE CONTRIBUTION. Depuis plus de 10 ans, RougeGorge s’engage dans la lutte contre le cancer du sein en soutenant plusieurs associations (Vivre comme Avant ; Cancer du Sein, Parlons-en ; Mes amis, mes amours, et l’association des Nanas). En 2016, nous avons choisi de mettre leur expertise au service des femmes touchées par le cancer du sein en développant notre première collection adaptée. NOTRE COLLECTION. Co-créée avec et par des femmes ayant subi une mastectomie totale ou partielle, la collection propose des produits confortables et respectueux des peaux fragiles. Ils offrent un maintien parfait et une couvrance adaptée, pour que toutes les femmes se sentent belles au naturel et à l’aise avec leur silhouette. Nous avons mis notre savoir-faire corsetier et tout notre cœur à la conception de cette collection. Afin de permettre aux femmes touchées par un cancer du sein de garder ou de retrouver le plaisir de porter de la belle lingerie. |












