Que nous enseignent neuf éditions de sensibilisation à l’égalité salariale ?
- Qu’il se trouve toujours quelqu’un pour dire « les inégalités salariales n’existent pas, c’est dans votre tête. Et puis si elles existent, c’est la conséquence du choix – éclairé – des femmes. »
- Que les solutions existent pour y remédier et qu’il suffit d’un peu de volonté.
- Et, finalement, que ces solutions ne sont pas si nombreuses.
Commençons par une victoire
Dans la mesure où ce qui ne se voit pas a tendance à ne pas exister aux yeux de tous et toutes, nous revendiquons depuis des années la nécessité d’une transparence salariale. Les choses avancent : unedirective européenne (vive l’Europe !) impose aux États membres d’appliquer cette obligation d’ici juin 2026. Concrètement, cela signifie que les entreprises de plus de 50 salariés doivent garantir la transparence salariale dès le recrutement en indiquant le salaire – ou une fourchette – dans les offres d’emploi. Après l’embauche, cette transparence doit également s’appliquer en communiquant notamment les critères de fixation, de niveau et de progression des salaires. Des amendes sont prévues en cas de non-respect de ces obligations.
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Et nous ne nous arrêtons évidemment pas à cette première victoire
L’année dernière, nous avons produit un rapport mettant en lumière les politiques publiques qui avaient, un peu partout dans le monde, fait leurs preuves. Un congé parental partagé comme en Suède, et bien indemnisé comme en Espagne, une reclassification des métiers pour augmenter le salaire des métiers féminisés comme en Nouvelle-Zélande… Et c’est en s’appuyant sur ces exemples concrets, que nous relançons une pétition pour que des mesures ambitieuses soient adoptées pour endiguer les inégalités. En 2025, nous appelons à soutenir trois leviers concrets pour transformer la parole en action.
1. Appliquer le principe d’éga-conditionnalité Les entreprises qui bénéficient de l’argent public doivent prouver qu’elles respectent l’égalité salariale. Conditionner les marchés publics, subventions et avantages fiscaux au respect de l’égalité salariale permettrait de garantir que les fonds publics ne creusent plus les inégalités. C’est une mesure qui ne coûte rien à l’Etat.
2. Revaloriser les métiers à prédominance féminine En France, environ 87 % du personnel infirmier sont des femmes, avec un salaire brut moyen d’environ 2 500 € par mois. À l’inverse, 72 % des policiers sont des hommes, et leur salaire brut moyen s’élève à environ 3 300 € par mois. Les professions où les femmes sont très largement majoritaires, comme le corps infirmier, le corps enseignant ou encore les sages-femmes sont essentielles pour notre cohésion sociale, et sont aussi parmi les moins bien rémunérées. Nous demandons une classification des métiers en fonction de leur pénibilité, dangerosité et niveau d’expertise requis afin de procéder à une réévaluation des grilles salariales et des formations dans les secteurs du soin, de l’éducation et de la logistique.
3. Instaurer un congé parental équivalent pour les deux parents, obligatoire et bien indemnisé – en cas de monoparentalité, la personne pourra cumuler les deux congés si elle le souhaite. Inspiré du modèle suédois et espagnol, le congé parental équivalent permettrait de corriger le deséquilibre des tâches domestiques et parentales qui s’installe dès la naissance de l’enfant. La Prix Nobel d’économie Claudia Goldin l’a démontré : l’écart de salaire se creuse dès le premier enfant et ne se résorbe jamais. Un congé parental égalitaire est un levier essentiel pour lutter contre les stéréotypes et favoriser une réelle égalité professionnelle.
Pour signer la pétition – rdv ici https://lesglorieuses.fr/10novembre11h31/
