Le silence est intimement différent de l’absence de bruit mais les deux ont à voir avec le patriarcat. Jennifer Tamas est chercheuse, elle enseigne la littérature française de l’Ancien Régime aux États-Unis à Rutgers University. Dans Peut-on encore être galant ? (Seuil, Libellé), elle parle d’un héritage manqué : celui de la galanterie. Aujourd’hui synonyme de « liberté d’importuner », la galanterie était avant tout une révolution en acte : les femmes sont passées d’objet dont le consentement n’était pas un sujet à des êtres parlants, des êtres dont la conversation a révolutionné les rapports entre les sexes. L’ouvrage est une plongée dans l’histoire de la conversation entre les sexes, il ne coûte que 4,90 euros, et fera un cadeau parfait pour chaque membre de votre famille qui vous a un jour pris entre quatre yeux pour vous dire que, à cause des féministes, on ne peut plus draguer. 

Rebecca Amsellem Votre essai est la preuve que la conversation entre les sexes, pour reprendre l’expression de la philosophe Manon Garcia, n’a pas commencé hier ni avant-hier.  Vous vous êtes intéressée aux « archives du consentement » dans la littérature française. Quand est-ce qu’on peut trouver pour la première fois les traces d’une conversation dans les textes que vous avez étudiés ? Est-ce avec Madeleine de Scudéry ?

Jennifer Tamas C’est intéressant de mentionner le travail de Manon Garcia car, lorsque je l’avais invitée pour présenter la conversation des sexes, je lui avais demandé pourquoi elle n’avait pas pris en compte Madeleine de Scudéry dans son archéologie de la conversation et du consentement. Elle m’avait avoué très honnêtement qu’elle n’avait jamais travaillé cette autrice, qu’elle ne la connaissait pas et qu’elle ne voyait pas pourquoi ça pouvait être éclairant de remonter au xviie siècle pour penser la question du consentement. En réalité, les conversations hommes-femmes ont toujours existé dans la littérature, sauf qu’elles étaient souvent représentées, pensées, écrites par des hommes qui faisaient parler des femmes avec cette idée de ventriloquie, c’est-à-dire qu’ils étaient les ventriloques du désir des femmes. Bien sûr, il y a des femmes qui parlent des femmes depuis l’Antiquité.
Madeleine de Scudéry, elle, reprend des conversations qui ont effectivement eu lieu dans des salons. Elle va mettre en scène dans ses romans des conversations réelles qui se sont tenues entre les hommes et les femmes en public et restituer des questionnements qui tiennent à la casuistique amoureuse, à la question du mariage, à la question des enfants, à la question du vivre ensemble, à la question du deuil, de la douleur, etc. C’est pour ça que Scudéry m’a beaucoup intéressée, mais je ne dirais pas que c’est la première, il y en a eu d’autres avant. 

Rebecca Amsellem Madeleine de Scudéry, femme de lettres du xviie siècle, morte à presque cent ans, a révolutionné l’amour. Vous écrivez : « À travers tous ses romans qui furent des best-sellers, Scudéry a modelé une école de galanterie où les femmes initient les conversations et proposent aux hommes les moyens de vivre autrement. » Comment Scudéry définit-elle la galanterie ?

Jennifer Tamas Scudéry ne définit pas la galanterie, elle est définie ensuite avec le dictionnaire de Furetière, puis de l’Académie française, etc. Les romans, entre autres, de Scudéry, montrent la galerie comme quelque chose en acte. Le modèle de la femme galante pour Scudéry est une jeune femme particulièrement douée et exceptionnelle par rapport à toutes les autres femmes, quant à sa sagesse, quant à ses aptitudes, ses capacités, sa douceur, son art de vivre, son art de choisir ses amis, sa façon de parler. C’est une femme qui aime, qui est aimée, mais qui refuse le mariage. Elle refuse le mariage parce qu’elle le définit comme un esclavage et elle préfère, au contraire, aimer dans une forme d’utopie où il n’est même pas question des relations charnelles, encore moins d’enfantement et de bébé. Mais par contre, elle imagine un vivre ensemble qui fait d’elle, je cite ce que je dirais, « la femme la plus galante ». Toute cette conception de la femme galante et de la galanterie et de l’air galant fait un contrepoint essentiel par rapport à la vision réduite qu’on a de la galanterie, je parle ici d’héritage manqué.

© Bénédicte Roscot

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Rebecca Amsellem La galanterie est une révolution de l’amour et le salon de Scudéry est le lieu où elle se fomente. « La réflexion prit le pas sur le débordement passionnel grâce à une intellectualisation de l’émotion. Les femmes ne voulurent plus “subir” mais “comprendre” : la tendresse s’oppose-t-elle à l’amour ? Peut-on s’éprendre d’un portrait ? Que penser du coup de foudre ? Le mariage est-il nécessairement un asservissement ? » Vous écrivez : « La galanterie fut une rupture au sens où elle permit aux femmes qui purent s’en emparer de cesser d’être de purs objets de désir pour devenir des sujets aimants et aimés. » Est-ce que sur le moment ce mouvement a changé concrètement la vie des femmes et leur perception de l’amour ?

Jennifer Tamas Au xviie siècle, il y a des traités de civilité, de bonne manière, de théâtre, etc, qui imposent aux femmes le silence et la bienséance et les convenances. L’influence est fondamentale : avec la diffusion des œuvres de Scudéry, avec la construction des salons, avec cette fluidité qui permet une circulation des idées. Au xviie, le mariage, c’est l’occasion pour les femmes de passer de la maison du père à la maison du mari sans leur consentement, sans qu’elles puissent avoir aucune sorte de décision ou de pouvoir de décision dans cet acte. Le mariage est une question existentielle au sens où ça va déterminer leur existence. La galanterie permet d’imaginer d’autres façons de vivre en dehors du mariage, non pas l’adultère telle qu’il a pu être chanté dans l’Amour Courtois, le roman de Tristan et Iseut mais une sociabilité, une façon de sortir d’une assignation au silence et à la domesticité. La galanterie permet aux femmes de développer des amitiés, des liens, des rapports avec les hommes et de déplier des questions aussi importantes que le consentement sexuel, la nuit de noces, l’obligation de ce qui est réservé aux jeunes femmes. La galanterie est comme une boîte à outils qui permet de poser des questionnements et d’y répondre de façon nouvelle.

Rebecca Amsellem Vous avez écrit une de vos deux thèses sur la déclaration d’amour. Est-ce que l’amour change avec l’évolution du poids des mots lorsqu’on se décide à briser le silence ?

Jennifer Tamas Au xviie siècle, il y a une sorte de tournant dans la mesure où il est prescrit aux femmes le silence – le traité de l’abbé d’Aubignac par exemple, La Pratique du théâtre, donne des conseils aux dramaturges pour écrire des bonnes pièces de théâtre. Il y dit que les femmes doivent être pudiques, qu’elles ne doivent pas parler d’amour et que s’il y a une déclaration d’amour, c’est toujours à l’homme de la faire. Sauf que justement, avec la percée des femmes à la cour, leur influence dans le goût littéraire, leur capacité à écrire et à avoir une présence de plus en plus importante sur la scène littéraire, des dramaturges comme Racine vont donner aux femmes des rôles prépondérants, y compris pour dire leur amour dans toute leur vigueur, leur splendeur et leur violence. Racine va donner à Phèdre ou à Roxane dans Bajazet, des propos qui montrent le désir amoureux des femmes, qui montrent leur soif d’amour et de reconnaissance, qui osent franchir le seuil du silence pour dire tout ce qu’elles ont en elles, quitte à tout détruire sur leur passage. Chez Racine, elles ne sont pas juste des pauvres êtres fragiles, elles ont une vigueur, une force, une façon de s’affirmer : J’aime, donc je suis. C’est une sorte de cogito cartésien, J’affirme mon amour veut dire : J’affirme mon existence. L’autre tendance est la tendance qu’on a dite précieuse, à savoir se soustraire du jeu amoureux pour intellectualiser la passion et refuser d’être un objet d’amour. C’est-à-dire refuser, pour le dire vulgairement, d’être dragué et plutôt essayer de décortiquer ce qu’il y a derrière la passion. C’est ça qui change, c’est que les femmes prennent une part intellectuelle, mais aussi littéraire, dans la représentation du sentiment amoureux, en s’introduisant comme des philosophes du lien amoureux comme Louise Labbé, comme Christine de Pizan…

Rebecca Amsellem  Vous écrivez : « Face aux guerres de religion, aux combats monstrueux et aux comportements bestiaux, la société d’Ancien Régime esquissa les contours d’un homme nouveau » et puis « La galanterie est née de cette volonté de pacification, l’étymologie du mot renvoyant au jeu et à l’agrément. Émanant des salons et modelée par la littérature, la peinture et la musique, cette pratique visa un idéal d’honnêteté et de respect ». La galanterie, telle que définie par Scudéry, contribue à définir les contours d’une nouvelle masculinité. En quoi y est-elle arrivée ? De quelle manière y a-t-elle échoué ?

Jennifer Tamas Madeleine de Scudéry a inventé la notion de tendresse et d’homme tendre. Dans la carte de tendre, elle imagine comment les hommes et les femmes peuvent naviguer sur les sentiments qui oscillent entre différents types d’amitiés. Aujourd’hui, on parlerait d’amitié amoureuse, mais c’est plus complexe. Ça commence par une nouvelle amitié et ça peut prendre toutes les formes possibles pour déboucher jusqu’à la mer dangereuse qu’elle ne franchit pas. Et après la mer dangereuse, il y a les terres inconnues, c’est-à-dire la passion, etc. Mais elle, ce qui l’intéresse, c’est tout ce qui peut concerner les différentes formes de liens humains, hommes-femmes, en mixité, mais pas seulement en mixité, c’est-à-dire aussi femmes-femmes et hommes-hommes, nouvelles amitiés et mer dangereuse.
Dans Clélie, elle imagine l’alpha male, le prince de Numidie, la virilité outrée. Et à l’autre bout du spectre, il y a Aronce, mélancolique, tendre, qui est prêt à ne pas parler d’amour pour ne pas offusquer Clélie, mais qui va lui laisser entendre qu’il a des égards pour elle. Il est plus discret, plus fidèle aussi, plus délicat. Elle dresse plusieurs types d’hommes, donc plusieurs types de héros. Cette nouvelle palette qui montre qu’il n’y a pas un féminin ni un masculin, mais au contraire plusieurs couleurs chez l’homme, chez la femme, va bouleverser la littérature parce que ça va sortir des caricatures. Racine va s’en inspirer dans son théâtre. Au théâtre racinien, il y a des hommes très virils, des grands seigneurs, des rois, des empereurs inflexibles, tyranniques, sanguinaires, qui représentent un peu cette virilité ancienne et passée et coexistent des jeunes hommes beaucoup plus délicats, beaucoup plus sensibles, qui s’interrogent. Par exemple, Hippolyte, quand il est amoureux d’Aricie, il lui dit : « Songez, madame, que je vous parle une langue étrangère. » Parce que c’est la première fois qu’il va utiliser des mots et qu’il n’est pas sûr de savoir comment parler.

D’un côté, elle a gagné quelque chose puisqu’elle a modifié le paysage littéraire. Sauf que cet héritage n’est pas forcément visible. D’un autre côté, en son temps, son influence est tellement visible qu’elle énerve ses contemporains. Boileau la déteste par exemple. Il dit qu’à cause d’elle, les héros de roman ne sont plus du tout ce qu’ils étaient avant. On va se moquer d’elle en la traitant de précieuse ridicule, comme Molière. C’est un héritage manqué.

Rebecca Amsellem Vous écrivez : « Si l’injonction de “réinventer l’amour” n’a jamais été aussi pressante, elle passe par un retour sur les arts d’aimer et une redéfinition de la masculinité. » On voit dans la galanterie le début de l’homme tel qu’on le connaît aujourd’hui : bien sous tout rapport dans l’espace public lorsqu’il est en représentation auprès de ses pairs et quelqu’un qui peut se soumettre à la violence dans l’espace privé ou qu’il se croit seul.

Jennifer Tamas Le xviie siècle nous montre un changement de paradigme : on rejette la virilité type « droit de cuissage » pour un autre type de masculinité qui a beaucoup plus d’égard, de considération. Sauf qu’en fait, on peut être bien sous tout rapport en apparence dans les salons et être un véritable tyran domestique. C’est ce que dénonce par exemple Marivaux, plus tard, au xviie siècle dans Les Jeux de l’amour et du hasard. On voit aujourd’hui avec l’affaire Pelicot – Qui épouse-t-on ? Comment est-on sûr de ne pas se tromper sur les apparences ? Et qu’est-ce qui fait que quelqu’un qui paraît bien, finalement, dans l’intimité, va être aussi quelqu’un de fiable ?

Rebecca Amsellem Les premiers mots de votre ouvrage semblent résumer le désarroi des personnes devant le rapport galant entre les sexes. « Il était une fois un pays où l’on se conduisait galamment. Les hommes tenaient la porte aux jeunes femmes qui acceptaient de bonne grâce les invitations à dîner sans que rien ne ternît le plaisir de converser. En ce temps béni, l’homme proposait et la femme disposait, jusqu’au jour où la révolution sexuelle puis les “néoféministes” ont transformé les sentiments amoureux en civilisation contractuelle : on ne pourrait aujourd’hui plus rien dire, plus rien faire. Ni se draguer, ni même faire un compliment. » Je ne crois pas qu’il existe une féministe qui n’ait pas entendu la remarque, en substance « je/on/eux n’ose plus même draguer / parler à / échanger avec une femme ces dernières années. Qu’aurait répondu Madeleine de Scudéry ?

Jennifer Tamas Elle aurait dit, si vous voulez me parler d’amour et de me draguer, ça ne m’intéresse pas. Parlez-moi d’autre chose ou alors essayons de creuser. Qu’est-ce que vous voulez dire ? Pourquoi croyez- vous que je vous plais ? Qu’y a-t-il derrière ? Et avec ces questions, c’est essayer de dégonfler le sentiment amoureux, montrer le creux. Bien sûr que les attirances existent, mais elle ne s’arrêterait pas à cette attirance, elle élèverait le débat.

Rebecca Amsellem Vous avez dit sur France Culture que le coup de foudre n’existait pas dans la galanterie de Madeleine de Scudéry. Car le coup de foudre « élabore une distinction claire entre plaire et aimer ». Et que l’amour est une chose trop grave pour être prise en somme à la légère.

Jennifer Tamas Scudéry va laisser la place à plusieurs personnages. Chacun a le droit de dire ce qu’il pense. Certains peuvent dire qu’ils croient au coup de foudre, d’autres, au contraire, que c’est superficiel. Ce que je trouve admirable chez Scudéry est qu’elle n’est pas dogmatique. Elle laisse les pensées circuler, les points de vue se former. Ensuite, elle a une réflexion sur le mariage qui ne peut se construire sans une longue fréquentation. Comment justifie-t-on le mariage immédiat entre deux gens qui ne se connaissent pas ? Par l’existence du coup de foudre. Or, si le coup de foudre n’existe pas, ça rend aussi problématique le fait qu’on marie des jeunes gens qui ne se connaissent pas. C’est une question qui a beaucoup de profondeur de champ par rapport aux pratiques du mariage à l’époque.

Rebecca Amsellem Vous concluez en disant : « Pour qu’une nouvelle civilité voie le jour et que cessent les faux débats, régime d’égards, plaisir conversationnel et avis éclairés doivent être repensés. Véritables antidotes à la haine des réseaux sociaux, à la désinformation comme au manque de nuances, ils pourraient nourrir une curiosité de l’autre et retisser les liens humains dans leur complexité. » Ce n’est donc pas que l’amour et les rapports entre les sexes qui peuvent bénéficier de la galanterie mais toute la société.

Jennifer Tamas La galanterie est présentée comme mode de vie, et non plus comme discours amoureux. La galanterie est une façon de concevoir les échanges conversationnels. C’est-à-dire que même si aujourd’hui, en France, dans une démocratie, on a l’impression qu’on est tous des égaux, la réalité fait que ce n’est pas le cas.
À ce sujet, Catherine McKinnon dit qu’il ne peut y avoir de consentement entre deux individus parce qu’en réalité, il y aura forcément un des deux individus qui, à cause de son genre, à cause de sa classe, à cause de son sexe, etc., aura plus de privilèges ou plus d’autorité ou plus de pouvoir symbolique ou d’emprise sur l’autre. Pour Catherine McKinnon, le consentement est une illusion.
Ce que permet l’échange galant tel qu’il était pratiqué au xviie siècle est d’imaginer de l’égalité là où il n’y a pas d’égalité. À partir du moment où nous ne sommes pas égaux, on peut toutefois, par un dialogue qui s’intéresse à la réciprocité, qui s’intéresse à l’autre, qui favorise l’écoute, qui favorise un régime d’égard, qui favorise des temps de paroles réciproques et égaux, on peut imaginer une façon de rendre fictive cette égalité.
Par exemple, la façon dont je discute avec mes enfants, ce n’est pas du tout la façon dont mes parents discutaient avec moi quand j’étais jeune. Là où il peut y avoir des questions inquisitrices du type « Qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce que tu as mangé ? Qu’est-ce que tu as appris ? », on peut mimer une forme d’égalité en essayant de converser, « Tiens, ce soir, je vais cuisiner des patates. J’espère que tu n’as pas eu ça à la cantine ». Et donc l’autre va répondre : « Non, j’ai eu ça, etc. » Au lieu de converser en mettant en pratique la supériorité de l’un et l’infériorité de l’autre, on peut favoriser les échanges qui permettent une meilleure écoute, de faire circuler les idées, de mieux fonctionner ensemble (cela fonctionne aussi au travail). C’est sûr que lorsqu’on n’a jamais de temps, on ne peut pas favoriser ce type d’échanges. Et évidemment, il faut transposer ça dans l’intimité et le sexe et questionner la façon dont on se conduit dans la chambre à coucher, comment on échange, comment on converse. Et là, je rejoins tout à fait les considérations de Manon Garcia sur ce sujet.

Rebecca Amsellem La dernière question, c’est sur la question de l’utopie. Vous vous réveillez un jour et quelque chose autour de vous, dans ce que vous ressentez, vous permet de savoir que nous vivons dans cette utopie féministe, cette société où il y a une parfaite égalité entre les femmes et les hommes. Quel serait ce détail ?

Jennifer Tamas Ce serait l’absence de bruit. J’ai l’impression que nous sommes dans un monde où il y a certaines personnes qui occupent l’espace sonore pour attirer l’attention sur eux. On n’a pas besoin de crier pour se faire entendre, on n’a pas besoin de crier pour faire changer d’avis. L’égalité, c’est essayer de construire des dialogues avec un sens de la nuance, d’écoute.

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