En une semaine, Flowers de Miley Cyrus est devenu le titre le plus téléchargé depuis l’existence de Spotify. Depuis votre première écoute, vous avez comme un doute. Un air de « j’ai déjà entendu ça quelque part, tu peux Shazamer pour voir ? » Normal, la chanteuse a emprunté ses paroles au morceau « When I was your men » de Bruno Mars (sorti en 2012) dont elle a plus ou moins réécrit le texte en l’adaptant à son contexte personnel.

Si dans sa version Bruno Mars se blâme « I should have bought you flowers« (« J’aurai dû t’acheter des fleurs »), Miley lance, audacieuse : « I can buy myself flowers (…) and I can hold my own hands » (« Je peux m’acheter des fleurs et tenir ma propre main »). Bim.

Miley Cyrus propose une jouissive hymne à l’indépendance. Le message est lumineux : elle EST son meilleur binôme.

Oui, mais.

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Pourquoi une artiste en robe mordorée trouve-t-elle fabuleux d’aller « danser avec elle-même » les bras en l’air, quand la simple idée de passer un moment en notre propre compagnie semble pesante ?

La première explication semble évidente : sous sommes toutes le noyau d’une grande toile de connexions : notre famille, nos amis, notre école. Grâce aux réseaux, personne n’est plus jamais loin. Quand les discussions s’arrêtent, l’ambiance est comme suspendue, tout à coup.

Aurait-on perdu la faculté de vivre seul·e ?

Ou plutôt : est-ce qu’on se connait assez pour savoir ce qui nous rend profondément heureuse, sans dépendre de qui (ni de quoi) que ce soit ?

« L’accès à la solitude résulte d’une décision courageuse. Oui ou non, êtes-vous prêt à écouter votre corps, à accueillir vos émotions, à explorer vos pensées aussi tristes soient-elles ? » dit Hervé Magnin dans « La positive solitude« , le psychothérapeute cognitiviste comportementaliste.

Compliqué. Surtout quand on sait que l’isolement est plutôt mal perçu dans notre société. Dès l’enfance, c’est une punition potentielle : “Va te calmer dans ta chambre, TOUTE SEULE !” Comment sortir de ce conditionnement, quand nos “modèles de solitudes” sont enveloppés de frustration ? “La solitude fait peur. Pas à tout le monde, pas de la même manière. En général, c’est plutôt l’inconnu qui fait peur (…) C’est la peur de soi qui nourrit une excessive dépendance aux autres.” Se (re)connaître serait donc la clé ?

Apprendre à se sentir bien seule, c’est aussi initier la recherche du soi. En ce sens, la solitude peut être puissante et réparatrice. Hervé Magnin aide à identifier les ingrédients d’une solitude bienveillante : « Penser à soi, s’interroger sur soi, prendre soin de soi, sentir ce qui vibre en soi, se caresser l’âme et le corps, nourrir sainement ses cellules et son esprit. »

La prochaine fois que vous n’arrivez plus à vous sortir la mélodie de « Flowers » de la tête, enregistrez surtout le refrain : I can love me better, baby (Je peux m’aimer mieux, bébé) car c’est bien nous notre meilleure alliée.

Le mental fitness des Petites Glo

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