« L’argent est un outil. Il vous amènera là où vous souhaitez, mais il ne vous remplacera jamais en tant que chauffeuse », Ayn Rand

Que faut-il faire pour que les femmes arrêtent de devoir être vigilantes, « toute leur vie durant » ?

Constitutionnaliser tous les droits permettant aux femmes de faire ce qu’elles veulent de leur vie comme nous l’avons fait avec l’avortement ?

N’élire que des femmes ?

Avoir un jour supplémentaire dans la semaine pour faire du shopping et traîner dans un spa et lire ?

Au risque d’en décevoir certaines, plus les années passent à travailler sur la question, plus je me dis que la réponse est l’argent. L’argent comme un moyen d’être libre, comme un moyen de ne pas avoir peur pour la liberté de ses filles si un parti politique décide de changer de Constitution, comme un moyen de se lever et de se casser de n’importe quel endroit.

Car non seulement les inégalités de salaire entre les hommes et les femmes existent mais viennent s’ajouter les inégalités de richesse, à savoir les différences de patrimoine détenu. L’écart de richesse entre les femmes et les hommes au Royaume-Uni est de 35 %, aux États-Unis les femmes ont en moyenne 32 cents pour chaque dollar pour les hommes. En France, au sein des couples, l’écart de richesse entre les hommes et les femmes est passé de 7,000 € en 1998 à 24,500 € en 2015.

Cet écart de richesse s’explique en premier lieu par l’écart de rémunération, « si les femmes gagnent moins que les hommes, il apparaît naturel qu’elles possèdent moins que les hommes : les inégalités de revenus engendrent les inégalités de capital », expliquent Céline Bessière et Sibylle Gollac, Le Genre du capital, Éditions La Découverte. D’autres raisons s’ajoutent à cela : un investissement moindre de la part des femmes, dû à une éducation financière genrée, à la taxe rose  à savoir les produits réalisés pour les femmes qui ont un prix un peu plus élevé, et à la part prépondérante que les femmes consacrent au budget quotidien de leur famille, les métiers les mieux rémunérées sont occupés essentiellement par des hommes, les femmes entrepreneuses font moins de levées de fonds, elles se rémunèrent moins bien, même quand les entreprises dirigées par les femmes performent mieux.

Pour cette semaine dédiée aux droits des femmes où nous voyons fleurir posts Linkedin, fleurs offertes généreusement à la sortie du métro et engagements révolutionnaires de la part d’entreprises à qui on demande seulement de respecter l’égalité salariale, je dis : nous n’en voulons pas. Nous voulons une égalité salariale concrète, nous voulons une égalité patrimoniale effective.

Et nous avons un moyen d’y arriver : nous-mêmes. C’est ce que j’appelle modestement l’économie de la sororité.

Car si nous n’avons pas atteint une égalité salariale ni une égalité patrimoniale, nous avons d’ores et déjà un pouvoir considérable  bien plus important que celui des hommes. Les femmes sont décisionnaires de 85 % du budget des ménages, c’est ce qu’on appelle « l’économie féminine », le « pouvoir économique des femmes ». Les femmes sont responsables de 31,8 trilliards de dollars des dépenses annuelles dans le monde (Catalyst.org, 2020) – « Dans l’ensemble, les femmes représentent un marché en croissance plus important que la Chine et l’Inde réunies – plus de deux fois plus important, en fait » (Harvard Business Review).

Et en mettant en place une économie de la sororité, nous pouvons annihiler l’écart patrimonial.

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Collage, par moi-même, 2024, je trouvais qu’il illustrait pas mal le propos.

Une économie de la sororité ressemble à quoi ? C’est une économie où les femmes décident d’utiliser leur pouvoir économique, à savoir le pouvoir de décision de leur consommation personnelle et professionnelle pour réduire l’écart de richesse. C’est une économie où chaque année, 31,8 trilliards de dollars (ou presque) des dépenses annuelles dans le monde sont dépensés dans des entreprises qui appartiennent à des femmes, ou dans des entreprises dans lesquelles l’égalité salariale est une réalité.

Les femmes n’ont pas besoin de fleurs, elles ont besoin de thunes, elles n’ont pas besoin de compagnes Linkedin, elles ont besoin de contrats. Voici une liste de personnes fantastiques dont je recommande le travail complètement – allez-y les yeux fermés (ou ouverts, ça ne me regarde pas finalement) :

Pour acheter des carnets pour y écrire ses idées ou en réaliser des personnalisés pour votre boîte Dirty Notes créé par Élodie ;Pour réaliser le plus beau catering de tous les temps pour le prochain événement de votre entreprise (ou fêter notre divorce), Caro Diaro créé par Zélikha Dinga Pour être accompagnée dans la négociation de son augmentation, du salaire de son nouveau job ou de ses contrats avec ses prestataires, Ma Juste Valeur, fondé par Insaff El Hassini ; Pour boire du vin délicieux, on va sur Vins et Volailles de Fleur Godart (il s’achète en ligne, on n’hésite pas !) ; Pour faire un peu de pub pour son entreprise et faire ses relations presse, Leslie Toledano (qui s’occupe de nos relations presse depuis qu’on est bébé) ; Pour acheter une œuvre d’art sans casser son PEL (pour soi et surtout pour sa boîte si elle a un budget dédié), la galerie Esther & Paul, dirigée par Esther Korman ; Pour se détendre et s’offrir le soin le plus cool de la terre, je vous conseille Fanny Facialiste, créé par Fanny Chauvin Coin. Elle vend également les produits bio cosmétiques Douces Angevines, créés par Michèle Cros (on peut aussi les acheter en ligne ici) ; Pour réaliser une illustration ou en acheter une, la grande Laura Daniel (et, j’ose, moi si vous voulez des collages 🙂 Pour être accompagnée dans ses choix d’investissement (et viser une retraite à 49 ans) on peut solliciter la conseillère en patrimoine Héloïse Bolle (et son insta) ; Pour s’entourer de femmes entrepreneuses et avancer, ensemble, on peut rejoindre le réseau « Bouge Ta Boîte », créé par Marie Eloy.

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