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L’histoire du premier immeuble qui résista à un tremblement de terre… et de la femme qui l’a construit : Julia Morgan En 1906, il y eut un énorme tremblement de terre à San Francisco. 3 000 personnes sont mortes. 30 000 personnes n’avaient plus d’endroit où dormir. 80 % de la ville a été détruite. Les immeubles, les maisons, les musées, les écoles, les universités. Un immeuble est resté entièrement sur pattes, pas même une égratignure. Devinez lequel ? Le seul réalisé par une femme, Julia Morgan. « El Campanil » était une tour de presque 22 mètres de haut à l’université Mills College, dans la baie de San Francisco. C’est une tour au style espagnole sur laquelle est accrochée une horloge. Si c’est chose commune aujourd’hui, à cette époque-là c’était une hardiesse dans la nouveauté. « El Campanil » est surtout le premier immeuble réalisé par Julia Morgan, en 1904. Pour ce faire, elle a utilisé un matériau alors presque inconnu, le béton armé. « Mes bâtiments seront mon héritage… ils parleront pour moi longtemps après mon départ. » Je ne sais pas s’il y a meilleure citation pour décrire le travail de Julia Morgan. En 1906, alors que la ville de San Francisco est quasi détruite, et avec elle une partie de sa région, la mairie fait appel à Julia Morgan dont la connaissance en béton armé n’est plus à prouver. Avant cela, on apprend quand même qu’ils ont invité un architecte de la côte Est qui s’y connaissait un peu. Manque de bol, celui-ci meurt dans un duel. C’est donc Julia Morgan qui fut chargée de construire une partie de la ville. J’ai découvert l’histoire incroyable de Julia Morgan, grâce au podcast 99% invisible (anglais). Julia Morgan est la première femme architecte diplômée de Californie et a réalisé 796 maisons et immeubles au cours de sa carrière. Elle est née en 1972 à San Francisco dans une famille de cinq enfants. Après un diplôme en ingénierie civile, elle se rend à Paris. Elle entre alors à l’école des Beaux-Arts en section architecture qui n’a ouvert ses portes aux femmes que quelque temps auparavant. Julia Morgan est la récipiendaire posthume du plus grand honneur que l’on puisse faire à un.e architecte aux États-Unis, la médaille d’or de l’American Institute of Architects. Julia Morgan a vécu à un moment où les femmes commençaient à peine à se joindre à l’espace public créé et investi par les hommes. Comment une femme a-t-elle pu devenir architecte dans une société qui pourtant ne faisait pas de cadeaux aux femmes ? La réponse, on la connaît déjà. Grâce aux féministes Collage par moi-même qui n’a, encore une fois, rien à voir avec le reste de la newsletter. Deso. Lorsque Julia Morgan rentre de Paris au début du xxe siècle, les femmes vivaient une période d’engagement incroyable. Elle avait 30 ans, ses amies aussi. « Elles avaient du temps, de l’argent et la formation pour s’organiser », peut-on entendre dans le podcast. En d’autres termes, ces femmes avaient le temps de réparer ce qui n’allait pas. Elles étaient impliquées notamment dans l’organisation YWCA qui proposait aux jeunes femmes un cadre de vie sûr pour celles qui venaient en ville travailler. Julia Morgan a, par exemple, guidé plusieurs de ces jeunes femmes. J’avoue de pas connaître beaucoup de femmes architectes. Avant de tomber sur les œuvres de Julia Morgan, c’est à peine si je connaissais les œuvres de Zaha Hadid, architecte britannique qui a reçu le prix Pritzker. J’apprends que Julia Morgan est également celle qui a construit le château Hearst, un des endroits les plus incroyables au monde. Je découvre par la même occasion que Julia Morgan n’est pas la première femme architecte. Lady Elizabeth Wilbraham, au xviie siècle, a également dessiné près de 400 maisons, envoyant des hommes sur les chantiers où elle n’était pas admise parce que femme. Marion Mahony Griffin a travaillé pour celui qu’on ne présente pas, Frank Lloyd Wright. Quelques années plus tard, l’Italienne Lina Bo Bardi a dessiné le Musée d’art de Sao Paolo. Je ne dis pas ça dans le seul but de faire une liste de femmes architectes mais pour montrer que, comme souvent, lorsqu’on a l’impression que les femmes n’ont pas investi un champ, comme ici l’architecture, ce n’est pas parce qu’elles étaient absentes ou qu’elles n’étaient pas assez douées pour être reconnues. Ces femmes ont existé. Ces femmes ont innové. Ces femmes sont des génies. Et on ne demande qu’à les connaître. Ma sélection d’articles Aux Etats-Unis, le droit à l’avortement est plus que jamais remis en cause. La journaliste Rebecca Traister fait le point sur comment nous en sommes arrivées là (en anglais). Pour une raison que j’ignore complètement, je suis tombée sur cet article incroyable : ce que mangeaient les icônes féministes. (en anglais aussi). Dans la newsletter Les Petites Glo, Chloé Thibaud fait le point sur une question de plus haute importance : peut-on être féministe et écouter du rap ? Dans la newsletter Impact, la journaliste Catesby Holmes enquête sur les personnes aux Etats-Unis qui risquent de se voir retirer leurs bébés, même si elles sont en voie de guérison. Un nouveau documentaire sur Julia Child est sorti. Retracer l’histoire et le rôle de la musique dans l’évolution des mouvements féministes. Les Glorieuses est une newsletter produite par Gloria Media. |




