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Mercredi 19 mai 2021 Ce midi, on se retrouve à 13h pour un déjeuner politique virtuel au Club des Glorieuses. On parlera engagement avec avec Sarah Durieux (Change.org), Elvire Duvelle-Charles (Clit Revolution) et Chloé Thibaud (Les Petites Glo). Les femmes de droite, l’amitié et l’humour comme manière de gérer les désaccords : une conversation avec l’intellectuelle Nina Power
(et non, je ne lui ai pas demandé si c’était son vrai nom)
par Rebecca Amsellem (pour me suivre sur Insta, c’est là) et traduit par Stephanie Williamson Rebecca Amsellem Dans votre livre, La femme unidimensionnelle (Editions Les prairies ordinaires), que vous avez publié il y a un peu plus de 10 ans, vous commencez par définir le portrait typique de ce qu’est la féminité. Avoir un sac à main cher, un vibro, un appartement et un mec. Vous expliquez en disant que la soi-disant émancipation des femmes coïncide parfaitement avec le consumérisme. En lisant ce portrait, je suis demandée si on pouvait ajouter quelques convictions politiques sur le féminisme. Ça fait bon genre d’avoir du succès et d’être un peu féministe. Nina Power Même dans le livre à l’époque, je parlais du féminisme de consommation. J’ai essayé de décrire précisément cette idée du féminisme contemporain, très compatible avec l’image de consommation capitaliste. Cela s’est certainement accentué au cours des dix dernières années. Tous ces termes comme “l’empowerement” ne font pas référence à une vraie autonomie, ce n’est pas un pouvoir réel. Il y a une sorte de fausse version absolue de ces choses. La deuxième vague du féminisme est un projet inachevé. La troisième ou quatrième vague, tout en prétendant être progressiste, est en fait régressive au regard du projet originel du féminisme. Rebecca Amsellem Dans votre livre, vous avez prédit certaines choses. Par exemple, comment le féminisme a commencé à devenir une figure rhétorique, avec la politique de droite comme de gauche. Ils utilisent également le féminisme comme un moyen de gagner des votes, même si intérieurement ils ne respectent pas les valeurs féministes. Nina Power Je parlais de la façon dont le féminisme ou les droits des femmes étaient invoqués comme raison pour entrer en guerre avec le Moyen-Orient par des personnalités de droite. Aujourd’hui, cette implication superficielle est également faite à gauche, souvent par les hommes. Et l’homme féministe est devenue une sorte de blague, ces derniers temps, parce qu’il est tout à fait évident que les paroles prononcées au sujet des préoccupations féministes et des femmes sont souvent des
paroles en l’air. Il y a une invocation hypocrite ou superficielle du féminisme à gauche. L’émancipation des femmes et le droit des femmes de voter et de participer à la vie politique et sociale est plus un problème que les gens ne le pensaient, car les femmes ne se comportent pas nécessairement comme elles devraient. Et quand il y a ces points de tension, cela revient simplement à dire aux femmes de se taire. Parce qu’historiquement, cette appartenance politique des femmes est relativement récente. Et nous n’en sommes encore qu’aux premiers stades de cela. Rebecca Amsellem Il semble que les femmes étaient censées être simplement des symboles ou des jetons qui ne devaient pas parler. Et que les hommes étaient censés faire le travail, mais qu’ils ont juste placé une femme devant eux pour légitimer leurs politiques. Aujourd’hui, avec la crise du COVID, on peut voir que les conditions sociales et économiques des femmes se sont en fait dégradées. Alors, comment expliquez-vous que les femmes sont de plus en plus impliquées dans la vie politique et qu’il n’y a que peu de conséquence ? Nina Power L’un des concepts que je trouvais très utile même en 2009 était cette idée de Zillah Eisenstein, qui n’est pas seulement l’idée du jeton, mais du leurre. À l’époque, je parlais de Condoleezza Rice et Sarah Palin, ou de ce qu’il se passe quand on a des femmes qui techniquement occupent des positions très puissantes selon notre propre système de pouvoir, mais qui les occupent non seulement parce que ce sont des femmes, mais pour que des opinions radicales ne soient pas entendues. Lorsqu’elles mènent des politiques réactionnaires ou des politiques qui sapent activement la position économique ou sociale des femmes, elles forment également une distraction. Donc, le leurre est, je pense, un mot plus utile à certains égards que le jeton. Nous pouvons utiliser ce terme pour parler de certaines personnalités publiques– que ce soit au sujet du racisme ou de genre– qui suivent les instructions d’un système tout en semblant représenter l’opposé de ce système. Rebecca Amsellem Et au contraire, nous pouvons en fait reconnaître qu’il y a une nouvelle génération de femmes qui se sont lancées dans la politique et qui utilisent les outils libéraux de la démocratie pour faire avancer des opinions radicales. Et peut-être que cela n’existait pas il y a 10 ans. Nina Power C’est l’un des changements massifs qui s’est produit : l’augmentation des plates-formes et des réseaux. Quand j’écrivais, on utilisait que des blogs. Je pense que c’était même avant Twitter et certainement avant Facebook. Rebecca Amsellem Vous dites que lorsqu’on dit quelque chose qui n’est pas exactement dans le cadre de ce que les gens devraient dire, on est directement « cancelled » par une partie de leur propre groupe. Nina Power J’ai été « cancelled » de nombreuses fois. Si les gens veulent faire de vous un exemple, ils le feront publiquement. Quand la foule vient pour vous, elle vient vraiment. J’ai quelques personnes qui sont obsédées par moi et qui suivent tout ce que je fais et ce que j’écris pour que je sois « cancelled » ou rejetée par certaines plateformes à chaque fois que je donne une conférence. Et ils sont complètement obsessionnels. Et c’est si triste. J’ai envie de leur dire, mais qu’est-ce que vous faites de vos vies ? Rebecca Amsellem Comment gérez-vous votre santé mentale vis-à-vis de ce problème ? Nina Power Je ne dis pas que c’est facile, j’ai perdu beaucoup d’amis en m’exprimant sur certaines choses. Penser par soi-même semble très simple, mais c’est en fait vraiment difficile. Avoir le courage de penser librement, même être capable d’accéder à cette position est en fait assez difficile. Rebecca Amsellem Cela nous ramène à une façon de penser totalement binaire, l’idée qu’on peut être bon ou mauvais et qu’il n’y a rien entre les deux. Il y a comme un concept de perfection qui est mis en œuvre dans le domaine de l’activisme. Nous avons créé ces outils pour dénoncer les pratiques des personnes qui abusent de leur pouvoir dans les cercles plus anciens et que les militants utilisent en fait contre eux-mêmes. Alors j’imagine parfois des hommes blancs dans leur salon avec des cigares et du whisky, qui se disent « ils font notre travail à notre place, et tant mieux ! » Nina Power Il est beaucoup plus facile de s’en prendre à quelqu’un qu’on connait que d’attaquer le gouvernement ou les contrôles des frontières ou autre. Il est beaucoup plus facile d’écrire quelque chose d’horrible sur quelqu’un que d’organiser un groupe et de manifester ou d’essayer de changer quelque chose structurellement. Les idées des gens à ce sujet sont devenues incroyablement simplistes, et dans les relations hommes-femmes également. La France me semble être dans une situation tumultueuse vis-à-vis à son propre rapport avec la sexualité. Rebecca Amsellem Comment ca ? Nina Power La France a eu une certaine
résistance en raison de la façon dont elle essaie de protéger son propre patrimoine culturel et linguistique. Mais il y a quelque chose de très puissant dans l’anglais américain, c’est une langue très contagieuse. Et même si les gens critiquent l’impérialisme américain ou l’hégémonie américaine, ils ne se rendent parfois pas compte que cela fonctionne aussi au niveau de la langue. C’est une question cruciale sur la domination de toute forme de discours. Rebecca Amsellem Nous l’avons fait, cette année, à 15 ans. Nina Power L’âge de consentement est 16 ans en Grande-Bretagne depuis longtemps. J’ai le sentiment que la France revient maintenant sur son histoire libertine et dit, attendez, peut-être que nous sommes allés un peu trop loin, nous avons besoin de plus de contraintes sociales autour du comportement sexuel. Rebecca Amsellem Avec le mouvement Me Too, ils se sont rendu compte que toute cette culture était définie par les gagnants. Et les femmes et les enfants sont les victimes. Nina Power C’était tout un système qui rendait tout cela acceptable. C’est intéressant, n’est-ce pas, de comparer la France et sa nature libertine à une pensée de plus en plus homogène autour de choses comme l’enfance. Parce que les gens sont maintenant des enfants plus longtemps, non? Les occidentaux blancs de la classe moyenne sont des enfants jusqu’à l’âge de 27 ans, on est d’accord? Et c’est un changement social très intéressant. Et il a des points positifs et négatifs. Je pense que pour ceux qui ont grandi dans les années 90, on voulait atteindre l’âge adulte au plus vite. On voulait échapper à la dépendance. Beaucoup de gens ont quitté la maison
à 16 ans, même pour se marier et avoir des enfants. Les personnes avec qui j’étais à l’école l’ont fait très tôt par rapport à maintenant. Rebecca Amsellem Dans le livre que vous avez écrit, vous dites que la soi-disant autonomisation des femmes était liée à l’ère du consumérisme. Et on peut voir qu’aujourd’hui le féminisme pour certains et pour un nombre croissant de personnes ne veut plus rien dire car il est uniquement lié au féminisme libéral et non plus au féminisme radical. Nina Power Il y a une façon humoristique de parler de patriarcat, une façon très superficielle, comme «Smash the Patriarchy» qui signifie simplement, «oh, le pouvoir masculin est mauvais ». Alors qu’un regard sérieux sur le patriarcat devrait entrer dans les détails sur le rôle des femmes historiquement, la relation de propriété, la question de savoir comment les gens se déplacent dans le monde, s’il y a une protection. Et le patriarche est aussi celui qui prend soin des autres. Dans mon récent livre, j’essaye de communiquer qu’en réalité ce qu’on a aussi c’est la mort du père. C’est un point psychanalytique. Rebecca Amsellem Ne pensez-vous pas que le patriarcat serait plus une idée ou un concept que quelque chose de réel, tout comme dans la religion quand les gens parlent de Dieu, ils parlent davantage des valeurs que la religion apporte et non de Dieu en tant qu’une personne ? Dans une société post-religieuse, c’est aussi une façon de montrer qu’on a des valeurs et qu’on veut se battre pour ces valeurs. Et au contraire, il y a des gens qui disent que ces valeurs ne sont pas celles qui sont légitimées dans cette société. Donc, que les féministes parlent de patriarcat ou non, le mot lui-même n’est pas vraiment le problème. Cela peut être autre chose. Cela n’a pas d’importance. Nina Power Tout le monde a des droits. Quand ces droits sont en conflit, il faut faire des compromis. Nous ne vivons pas dans une société où le compromis est proposé comme solution toute prête, car on nous a appris que le désir est bon en soi. L’idée c’est que si on veut quelque chose, cette chose est bonne. Notre désir est purement bon. Mais bien sûr, ce n’est pas le cas. Certains désirs sont terribles et certains désirs sont en conflit avec les désirs des autres. Donc, l’étape adulte, la maturité politique serait de reconnaître collectivement qu’il y a des droits contradictoires et des désirs concurrents. Rebecca Amsellem Qu’est-ce qui a changé depuis que vous avez publié votre livre? Nina Power Je l’ai relu récemment pour un groupe de lecture. Et tout le monde disait, oh mon dieu, le discours sur le genre n’existait pas à ce moment-là, pas vrai? Et j’ai répondu, non c’est quelque chose que je n’avais pas prédit. ![]() La revue de presse Ce midi, on se retrouve à 13h pour un déjeuner politique virtuel au Club des Glorieuses. On parlera engagement avec avec Sarah Durieux (Change.org), Elvire Duvelle-Charles (Clit Revolution) et Chloé Thibaud (Les Petites Glo). «Je n’ai pas essayé de faire une œuvre. Il fallait vivre et survivre avec ce que j’avais – un corps solide. Une œuvre liée au corps, l’utilitaire. J’aime le quotidien exceptionnel. Je pars du geste.»Mort de la sculptrice lesbienne Valentine Schlegel. Un nouvel épisode de « Vénus s’épilait-elle la chatte ? » est sorti. Cette fois-ci, le podcast s’intéresse au grand, au magistral mais aussi violent Picasso. « Quand la pandémie est finie, je veux aller danser, pas aller acheter une robe » interview croisée de Maria Grazia Chiuri et Isabel Allende sur l’art féministe (en anglais). Des artistes chinoises ont transformés des tonnes de commentaires en ligne haineux en oeuvre d’art (en anglais). Trois féministes changent le visage de l’Argentine (en anglais). L’artiste Mary Beth Edelson est décédée. « Les réalisations de Mary Beth en tant qu’artiste et militante féministe pionnière continuent de changer le cours de l’histoire de l’art » (en anglais). Ces femmes qui refusent d’être comme les autres femmes (en anglais) ![]() Un mot de notre partenaire Depuis sa création Lancôme incarne une image de la femme volontaire, émancipée et accomplie. En 2018 à l’échelle internationale, Lancôme a choisi de s’engager auprès de femmes dont l’indépendance et l’expression sont entravées, en créant le programme « Write Her Future » en partenariat avec l’ONG CARE. En France, où il y a 2.5 millions de personnes illettrées, c’est avec l’Agence Nationale de Lutte Contre l’Illettrisme que Lancôme a co-construit un programme qui met l’accent sur l’usage du numérique pour réapprendre aux jeunes femmes à lire et à écrire et ainsi, les aider à sortir à la fois de l’illettrisme et de l’illectronisme. Ce programme a déjà bénéficié à 700 femmes. Bien qu’universel, l’illettrisme reste tabou et méconnu de l’opinion. C’est dans ce contexte que Lancôme France a développé un module digital en 10 questions, pour détecter les signes de l’illettrisme et savoir comment réagir. A faire en cliquant ici. Ensemble, levons le tabou sur le sujet et permettons à chacun d’être autonome au quotidien. ![]() Le Club des Glorieuses ![]() Rendez-vous – Ce midi, on se retrouve à 13h pour un déjeuner politique virtuel au Club des Glorieuses. On parlera engagement avec avec Sarah Durieux (Change.org), Elvire Duvelle-Charles (Clit Revolution) et Chloé Thibaud (Les Petites Glo). ![]() Les dernières newsletters Gloria Media
A conversation with Nina Power on feminism, activism and modern days – original version Rebecca Amsellem You said everything before it was actually mainstream. In your book that you published a bit more than 10 years ago, you start by defining the typical portrait of what femininity is. Having an expensive handbag, a vibro, an apartment, and a guy. And you explain by saying that the so-called emancipation of women coincides perfectly with consumerism. What I thought when reading this portrait is that you could actually add today to this typical portrait a few political convictions about feminism. It looks nice to be successful and a little bit feminist. Would you add this political aspect to this portrait today? Nina Power I was talking about consumer feminism. I tried to describe precisely this idea of contemporary feminism, which is very compatible with that consumer capitalist image. That certainly increased in the last 10 years or so. All these terms to do with things like empowerment, where it’s not actual power, real power, but there’s a kind of absolute fake version of these things. The second wave is an unfinished project. This third or fourth wave, whilst it’s pretending to be progressive, is actually regressive in terms of the original project of feminism. Rebecca Amsellem In your book, you foresaw a few things. For instance, you said how feminism started to become a rhetorical figure, with the political right wing as well as the left wing. The latter is also using feminism as a way to to have more masses voting for them, even though internally they actually do not respect the values of what feminism is. Nina Power I was talking about how feminisms or women’s rights were being invoked as a reason to go to war with the Middle East by figures on the right. Today, there’s also this superficial implication on the left, often by men. And the male feminist has become something of a joke, I would say, in the last little while, because I think it’s patently obvious that there’s a way in which lip service is often paid to feminist or women’s concerns There is a hypocritical or superficial invocation of feminism on the left, which hasn’t come to terms. Women’s emancipation and women’s right to vote and to participate in political and social life is more of a problem than people maybe thought it would be, because women don’t necessarily behave or think in the way that they should according to an image of inclusion. And when there’s these points of tension, then it just goes back to women being told to shut up. Because it’s also historically relatively recent that women have had this political belonging. And we’re still in the early stages actually of that. We never thought that it was going to be easy. It’s not that if you just add women to politics, then suddenly everybody thinks the same thing. It’s harder than the people thought. Rebecca Amsellem It seems that women were supposed to be tokens and not to speak. And the men were supposed to do the job, but just placed a woman in front of them just to legitimise their policies. Today, with the COVID crisis, you can see that the social and economic conditions of women have actually worsened. So how would you explain that women are more and more implicated in the political life and there is no consequences whatsoever ? Nina Power One of the concepts that I find very useful even in 2009 was this idea of Zillah Eisenstein, which is not just the token, but the decoy. At the time, I was talking about Condoleezza Rice and Sarah Palin, or what happens when you have women who are technically in very powerful positions according to our own system of power but who are not only there because they’re women, but they’re also there in order for more radical views not to be heard. When they pursue reactionary policies or policies that actively undermine that, say, women’s economic or social position, they also form a distraction. So the decoy is a more useful word in some ways than token,
which is maybe overused because the decoy also switches the attention in a different way. Rebecca Amsellem And on the opposite, we can actually acknowledge that there’s a new generation of women who got into politics who are using the liberal tools of democracy to push radical views forward. And maybe it didn’t exist 10 years ago. Nina Power That’s one of the massive shifts that happened : the increase of platforms and networks. When I was writing, we were just using blogs. I think this is even before Twitter and certainly before Facebook and so on. And I think there are downsides
to that, too. We saw the avoidance of more longed for, more nuanced, more complex ideas, which are now coming back into things like Substack. People got tired of the one sentence take. Rebecca Amsellem What you say is when one says something that is not exactly in the framework of what people should say, you’re being directly cancelled by a part of their own group. Nina Power I’ve been cancelled loads of times. If people want to make an example of you, they will do it very publicly. When the mob comes for you, they really come for you. I have a couple of people who are dementedly obsessed with me and listen to everything I do and write to every time I give a talk or trying to get me not platformed or cancelled. And they’re completely obsessive. And it’ so sad? And it’s like, what are you do it with your life? Rebecca Amsellem How do you deal with your mental health and this issue? Nina Power I’m not saying it’s easy. I lost a lot of friends with speaking out on certain things. To be able to think for yourself sounds very simple, but it’s actually really difficult. Rebecca Amsellem It also brings us back to a totally
binary way of thinking, you can either be good or bad and there’s nothing in between. Nina Power It’s much easier to attack someone than to go after the government or the border control or whatever. It’s much easier to type something horrible about somebody than it is to organise a group and protest or try to change something structurally. People’s ideas about it have become incredibly simplistic, also in the relationship between men and women as well. France seems to me to be in a tumultuous situation vis-a-vis its own relation to sexuality. Rebecca Amsellem Like what, for instance? Nina Power France did have some resistance because of the way it tries to protect its own cultural heritage and linguistic thing. But there’s something very powerful about American English, like it’s a very infectious language. And even if people might be criticising American imperialism or American hegemony, they sometimes don’t realise that it’s also operating at the level of language. It’s a critical question about the dominance of any form of discourse, basically. Rebecca Amsellem We did, this year, to 15 years old. Nina Power It’s been 16 in Britain for a long time. I get the feeling that France is now looking back at its libertine history and saying, hang on, maybe we went a bit too far that actually, we need more social constraints around sexual behaviour. Rebecca Amsellem With the Me Too movement, they actually realised that this whole culture was defined by the winners. And the women and children are the victims. Nina Power It was a whole system that would make all of this okay. It’s interesting to compare France and it’s previously libertine nature. Rebecca Amsellem In the book you wrote, you say that the so-called empowerment of women was related to the age of consumerism. And we can see that today feminism for some and for a growing number of people do not mean anything anymore because it’s only related to liberal feminism and not anymore to radical feminism. Nina Power There’s a jokey way of talking about patriarchy, a very superficial way, like « smash patriarchy » that just means something like, « oh, male power is bad ». Whereas, a erious look at patriarchy would have to go into detail about women’s role historically, the relationship of property, the question of how people move around in the world, whether there’s protection. Rebecca Amsellem Don’t you think patriarchy would be less of a concept than something that is actually real. Like in religion when people talk about God, they’re talking more about the values that the religion is bringing in and not God being a person itself? In a post-religious society, it’s a way to show people that they have values and we want to fight for those values. And on the opposite, there are people who are saying that those values are not the one that should legitimised in this society. So whether feminists are talking about patriarchy or not, the word itself is not really the issue. It can be something else. It doesn’t matter. Nina Power Everybody has rights. When there’s rights clash, you have to talk about it and there’s a way in which people have to compromise. We don’t live in a way that permits compromise as a ready solution because we’ve been taught that desire is good in and of itself. If you want something, that’s what the good is. Your desire is purely good. But of course, it’s not. Some desires are terrible and some desires are in conflict with other people’s desires. So the adult step, the political maturity would be to collectively recognise that there are clashing rights and competing desires. Rebecca Amsellem What changed since you published your book ? Nina
Power There was no discussion around gender back then. I reread it recently for reading group Eeveryone was like, oh, my God, this discourse didn’t exist then, did it? No, and that’s something I didn’t predict. Les Glorieuses est une newsletter produite par Gloria Media. |













