par Lila Paulou (vous pouvez me suivre sur InstagramLinkedIn et BlueSky)

L’été commence tout juste. Quand on étudie, cette période marque la transition entre la fin d’une année et le commencement de quelque chose ; des vacances, bien sûr, puis parfois l’entrée dans un nouvel établissement, un passage au collège, au lycée ou dans le supérieur. Ce sentiment s’accompagne souvent d’excitation mêlée de beaucoup d’appréhension. Et les actualités n’aident évidemment pas à se projeter dans l’avenir avec certitude. Quand j’étais ado, des personnes de mon entourage m’ont averti que les choses iraient forcément de mal en pis ; que le “c’était mieux avant” règne de façon invariable sur nos vies. Je me suis vite rendu compte que cela n’a pas à être le cas.

En grandissant, on gagne en expérience et on devient apte à faire face à des problèmes qui nous auraient semblé insurmontables auparavant. Pour ma part, cette expérience s’est tissée au fil d’échanges avec des personnes qui m’inspirent. J’ai appris, et j’apprends encore continuellement, à ne pas m’isoler et ruminer quand cela ne va pas, mais plutôt à me tourner vers les autres et à demander conseil et soutien. Aucun coup dur ne peut résister à la sagesse combinée de mes proches. Cela m’a d’ailleurs donné l’idée de demander pour vous, les Petites Glo, des recommandations à des personnes que j’estime beaucoup. 

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J’ai d’abord voulu m’enquérir auprès de mes brillantes collègues des Glorieuses de ce qu’elles auraient aimé savoir ados. Il me semblait évident de commencer par notre fondatrice Rebecca Amsellem : « Je pense souvent aux adolescentes dont parle Carol Gilligan et à leur rôle de « lanceuses d’alerte » sur la crise relationnelle de notre époque. En grandissant, nous disent-elles, elles apprennent à dissocier ce qu’elles ressentent (« dans mon ventre » !) de ce qu’elles disent : de peur de perdre les relations autour d’elles. « Or, se taire c’est s’exposer à la dépression, et la perte de relations peut conduire au désespoir et au détachement ». Je pense que ce serait ça mon conseil : concentrez-vous pour ne jamais perdre l’écoute de votre voix intérieure, votre voix authentique. Et continuez toujours, tout le temps, en dépit de ce qu’on essaiera de vous apprendre, à l’exprimer.« 

Ma chère amie Emma Albright a souhaité rebondir sur ce dernier point. “Lorsque j’étais adolescente, je crois que cela m’aurait fait beaucoup de bien d’entendre quelqu’un me dire qu’il était normal de ne pas savoir ce que je voulais faire de ma vie. La société met une telle pression sur les jeunes adultes pour qu’iels sachent rapidement quelle carrière iels veulent suivre et quelles études les mèneront à leur ‘job de rêve’. Mais en réalité, vous avez le temps. Vous n’avez pas besoin de vous précipiter dans quelque chose dont vous n’êtes pas sûr·e. Une fois que vous aurez terminé le lycée, vous penserez peut-être que vous connaissez tout du monde, je sais que c’était le cas lorsque j’avais 18 ans. Mais en vérité, vous êtes si jeune, et vous avez toute la vie devant vous. Vous allez faire des erreurs, choisir une voie et peut-être en changer, et c’est très bien ainsi. L’important est de ne jamais vous perdre de vue. Écoutez toujours votre instinct, mettez en avant vos intérêts, réfléchissez à vos valeurs et à ce que vous voulez apporter au monde, et moins à ce que les autres attendent de vous.

Joy, une amie d’enfance, a pour sa part rencontré de nombreux obstacles lorsqu’elle a compris ce qu’elle voulait faire, et souligne l’importance du soutien de ses proches pour traverser cette épreuve. “Être bien entouré·e peut réellement changer la donne quand on traverse une situation difficile, quand on a envie de baisser les bras. Quand je n’avais pas confiance en moi, des personnes m’ont poussé à continuer et à croire en moi,” confie-t-elle. “Malheureusement, l’aide vient rarement toute seule, il faut aller la chercher. Que ce soit un soutien amical, familial, auprès de professionnels de santé, en trouvant de l’inspiration dans des films ou des séries… Il faut continuer. Il y a eu plein de moments dans ma vie où j’ai cru que j’allais échouer, que je n’irai pas plus loin, et au final j’ai persisté.

Enfin, nous avons la chance d’avoir accès à de nombreux contenus de grande qualité sur la santé mentale. On pense notamment au travail essentiel accompli par Christelle Tissot au travers de son média mūsae, à retrouver en ligne et sur Instagram. Elle tient à y entretenir un espace safe pour s’informer et permettre aux lecteurices de trouver une communauté solidaire et bienveillante pour leur santé mentale. “Cette émotion ne te définit pas,” nous rappelle-t-elle. “Ton trouble psy ne résume pas ta personnalité. Ce mal-être, d’autres personnes le ressentent, tout comme toi. La santé mentale ce n’est ni noir ni blanc. C’est tout une palette d’émotions, d’histoires, de personnalités, de vécus et de déclics qui sont mouvants et propres à chacun. Si aujourd’hui, tu te sens submergé·e par ce qui se joue en toi, sache que tu n’es pas seul·e. La santé mentale, ce n’est pas un sujet individuel – c’est un enjeu collectif. Il existe des structures, des groupes de parole, des communautés, des lieux qui sont là pour t’écouter et te proposer des solutions qui te sont adaptées.

Vous pouvez aussi lire les très belles newsletters sur le genre et la santé mentale de Lauren Bastide, ou écouter les entretiens qu’elle mène avec des invité·es telle que la chanteuse Miki, sur le fait d’apprécier sa propre compagnie, pour son podcast Folie Douce. La journaliste va vous rassurer, chères Petites Glo : “Je trouve que la génération des ados et des jeunes adultes d’aujourd’hui est incroyablement bien informée sur les questions de santé mentale. Bien plus apte à nommer les émotions, à identifier les troubles, que ne l’était ma génération au même âge. Des études montrent que les jeunes vont plutôt bien, qu’iels portent un regard lucide sur l’époque et sur le monde.” Comme Christelle Tissot, elle insiste sur l’enjeu collectif et politique de la santé mentale : “Ma crainte, face aux discours actuels, est que s’installe peu à peu l’idée que chacun·e serait seul·e responsable de sa propre santé mentale.

Non. On ne peut pas aller bien dans une société qui va mal. On ne peut pas aller bien dans une société qui n’assure pas à chacun·e des conditions de vie dignes. On ne peut pas aller bien quand on n’a pas accès à une alimentation saine, à des soins de qualité en santé physique comme en santé mentale. C’est pour cela qu’il faudra continuer à se battre pour des services publics dignes de ce nom. Pour un accès équitable aux soins, aux loisirs, à la culture. Pour lutter contre l’isolement, contre la précarité. Pour que chacun·e ait le droit à une santé mentale équilibrée. Et il faudra aussi lutter contre toutes les formes de discrimination. Car bien souvent, la détresse psychique est la conséquence directe de violences systémiques — qu’elles soient racistes, sexistes, validistes. Les luttes actuelles sur la santé mentale ne doivent pas faire oublier les luttes politiques. Au contraire, elles doivent s’en nourrir et les renforcer. Mais j’ai grande confiance en vous. Je sais que vous saurez garder tout cela en tête, demain, quand ce sera à vous de prendre les commandes.” 

En espérant que les mots de ces personnes formidables vous donnent de l’espoir et de la force, nous vous souhaitons un très bel été, les Petites Glo ! ☀️

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