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Chères Glorieuses, Chers alliés des Glorieuses, « El violador eres tù. En Argentine, en Colombie, en Espagne, en France, en Belgique, à Cuba, au Mexique… des centaines de femmes ont repris ces derniers jours ce chant qui sera certainement élevé au rang d’hymne féministe. Cette communion internationale semble être le signe précurseur qu’une rébellion est en marche. Une révolution même. Mais vous savez quoi ? Nous chantons, nous marchons, nous crions, nous écrivons et pourtant rien ne semble changer. Un peu quand même, me répond-on. Les mentalités évoluent. Votre grand-oncle dit peut-être même « autrice » en parlant du dernier livre formidable de Chloé Delaume sans vomir dans sa soupe. Quelques choses changent donc. Mais au final, il y aura plus de féminicides cette année que les années précédentes et les femmes seront toujours désavantagées par les réformes politiques sur les systèmes des retraites. C’est parce que nous sommes trop polies, nous dit en substance l’activiste égyptienne Mona Eltahawy dans son nouvel ouvrage, « The seven necessary sins for women and girls » (Hardie Grant Books, 2019). « Il est impératif de comprendre comment la civilité, la bienséance, les mœurs et autres sont utilisés pour défendre l’autorité… et que nous sommes instamment priées d’accepter comme une forme de maintien de cette autorité. Lorsque nous sommes appelées à faire preuve de civisme envers les racistes ou à être polies envers le patriarcat, le but est le même : maintenir le pouvoir du raciste, maintenir le pouvoir du patriarcat. » La politesse des jeunes filles est légendaire, mais elle est aussi dangereuse pour nos droits. « À quoi ressemblerait le monde si les filles apprenaient qu’elles étaient des volcans, dont les éruptions étaient une forme de beauté, de pouvoir à contempler, de force avec laquelle il ne fallait pas jouer ? ». Tâchons d’être désobéissantes, nous presse Eltahawy. Le premier acte de défiance proposé par l’activiste est d’avoir de l’ambition. Non, vous n’avez pas malencontreusement ouvert un Jeune & Jolie du début des années 90, mais bien la newsletter des Glorieuses. « L’ambition est une audace. C’est un doigt d’honneur à l’insistance du patriarcat à faire en sorte que nous rétrécissions. L’attention et l’ambition sont cousines. La première défie le patriarcat en croyant que « je mérite notre attention » et la seconde en déclarant «je suis plus que». L’arrogance alimente à la fois l’attention et l’ambition. Je suis une grande fan de l’arrogance féminine. » A quoi sert cette ambition ? À imaginer un monde comme on ne l’a jamais vu. Comme ce 20 janvier 2050, que Mona Eltahawy décrit comme historique. « Trois femmes sont sur le point d’être investies. Les femmes se sont connues en 2015 sur une application de réseau social appelée Twitter, après qu’une féministe qu’elles ont suivie a publié une série de tweets sur Born in Flames, un film féministe anarchiste queer dans lequel les femmes utilisent l’action directe pour se battre pour les droits des femmes. Donya Zaki a soixante ans et est sur le point de devenir la première femme présidente d’Égypte. Areej Mohamed, cinquante-cinq ans, est sur le point de devenir la première grande mufti d’Arabie saoudite. Octavia Hernandez, cinquante-trois ans, est sur le point de devenir la troisième femme présidente consécutive des États-Unis d’Amérique, après avoir vaincu Chelsea Clinton lors d’une primaire. Les Américain·e·s en avaient assez des dynasties politiques et, toujours dans la longue lignée du patriarcat, une femme de soixante-dix ans était encore considérée trop vieille pour être présidente. » Par définition, si nous appliquons les règles, nous sommes vouées à l’échec. Ces règles ont été construites pour assoir la domination d’un pouvoir patriarcal. Soyons plus ambitieuses que polies. « Tu ne peux pas être plus que quand le patriarcat t’écrase pour être moins que » rappelle Eltahawy. « Nous apprenons tôt. « Autoritaire ». « Pute ». « Crâner ». « Égoïste ». « Arriviste ». La liste des épithètes qui servent de synonymes aux femmes perçues comme ambitieuses rappelle ce péché de l’ambition. Ces épithètes rappellent l’importance d’être aimées : les femmes socialisées du patriarcat sont des filles qui veulent être aimées. Je ne veux pas être aimée ; je veux être libre. Et à cette fin, mon ambition est de détruire le patriarcat ». Utilisons cette colère à bon escient. Soyez candidate à quelque chose, collez des affiches, restez en colère, utilisez chaque once de pouvoir que vous avez. « Ma colère est ma tasse du café du matin », écrit l’activiste Amanda Litman, fondatrice de l’organisation américaine Run For Something, dont les propos sont rapportés par Rebecca Traister (« Good and mad, the revolutionary power of Women’s anger »), 2018. C’est cette même colère qui lui permet d’avancer chaque jour. « Chaque mémo que je rédige, chaque donateur ou donatrice que je rencontre, chaque journaliste auquel je parle, chaque conversation que j’ai, est guidé par une stratégie mais nourri par la fureur que je ressens en mon for intérieur, que j’ai envers les hommes dangereux, envers mon parti et envers le système même de la démocratie que j’aime tant mais qui m’a douloureusement laissée tomber ». ![]() 1. Face à une réforme des retraites qui pénalisera encore plus les femmes, un collectif de femmes s’engage. 2. Un chant chilien libérateur contre les violences faites aux femmes se diffuse à travers la planète – et ça fait du bien ! 3. Un état corrompu oppresse particulièrement les femmes : les Libanaises s’engagent face à la double pleine. 4. Pour que les femmes artistes soient enfin reconnues comme artistes avant d’être toujours ramenées à leur statut de femme. 5. Dans une longue interview consacrée à son parcours, Alice Coffin revient sur l’importance de la sororité, et le rapport qu’elle entend nécessaire de garder aux hommes. 6. Au delà de l’écart salarial, les professionnelles du monde médical sont victimes d’un écart de respect. 7. Danser, porter un pantalon : après une année de manifestations, les Soudanaises obtiennent de nouveaux droits. 8. Mobilisation sur Instagram et Twitter sous le hashtag #UberCEstOver après la révélation de centaines de témoignages d’agressions dans des véhicules de la société. 9. Une ode à l’habilité de Joan Didion et ses fines retranscriptions de destinées de femmes diverses. 10. Megan Rapinoe, capitaine de l’équipe de foot américaine et championne du monde, remporte le second Ballon d’Or féminin de tous les temps. ![]() // Club des Glorieuses // Nous vous recevrons dans nos locaux le 16 décembre dès 19h (15, rue de la Fontaine au Roi) pour un échange entre Rebecca Amsellem et une invitée surprise. Pour s’inscrire c’est là ! // Club des Glorieuses // Nous serons le 22 Janvier dès 9h30 à l’ambassade du Canada pour une conférence sur le thème de l’échec et le succès, en présence de l’ambassadrice Isabelle Hudon, Yolande Libene et Elise Goldfarb. Vous pouvez vous inscrire par retour de mail, en répondant « CANADA ». Vous n’avez toujours pas d’idée de cadeau ou vous avez envie de vous faire plaisir ? La box de Noël des Glorieuses est disponible ! Elle contient l’un de nos beaux carnets (couleur au choix) notre magnifique t-shirt (taille au choix), le livre de Rebecca Amsellem et trois plaquettes de tatouages à arborer fièrement ! ![]() |











