PAR REBECCA AMSELLEM · 28 JANVIER 2026

« Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été. »

ALBERT CAMUS, L’ETE, « RETOUR A TIPASA », 1952

Cela fait 10 ans.

Dix ans de dimanches soirs remplis du même rituel : me demander de quoi je vais bien pouvoir parler le mercredi suivant. Dix ans à partager mes lectures, mes listes de choses que j’aime, les livres que j’ai adorés, les esprits brillants que j’ai la chance de rencontrer, mes réflexions et, plus souvent, mes doutes.

Dix ans. Merci du fond du cœur d’avoir lu ces e-mails, d’y avoir répondu, de les avoir partagés, d’avoir exprimé tant de gentillesse. Parce que ce n’était pas facile tous les jours.

Dix ans.

Dix ans. Il est temps de changer, n’est-ce pas ?

Élargissons nos horizons.

Virginia Woolf a dit un jour que si nous n’avions pas à passer autant de temps à parler des inégalités, de l’argent, de la façon dont les femmes sont désavantagées à tous les niveaux, nous pourrions parler librement d’autres choses : l’archéologie, la botanique, l’anthropologie, la physique, la nature de l’atome, les mathématiques, l’astronomie, la relativité, la géographie.

Je veux que cette newsletter ait une grande vie.

© Rebecca Amsellem

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Les Glorieuses
tous les mercredis

Je veux qu’elle accueille les esprits qui parleront de ces belles choses.

Je veux que cette newsletter soit le verre d’eau après une heure passée sur la plage en août. Vous ne pensiez pas avoir soif, jusqu’à ce que les premières gouttes touchent vos lèvres.

Je veux que cette newsletter soit le cadeau que vous n’attendiez pas, mais que vous ne pouvez plus quitter.

Je veux que cette newsletter soit la pensée que vous gardiez autrefois secrète, par honte, et que vous criez aujourd’hui haut et fort sur tous les toits.

Je veux que cette newsletter soit l’e-mail que vous ouvrez toujours, non pas parce que vous êtes d’accord avec son contenu à chaque fois, mais parce que vous savez qu’il vous fera ressentir quelque chose, n’importe quoi.

Je veux que cette newsletter soit la promesse que vous continuez à tenir, jour après jour.

Je veux que cette newsletter soit le dernier morceau de pain dont vous avez besoin pour finir la sauce.

Je veux que cette newsletter soit ce qu’elle est déjà : le message que j’envoie presque tous les mercredis depuis dix ans.

Comme aurait dit ma grand-mère, « jusqu’à 100 ans ! »

Voici Les Glorieuses 2.0., la newsletter qui vous donne envie de penser autrement. Au milieu du bruit, nous choisissons la nuance ; face au cynisme, l’émerveillement. Les Glorieuses, là où les idées prennent force.

Bienvenue à bord, et, j’espère, à mercredi prochain.

Bien à vous,

Rebecca


LES RECOMMANDATIONS
DE LA SEMAINE

  • Avoir raison avec… Paul Valéry. Pourquoi l’oeuvre d’un homme sans succès avant sa cinquantaine, pétri de doute, qui n’a jamais pu vivre richement de son oeuvre est aujourd’hui plus moderne que jamais ? Il y a cinq épisodes réalisés par Géraldine Mosna-Savoye, voici le lien vers le premier sur Spotify.
  • « Dieu sait ce que la semaine prochaine me réserve. Peut-être un magnifique four, puis j’avais surtout envie d’exposer de la sculpture et maintenant je n’ose plus« . Dans l’ouvrage « Paroles d’artistes femmes 1869-1939 » (Editions La Martinière x AWARE), on peut lire les écrits – les doutes, les contraintes, les ambitions – de femmes artistes. Ici, c’est Berthe Morizot qui écrit après avoir envoyé ses tableau à l’Internationale. J’apprends donc que Berthe Morizot sculptait. 
  • Ca remonte mais je pense avoir complètement oublié d’en parler : le dernier album de la chanteuse anglaise Lily Allen sorti en octobre dernier, West End Girl.
  • La série Pluribus sur Apple TV et The Pitt sur Prime.
  • Cette citation de Virginia Woolf qui résume à elle seule la nouvelle ligne éditoriale de cette newsletter (Une chambre à soi, Edition 10/18) « Or si cette femme s’était lancée dans les affaires, si elle était devenue un fabricant de soie artificielle ou un magnat de la bourse, si elle avait laissé deux ou trois cent mille livres à Fernham, nous aurions pu être assises confortablement ce soir et le sujet de notre conversation aurait été l’archéologie, la botanique, l’anthropologie, la physique, la nature de l’atome, les mathématiques, l’astronomie, la relativité, la géographie. Si Mrs. Seton et sa mère, et la mère de sa mère avaient appris le grand art de gagner de l’argent, si elles avaient, comme leurs pères et leurs grands-pères, fait des legs destinés à la création de chaires ou de maîtrises de conférences, et de prix, et de bourses affectées à une personne de leur propre sexe, nous aurions pu dîner seules ici, de façon très acceptable, avec un perdreau et une bouteille de vin; nous aurions pu, sans pour cela faire preuve d’une confiance exagérée, escompter une vie agréable et honorable à l’abri d’une profession généreusement rétribuée. Nous aurions pu explorer ou écrire ; flâner à travers les lieux les plus vénérables de cette terre; rester en contemplation, assises sur les marches du Parthénon, ou nous rendre à dix heures au bureau, puis rentrer tranquillement chez nous à quatre heures et demie pour écrire un petit poème« .
  • Après la publication de notre enquête sur la manière dont les Afghanes ont créé un système éducatif clandestin, vous avez été nombreuses et nombreux à nous demander comment les soutenir. Vous pouvez faire un don à l’association Stand Speak Rise Up et les projets portés par Chékéba Hachemi ou encore Daricha Schools, cité dans l’article.
  • Et si vous vous voulez soutenir la révolution iranienne et les nombreuses femmes qui la portent, vous pouvez partager les contenus de la poète, écrivaine, et militante Mahtab Ghorbani sur les réseaux sociaux #WomenLifeFreedom. Si vous connaissez une organisation à qui nous pouvons faire des dons, envoyez-les nous et nous les partagerons dans une prochaine édition.
  • Et, pour finir, nous vous proposons de construire cette nouvelle direction éditoriale ensemble. Si vous lisez un texte, écoutez un podcast ou une musique, regardez un film ou une série, quel qu’en soit le sujet ou le domaine, santé, sciences, politique, philosophie, arts, et que ce point de vue vous a fait évoluer, ne serait-ce que d’un millimètre, dans une opinion ou une réflexion, partagez-le avec nous, il suffit de répondre à cet email. Merci 🙂

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