« Chaque personne doit prendre une journée de repos. Une journée où l’on sépare consciemment le passé du futur. Les emplois, la famille, les employeurs et les amis peuvent exister un jour sans aucun de nous, et si notre ego nous permet de l’avouer, ils pourraient exister éternellement en notre absence. Chaque personne mérite une journée au cours de laquelle elle ne confronte aucun problème, elle ne recherche aucune solution. Chacune de nous doit se retirer des soucis qui ne nous quitteront pas », Maya Angelou
Le meilleur de l’année
Chère Glorieuse, Cher Glorieux,
J’espère que vous avez passé de belles fêtes et vous êtes englué·e·s dans cet état léthargique socialement complètement accepté pour ces derniers jours de l’année. Pour terminer – en beauté – 2023, je vous propose une sélection des « meilleures » newsletters publiées ces derniers mois : celles qui vont ont fait le plus réagir, rire, réfléchir.
Et je vous propose de nous retrouver vers la fin du mois de janvier où nous reprendrons notre rythme hebdomadaire.
Bon repos,
Rebecca

Trouvez la joie dit Deborah Levy. Et prenez-vous au sérieux. Entretien. Deborah Levy fait partie de ces femmes qui écrivent ce que nous ressenttons sans avoir nous-même mis des mots dessus. Dans cet entretien, elle dit : “Mon objectif principal en tant qu’écrivaine est le suivant. Je pense qu’il y a beaucoup de pression pour avoir une présence féminine très simple dans un livre. Elle est soit très puissante et se lance dans le monde en tant que très puissante, soit elle est très vulnérable et fragile. Mais nous sommes toutes ces choses ensemble.” https://lesglorieuses.fr/deborah-levy/
Elle panse les cœurs brisés grâce à la sociologie : rencontre avec Eva Illouz. On m’avait offert son essai pour « panser » mon coeur, « Pourquoi l’amour fait mal » (Seuil, 2012). Dans ce livre, que j’ai depuis offert un nombre incalculable de fois, j’ai compris comment l’amour entre deux personnes n’échappait pas aux rouages du capitalisme. Comment des situations où une personne se voit en incapacité de choisir, où une autre refuse de s’engager, où des gens consacrent des heures interminables à des applications de rencontre pour finalement ne rien choisir du tout peuvent au final se comprendre grâce à l’analyse du rapport amoureux à l’aune de la société dans laquelle elle se trouve. Sur cette question, Eva Illouz avait tout compris, avant tout le monde. https://lesglorieuses.fr/eva-illouz/
Recevez
Les Glorieuses
tous les mercredis
Le silence des oeuvres d’Anna-Eva Bergman. Une « peinture doit être vivante – lumineuse – contenir sa vie intérieure. » « Elle doit avoir une dimension classique, une paix et une force qui obligent le spectateur à ressentir le silence intérieur que l’on ressent quand on entre dans une cathédrale » (Pistes / Stier, 17 octobre 1946, in Schlesser, Anna-Eva Bergman : vies lumineuses, Gallimard, 2022). Cette artiste norvégienne a su marquer le monde de l’art avec ses peintures aux motifs géométriques et mystérieux. Pour elle, l’art abstrait lui semble inépuisable : « Il me semble que les possibilités sont incalculables, et un grand avenir est certain » Plongez dans l’univers de ses œuvres, des peintures vivantes, mouvantes… mais aussi de sa vie personnelle, notamment de sa relation avec Hans Hartung. https://lesglorieuses.fr/anna-eva-bergman/
Pourquoi les femmes se taisent-elles ? Exactement pour ce qui est arrivé à Justine Triet après avoir reçu la Palme. C’est ce qu’on appelle la culture de la disgrace, phénomène mis en lumière par Jude Ellison Sady Doyle pour mettre en lumière comment « les femmes qui ont trop réussi à devenir visibles ont toujours été pénalisées avec attention et force, et transformées en spectacle ». Jude Ellison Sady Doyle dit en substance que, pour être célèbre, une femme doit être parfaite. Ou ne pas être. L’alternative est la suivante : rester à la maison, se marier dès qu’on peut, ne jamais travailler. Dans ce cas, il ne sera pas possible d’être disgraciée. En revanche, « vous devenez une femme misérable et protégée vivant dans une prison réalisée par vos propres soins ». https://lesglorieuses.fr/femmes-arretent-elles-parler/
La peur de se tromper et la recherche d’authenticité Les femmes, dit l’autrice Carla Lonzi, sont destinées à la méconnaissance de leur authenticité tant qu’il existera un modèle masculin auquel il devra se référer. Carla Lonzi a été critique d’art pendant une dizaine d’années (de 1960 à 1970) avant de consacrer tout son temps à l’activisme féministe. Là où Carla Lonzi dénonçait l’absence d’authenticité intrinsèque des critiques d’art, elle utilise le même argument pour dénoncer le système patriarcal empêchant les femmes de connaître leur « vraie » « elle »… Comment créez-vous votre propre monde, plutôt que de s’acharner à chercher une petite place dans une société patriarcale qui invisibilise ? https://lesglorieuses.fr/authenticite/
« Combien de femmes ont ressenti cette nécessité d’en passer par le sacrifice pour être autorisées un tant soit peu à créer ? Sacrifice de la vie de famille, du mariage, des enfants, du lien social, jusqu’au bannissement. Comme si le sacrifice était le meilleur garant d’une œuvre. » Dans son essai “La Femme et le sacrifice. D’Antigone à la femme d’à côté” (2007), Anne Dufourmantelle part d’un postulat : les femmes, de tout temps, de toutes cultures ont été sacrifiées. « Au nom d’à peu près tout. » La maternité, la famille, le foyer mais aussi la réputation des hommes… La « femme sacrificielle », pour reprendre la philosophe, c’est Jeanne d’Arc, c’est Antigone, c’est Cassandre. C’est la femme d’à côté aussi. C’est celle qui se sacrifie pour la carrière de son mari, pour l’éducation de son enfant et la vieillesse de ses parents. https://lesglorieuses.fr/la-fin-du-sacrifice/
Si le système patriarcal est encore en place, si les femmes sont encore dominées dans la société, la raison est la suivante. Les femmes – et surtout les femmes de couleur – ne sont pas rétribuées autant que les hommes dans notre société pour une contribution. Si la rétribution des femmes n’est ni économique ni politique, où se trouve-t-elle ? Quel est le mode de rémunération des femmes pour qu’elles se tiennent à carreau et qu’elles ne fassent pas de révolution ? C’est la respectabilité. https://lesglorieuses.fr/a-quel-prix/
« Une population sans mémoire est plus facile à contrôler. Une population sans éducation, encore plus. C’est de ça dont je parle quand je mentionne l’ignorance structurelle ». Rosangela Rennó est une artiste brésilienne, qui a exposé dans nombre d’institutions culturelles comme le musée du Guggenheim à New York ; le Moma, la Tate Modern ou encore le Centre Georges Pompidou. Elle vient de recevoir prix Women in Motion, qui récompense chaque année la carrière d’une femme artiste. https://lesglorieuses.fr/rosangela-renno/
« On a souvent l’âge émotionnel du moment de la blessure inaugurale« . Rencontre avec Leonora Miano, écrivaine camerounaise et française qui a reçu de nombreux prix littéraires, dont le Femina et le Goncourt des Lycéens. Son nouveau livre, L’Opposé de la blancheur aborde la le sujet des conséquences graves induites par un Occident sur des peuples qu’il désigna comme noirs, à l’opposé de lui-même. Durant cet échange, il a été question de catégories raciales, de donner une nouvelle définition à l’identité française, du pouvoir de l’écriture et du devoir de transmission d’un.e écrivain·e.“Il faut vider les catégories raciales – qui ont été inventées – de leurs significations politiques et symboliques pour permettre de créer un nouvel espace pour nos humanités, un territoire de commune vulnérabilité, de possible reconnaissance immédiate de notre reflet dans le visage de l’autre, ce que la race contrarie énormément.” https://lesglorieuses.fr/leonora-miano/
Pas de désirs, pas de liberté « En grandissant, je n’ai jamais croisé de femme détendue. Vraiment détendue. Des femmes qui avaient du succès ? Oui. Des femmes productives ? Plein. Des femmes anxieuses, qui avaient peur et qui s’excusaient sans arrêt. Des tonnes.» D’où vient l’injonction faite aux femmes de toujours être en ébullition ? Comment s’en libérer, reprendre possession de nos désires les plus profond et parvenir à se concentrer sur notre bien-être personnel ? https://lesglorieuses.fr/desirs-liberte/