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Pouvait-on savoir qu’un rond de jambe était politique ? Un entre-chat ? Oui, on aurait pu.

Car danser quand on est vieille est politique. « Je pense que si vous cédez et acceptez les stéréotypes de la société, alors vous commencez à penser : ‘Je ne peux pas danser jusqu’à tard dans la nuit parce que j’ai 70 ans’. » dit ainsi Yoko Ono.

Danser pour soi est politique. « Chaque fois que je danse, j’essaie de me prouver à moi-même. » nous éclaire Misty Copeland.

Danser quand on est noire est politique.

Sandra Sainte Rose Fanchine est martiniquaise. Elle danse depuis 1998. Elle est chorégraphe depuis 2012. Danser pour danser n’existe pas. Sandra Sainte Rose analyse la construction sociale du féminin. Elle analyse « la mémoire du corps et le rapport aux ancêtres en tant qu’afro-descendante » comme elle l’a raconté au Bondy Blog.

Elle a créé le projet “30 nuances de noir.es” pour que les femmes noires soient fières : “Je suis qui je suis et j’en suis fière !”.

Danser est l’expression d’une identité, de toutes les identités. Danser n’est pas réservée à une élite dont les pas de bourrée sont légitimés et institutionnalisés. « La danse est pour tout le monde. Je crois que la danse est venue du peuple et qu’elle devrait toujours être remise aux gens. » se plaisait ainsi à dire le chorégraphe Alvin Ailey.

La course à la non conformité est tout l’intérêt de la danse. Il ne s’agit pas de reproduire des schémas existants, des pas qu’on aurait vu mille fois. Danser est l’expression, l’essence de sa singularité. Sandra Sainte Rose explique ainsi que sa fanfare afroféministe “30 nuances de noir.es”  met en avant « les corps féminins noirs pour faire le contre-pied à leurs représentations dans la société française, selon moi, biaisées, dévalorisantes, fausses, et qu’il faut sabrer sans pitié ! » et « le hip-hop est une danse qui se veut inclusive. Elle est appropriée par tous. Avec ma longévité, je vois que les femmes noires au moment de la professionnalisation ont plus de mal à faire leurs places que les femmes blanches. Sur les plateaux de théâtre, on verra une majorité de danseuses blanches et une minorité de danseuses noires alors qu’on est dans une culture afro-descendante. C’est très difficile à vivre parce qu’entre danseurs on n’en parle pas, c’est tabou et on peut être taxé de raciste. »

Décrire les réalités des représentations n’est pas une parole raciste ou sexiste mais bien décrire l’expression d’un manque de légitimité de la singularité des identités.

Le résultat est beau, il est poignant. Il est une véritable ode à la liberté et à la réappropriation de l’espace public par les femmes noires.

Et bien ? Dansez maintenant !

 

Crédits Photo :Capture d’écran vidéo, 30 Nuances de Noir·es

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