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Mercredi 7 avril 2021 Bienvenue, voici la newsletter Les Glorieuses. Pour l’abrogation du délai légal pour avorter par Rebecca Amsellem Dans une tribune parue ce dimanche dans le JDD, 343 femmes, en hommage à celles qui les ont précédées il y a cinquante ans, ont déclaré avoir avorté hors des délais légaux. « Je déclare avoir avorté. En France. À l’étranger. Au-delà du délai légal français. Je pourrais être l’une d’entre elles. Je suis solidaire. » Cinquante ans plus tard, le sujet est le même : faire valoir le droit à disposer de son corps, comme on l’entend. « J’exige, peut-on lire dans le manifeste, la réelle maîtrise de mon corps. J’exige le respect de mon corps, de mes droits et de mes choix. J’exige l’allongement des délais légaux d’accès à l’IVG. » En France, le délai légal pour avorter est de 12 semaines de gestation, soit 14 semaines après le début des dernières règles. S’il existe toujours une clause de conscience qui permet aux médecins de refuser d’avorter, un remboursement intégral de l’acte médical est désormais possible et le délai de réflexion obligatoire de 7 jours a été supprimé récemment. Si l’avortement est considéré comme légal en France, les conditions d’accès sont le fruit d’un travail du quotidien mené par de nombreuses actrices, et notamment les personnes travaillant au Planning familial. Aujourd’hui, l’enjeu est de taille : arrêter d’infantiliser les femmes en leur imposant une limite légale de gestation pour avorter et donner à ces dernières le droit à disposer de son corps. L’avortement touche une femme sur trois au cours de sa vie et la loi rappelle que l’État ne fait pas confiance aux femmes. L’enjeu lié à l’avortement est là : donner aux femmes la liberté – ou pas – à disposer de leur corps. C’est notamment ce que nous apprend l’historienne Mathilde Larrère sur son fil Twitter, à l’occasion des cinquante ans de la tribune dans le Nouvel Observateur. L’avortement était ainsi possible dans l’Antiquité lorsqu’il s’agissait de la volonté du père, il était ensuite peu suivi de poursuite dans la mesure où nous suivions une politique malthusienne, de limitation des naissances à des fins d’enrichissement. Le corps des femmes fut de nouveau considéré comme une machine à faire des bébés après les guerres de 1891 puis de 1914-1918. « Un crime contre la Patrie », précise l’historienne des révolutions. Deux lois réprimandent l’avortement et durcissent les répressions. Elles ont pour conséquence des avortements clandestins et donc la mort de femmes, ces dernières pouvant également devenir infertiles. Elles furent en vigueur jusqu’en 1974, année de légalisation de l’avortement. Encore aujourd’hui, des conditions persistent pour avorter. Un.e médecin peut, sans se justifier, ne pas vouloir avorter (à savoir pour nombre d’IVG, en 2021, tendre un médicament, qu’on prendra ensuite chez soi). Et nous ne pouvons pas dépasser les 12 semaines d’âge gestationnel. Contrairement à la Suède où ce délai est de 18 semaines. Contrairement à la Nouvelle-Zélande où ce délai est de 20 semaines. Et surtout, contrairement au Canada, où ce délai… n’existe pas. « La deuxième vague » Encore aujourd’hui, des stigmates perdurent autour de l’avortement. Ce n’est pas une IVG qui engendre des troubles de la santé mentale mais sa stigmatisation au sein de son entourage pour la société. Si une femme tombe enceinte, ce serait de sa faute. Si une femme rate les délais légaux, ce serait parce qu’elle n’est pas suffisamment réactive ou parce qu’elle serait trop indécise. Que se passerait-il sans durée gestationnelle limite ? Toutes les femmes avorteraient à 7 mois et demi selon le Vatican. Toutes les femmes auraient l’assurance juridique qu’elles disposent de leur corps comme elles l’entendent, disent les féministes. Pour en savoir davantage, nous pouvons analyser le cas du Canada où ce délai n’existe plus depuis l’arrêt Tremblay contre Daigle. 4 % des avortements déclarés en 2019, soit 703, l’ont été après 20 semaines. Dans les faits, la pratique est autorisée en cas de risque mortel pour la personne enceinte ou une malformation du fœtus. Certains centres acceptent de pratiquer un avortement tardif en cas de problème de santé mentale, de dépendance aux drogues ou à l’alcool ou encore en cas de problèmes psychosociaux complexes. Dans les faits, une personne enceinte ne se réveille pas un matin à huit mois de grossesse pour recourir à un avortement de gaieté de cœur. Les raisons pour lesquelles les femmes avortent au-delà de douze semaines sont les mêmes qu’en France. Des raisons médicales – santé physique ou mentale – pour le fœtus ou pour la personne enceinte. Ainsi, le conditionnement à l’âge gestationnel n’est pas le résultat d’un droit de l’enfant à naître (celui-ci n’existe pas), ni de préserver la santé physique ou mentale de la personne enceinte. Ce conditionnement est une volonté politique de rappeler aux femmes qu’elles ne sont pas seules les maîtresses de leur corps. Un.e juge a plus de pouvoir. Alors, pourquoi interdire d’avorter au-delà d’un nombre défini de semaines de gestation ? Pour rappeler, encore et toujours aux femmes que leur corps ne leur appartiendra jamais vraiment. ![]() La revue de presse « Lorsqu’en 1940, à 23 ans, Charlotte Salomon apprend par son grand-père un lourd secret familial – toutes les femmes de sa famille, dont sa mère, ont mis fin à leur vie -, elle décide, pour conjurer cette fatalité, de créer « quelque chose de vraiment fou et singulier » et s’attelle à son œuvre… »On peut découvrir la vie passionnante de l’artiste plasticienne Charlotte Salomon sur France Culture. « L’Unef, un syndicat qui se place à l’avant-garde des mutations françaises » L’histoire de l’Unef avec un oeil américain. A Paris, des clubs sont encore interdits aux femmes. @ Anne Hidalgo, on les ferme ? « Le 5 avril 1971, « Le Nouvel Observateur » fait paraître un manifeste réclamant le droit à l’avortement libre. 343 femmes, célébrités ou anonymes, l’ont signé, revendiquant toutes avoir eu recours à une interruption volontaire de grossesse clandestine. Ce texte, écrit par Simone de Beauvoir, et porté par Catherine Deneuve, Agnès Varda ou encore Gisèle Halimi, est entré dans l’Histoire. » Histoire d’une tribune historique. « Le droit à l’IVG est fortement menacé ». Christine Delphy, signataire du manifeste raconte un demi-siècle de combat. Vjosa Osmani, une juriste réformiste et féministe devient présidente du Kosovo. Agée de 38 ans, la professeure de droit et appartient à une nouvelle génération politique dans le territoire des Balkans, qui s’engage à éradiquer la corruption généralisée. Rien à voir avec notre shmilblick, dans cette pour le 1er avril on a fait croire aux élèves que les cours de natation continuaient en vision, sur une chaise. La vidéo est évidemment géniale. La journaliste Sandra Muller, qui avait écrit le premier tweet du mouvement #balancetonporc, peu après la révélation de l’affaire Weinstein aux Etats-Unis, avait été condamnée en première instance. La cour d’appel a reconnu sa « bonne foi » et le « but légitime » de sa démarche. Un grand bravo à Inès Jaurena – que j’ai connue en couche-culotte en train de chercher des limaces – sélectionnée pour être dans l’équipe de France de foot. Les joueuses affronteront les américaines ce vendredi ! ![]() CONCOURS Les Petites Glo x Editions Pocket Jeunesse Nous vous proposons de gagner un exemplaire du roman « Birthday » de Meredith Russo dont nous vous parlions dans la newsletter « Je suis transgenre ». Pour tenter votre chance, rendez-vous ici BIS CONCOURS Les Glorieuses x Editions Robert Laffont Vous avez manqué Le Club avec Caroline De Haas ? Lisez ici l‘entretien qu’elle a donné aux Glorieuses – et rendez-vous sur le lien pour tenter de gagner un exemplaire du Manuel de lutte contre les violences sexistes et sexuelles ![]() Le Club des Glorieuses ![]() Rendez-vous – Le prochain Club des Glorieuses aura lieu le jeudi 22 avril 2021 de 18h30 à 19h30. Il s’agira d’une conférence en ligne avec Lucile Peytavin, historienne, spécialiste du travail des femmes dans l’artisanat et le commerce. Le Coût de la virilité (éditions Anne Carrière) est son premier essai. Pour vous inscrire, rdv ici. **Offre Deluxe** Jusqu’au 10 avril, nous offrons avec l’adhésion Deluxe à 79 €, une pochette en coton KUFU made in France. Pour adhérer, ça se passe ici : Le Club (L’offre Royal Deluxe avec la pochette complète, le livre, le carnet et les autocollants est aussi disponible pour 129 € / an) ![]() ![]() ![]() Les dernières newsletters Gloria Media
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